Rétrospective linguistique 2024

Pour changer des rétrospectives traditionnelles et des mauvaises nouvelles à tous les niveaux de notre société (des élucubrations de Trump aux bafouillages de Trudeau, en passant par les inepties de Poilièvre et les défaites à répétitions du Canadien de Montréal), quoi de mieux que de se mettre à jour sur notre belle langue française avec une rétrospective linguistique! Je sais, je vous excite, là, non?

Le blogue Antidote (oui, les merveilleux logiciels de correction linguistique!) a publié le Palmarès thématique des nouveaux mots 2024. Si le palmarès de 2023 nous avait fait connaitre des petites perles comme télévorer (vive Netflix!), nuagisable, hortithérapie (ça c’est tout moi l’été!), vélotaffer (ça sied bien à la mairesse de Montréal, Valérie Plante!), et chignage (qu’on connait très bien, mais qui a fait son entrée officielle dans le dictionnaire que l’an dernier), 2024 ne nous laisse pas sur notre faim.

Si je fus étonnée d’apprendre que des termes culinaires comme baba ganousch et chimichurri n’étaient pas encore des membres de la grande famille des mots officiels, d’autres mots m’ont particulièrement interpelé. Par exemple :

Grumer (verbe) : Oxygéner (un vin) en faisant pénétrer un filet d’air dans la bouche avant de l’avaler, afin d’en accentuer les arômes (pour ma part, je fais ça avec mon porto… j’ai d’ailleurs hâte l’utiliser dans une phrase, celui-là!).

Enveloppe brune (Québec) : Eh oui, on peut vraiment dire enveloppe brune au lieu de pot-de-vin sans avoir l’air d’un ignare qui aurait Allô Police comme lecture de chevet (bon, j’ai surement perdu ceux qui ont moins de 25 ans, là!).

Tomber entre deux chaises (Québec) : Être oublié en raison d’un trop grand nombre d’autres cas à traiter. À ne pas confondre avec être assis (ou avoir le cul) entre deux chaises.

Voisin gonflable (Québec) : On sait tous ce qu’il veut dire, on en a tous un!

Ragnagnas (Europe) : Menstruations. Franchement, ça sonne un peu enfantin, non? Je ne vois pas bien une femme de la haute société française dire à son amie : « Non, je ne me sens pas très bien, j’ai mes ragnagnas » (en prenant un accent français un peu snob). Pour ma part, je préfère dire « j’ai ma condition féminine », mais c’est un peu démodé et pas très woke, car cela sous-entend que les menstruations sont exclusivement un fait féminin, ce qui met de côté les iels non binaires de ce monde. Honte à moi!

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin, roulement de tambour :

S’autopeluredebananiser (québec) : C’est un verbe qui désigne le fait de se mettre dans une position susceptible de nuire à la réalisation de ses propres objectifs, de s’autosaboter ou de se peinturer dans le coin si vous préférez. Ce mot fut utilisé par la première fois par Jacques Parizeau, ancien premier ministre du Québec (pour plus de détails sur cette expression colorée, voir Wiktionnaire).

Je vous invite à parfaire vos connaissances de notre belle et colorée langue française afin de la garder bien vivante et actuelle, car comme disait Yves Duteil, dans La langue de chez nous : « C’est une langue belle avec des mots superbes / qui porte son histoire à travers ses accents / C’est une langue belle à qui sait la défendre / Elle offre des trésors de richesse infinie … ».

Disons ensemble « bon débarras » à 2024 et accueillons 2025 à bras ouverts!

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