Nouvelle : Mutation X

Mutation (ADN - publicdomainpictures.net)

*** AVERTISSEMENT – cœurs sensibles s’abstenir ***

J’étais pourtant plus avisée que ça, plus éduquée… plus responsable. Mon devoir professionnel aurait dû passer avant ma sauvegarde personnelle et la peur des conséquences. Je savais bien que j’en avais plus pour bien longtemps avant de passer de l’autre côté du miroir, de suivre le lapin dans son terrier rempli de terreur. J’étais bien placée pour le savoir ! En tant qu’infirmière de première ligne, j’étais formée pour apporter les soins d’urgent aux personnes atteintes du virus, aux zombies comme on les appelait par manque d’originalité ou de terme plus adéquat. Il fallait appeler un chat « un chat ». Je n’en étais pas à mes balbutiements depuis le premier foyer d’infection du virus aux mille-et-un noms : la plupart utilisaient zombie, mort-vivant, mais d’autres provinces catholiques comme l’Ouest canadien et l’Ontario l’appelait « the evil claw »… la griffe du mal. Je ne m’attendais pas mieux de ces grenouilles de bénitier. Chaque pays avait sa petite version locale. C’était déjà un peu la folie partout avant même que la mutation prenne place : mesures d’éloignement, fermetures de commerces, files d’attente en ne plus finir aux épiceries, la peur aux ventres lorsqu’on croisait un étranger, les deux se regardant avec suspicions, masque au visage, comme lorsqu’une moufette et un humain se rencontre inopinément dans les bois : qui prend quel côté ? Restons calmes et tout ira bien. Dans nos rêves, oui. Après ça, ce fut la débandade. J’avais beau résider à la campagne où la population était moins nombreuse, j’avais tout de même le droit à mon lot mensuel de tueurs sanguinaires. Majoritairement lents et stupides, mais meurtriers malgré tout. J’étais la Lucky Luke du diagnostic, l’infirmière la plus rapide à déterminer la bonne quantité d’antidote pour inverser le processus de zombification sans tuer le patient. Mon taux de réussite était tout de même de soixante pour cent (une grande main d’applaudissement s’il vous plait !). Une fenêtre d’à peine trois heures pour injecter la dernière trouvaille scientifique du jour s’offrait « généreusement » à nous et, avec un mince quinze pour cent de chance de survie, pouvait faire la différence. Si la chance était de notre côté. Les médecins soignaient les maladies communes, tandis que l’infirmière de première ligne sauvait les désespérés, nés de… Au fond, on l’ignore. Ils étaient le produit de ce Nouveau Monde que quelqu’un ou quelque chose avait créé. Qui ou quoi ? Ça, c’était une bonne question. Était-ce une arme bactériologique ayant mal tournée ? Un virus datant de l’ère glaciaire échappé durant un forage de gaz de schiste ? La main de Dieu punissant l’humain indigne de Lui ? Je sais, c’est idiot, mais certains demeurés le croyaient dur comme fer ; on l’ajoute donc aux probabilités pour faire bonne figure, catégorie « peu probable ». On pourrait spéculer durant des heures sans trouver la réponse à ce mystère plus grand que celui des pyramides d’Égypte… ou de la Caramilk. Peu importe, la fiction était devenue réalité et on devait faire avec. Les scientifiques étant aussi rapides que des escargots sur le Prozac, nous n’étions pas près d’assister à la création d’un vaccin efficace pour prévenir la dissémination. Je dois tout de même leur concéder le point que ce qui avait commencé par quelque chose comme une grippe virulente s’était transformé à plusieurs reprises pour devenir « ça ». Un nom imprononçable pour expliquer comment les gens perdaient toute logique et personnalité pour n’avoir qu’un objectif : se nourrir de chair humaine à tout prix. Difficile de trouver un traitement lorsqu’un virus mute de façon aussi drastique.

Pour ma défense en ce qui concerne mon état, je dois admettre que j’ignore complètement comment je suis entrée en contact avec la salive ou le sang d’un… zombie (gardons le terme). Je ne m’explique même pas la source de ma contamination puisque je porte en tout temps ma combinaison protection lorsque je suis à la clinique. De plus, je suis d’une prudence frôlant la paranoïa lorsque je suis en public ; aucun contact physique sous aucune considération (pas même avec mon mari, mais ça, c’est une autre histoire), et je fuis les foules comme la peste. Il faut toutefois remarquer que les foules se font rares, donc ce n’est pas trop difficile. Il n’y avait qu’une seule explication : j’étais entrée en contact avec un agent pathogène atypique qui me transformait soit en contaminée soit en mutante. C’est ce que je me suis dit en tout cas. Ce n’était pourtant que des légendes urbaines à mes yeux. Ces créatures, que je ne pouvais plus appeler « monstres » dorénavant, n’existaient pas ici, dans nos petites provinces canadiennes. Ces abominations vivaient en Europe, en Russie ou en Afrique, tout comme les vampires, les loups-garous, Nessie, et Dieu sait quoi. J’étais un mythe moderne devenu réalité. J’en avais de la chance !

Comment me suis-je aperçue de ma nouvelle condition ? En premier lieu, ce fut l’énergie additionnelle que je ressentis. C’était comme si je possédais au tréfonds de moi-même une énorme chaudière au charbon dont émanait soudainement une combustion gargantuesque. Les feux de l’enfer. J’éprouvai alors un désir immense de courir en hurlant à pleins poumons afin de laisser sortir la surcharge d’énergie avant d’exploser. Je me retins ; je n’aurais pas fait cent mètres que j’aurais eu les forces de l’ordre à mes trousses. De nos jours et dans les conditions actuelles, on n’agit pas de façon étrange inutilement. Consciemment. Ce n’est vraiment pas avisé. On reste calme et posé… et on court en hurlant seulement lorsque des contaminés nous poursuivent. C’est une règle non écrite, quoi ! Ce fut ensuite la douce froideur du cœur qui m’envahit, un voile de glace venant apaiser ma tête et ma poitrine surchauffées, comme si les sentiments encombrants qui minaient ma vie s’étaient échappés de mon corps en feu, transformés en vapeur. Je me sentis soudainement plus légère. Quel bonheur de ne plus avoir à penser aux enfants à la maison, à mon mari qui était paraplégique depuis que sa voiture était entrée en collision avec un regroupement d’infectés au détour d’un virage d’autoroute, et surtout, de ne plus avoir peur de survivre ! La proie s’était transformée en prédateur et c’était exaltant. Curieusement vivifiant. Je sais : venant d’une personne techniquement morte, ça fait étrange à entendre. C’est une aberration que je ne me sois jamais sentie aussi vivante qu’en ce jour de transformation. Aussi énergique qu’un raz-de-marée et d’un esprit aussi limpide que de l’eau de source. Une métamorphose encore incomplète, je le sens dans mes tripes, mais dans sa dernière ligne droite avant le dévoilement du produit final. Le bouton de fleur sur le point d’éclore, la chenille en voie de devenir un papillon, l’embryon en instance… vous avez compris le principe !

C’est à ce moment précis que je sus que j’étais contaminée par quelque chose de différent. Il y aurait peut-être eu une façon de reculer la trotteuse de l’horloge et de retourner à mon état « normal » si, bien sûr, je m’étais reportée aux autorités ou à mes collègues de la clinique dès que j’avais éprouvé la première urge d’adrénaline, survenue après un dix-huit heures de garde en ligne. C’était une bonne indication que quelque chose clochât chez moi ! J’aurais normalement dû être morte de fatigue. Drôle de choix de mot, non ? « Morte » ? De toute façon, je n’avais aucune certitude que me dénoncer aurait changé quelque chose à la mutation. Je savais au fond qu’il n’y avait probablement plus rien à faire si plus de trois heures étaient passées depuis le contact avec l’agent pathogène. Quel qu’il soit. Puisque je n’avais aucune façon d’en déterminer la source, j’ignorais le temps écoulé depuis. De toute façon, pourquoi aurais-je voulu me défaire de cette puissance qui avait pris possession de mon corps, de cette clarté de l’esprit n’étant plus handicapé par tous les sentiments inutiles que je portais comme un fardeau jusqu’alors ? Si les gens savaient, ils tenteraient de développer ce soi-disant virus comme un élixir au lieu de tenter de le détruire. Ils n’avaient rien compris.

Pourquoi vous dis-je tout ça ? Pour vous aider à comprendre la suite des évènements. Il y a quelques heures à peine, je me suis enfermée dans ma chambre à coucher. Je me mis debout devant la glace de la garde-robe et analysai ce que je voyais ; mes pupilles dilatées, mes globes oculaires veinés de rouge au point d’en obscurcir presque entièrement le blanc, les cernes mauves sous mes yeux, la peau de mes doigts se rétractant de mes ongles, mes gencives ayant dénudé mes dents presque jusqu’à la racine. J’enlevai mes vêtements et détaillai mon corps : la graisse avait fondu comme neige au soleil, et la peau tirait sur des muscles dont j’ignorais même la présence jusqu’à maintenant. Une peau grise et cireuse. Une musculature de félin. Je pris ma trousse de maquillage et tentai de camoufler ma nouvelle complexion faciale avant d’enfiler des vêtements amples.

Je retournais à la cuisine pour préparer le souper lorsque je la ressentis pour la première fois, au moment même où mes yeux injectés de sang, semblables à ceux d’une toxicomane en manque de drogue, se posèrent sur la peau rose de mes deux jumelles. Ce fut comme si le monde avait cessé d’exister autour d’elles. Tout était devenu gris, sauf leur aura d’une couleur indéfinissable, mais d’une brillance extraordinaire. Je n’ai jamais cru à ces balivernes spirituelles, mais je voyais désormais des choses qui m’étaient inconnues jusqu’alors. Je percevais un nouveau monde qui existait au-delà de celui dans lequel j’avais vécu ma pénible existence humaine jusqu’à maintenant. Ma vision se focalisa sur les pores de leur peau, comme si je n’étais qu’à quelques centimètres d’elles et non pas à l’autre bout de la pièce. Je voyais et sentais la légère transpiration qui s’en échappait, à l’instar de la rosée dans l’herbe fraiche s’évaporant lentement dans un début de matinée ensoleillée. J’entendis soudainement le sang circuler dans leurs veines, et je vis leurs carotides battre au rythme de leurs cœurs. Mes papilles gustatives se mirent à saliver. Je comprenais maintenant ce que ressentait et percevait le loup rencontrant une biche. La faim. La vraie. Mon corps répondit instantanément à cette chair tendre, offerte sur un plateau d’argent comme une offrande. Mes lèvres se rétractèrent en un rictus moussant n’ayant rien à envier à Cujo, dévoilant ainsi mes canines affamées. J’attrapai Yasmine par un bras et la sortie de sa chaise haute d’un coup sec. Lorsqu’elle se mit à hurler (quelle douce musique !), j’enfonçai mes dents dans la délicate peau de son cou sentant la poudre pour bébé. Son sang chaud gicla dans ma bouche. Je n’avais jamais rien gouté de si extraordinaire. Plus tendre que du poulet, plus doux que le miel. C’était comme un fondant au caramel salé excitant mes papilles gustatives. Épais, légèrement sucré, avec une délicate touche de sel en finale. Maya se mit à hurler et j’eus un orgasme (et vous n’avez aucune idée à quel point c’est d’une rareté inconcevable depuis quelques mois !) à la voir se débattre dans l’autre chaise, contemplant sa sœur de ses yeux terrorisés. Je la regardai intensément et pris une bouchée du bras de Yasmine, mâchouillant lentement la bouche ouverte, le sang et la salive coulant sur mon menton et dégoulinant sur le carrelage. Maya devint toute rouge à force de s’arracher les cordes vocales de peur, et je me demandai si un bébé de deux ans pouvait faire une crise cardiaque. Ma réflexion sur le sujet s’arrêta net lorsque l’éclopé se montra enfin la binette, alerté par les cris de ses deux chéries. Je le regardai rouler jusqu’à moi, fonçant sur une chaise dans l’énervement. Coincé, il se jeta à plat ventre pour ramper vers nous. Ou plutôt, vers elles. Pathétique. Je résistai difficilement à l’envie de déguster la petite Maya, qui était de plus en plus appétissante à se tortiller ainsi. Je la sortis de sa chaise par un bras ; un claquement sec se fit entendre lorsque l’épaule se disloqua. Martin se mit à hurler à son tour (c’est une habitude ou quoi ?) lorsque je me mis à la balancer au-dessus de lui, comme si je jouais avec un chat. Il n’avait cependant pas l’air de s’amuser. Petit animal ingrat. Je jetai le bébé sur le plancher, non loin de sa sœur, me disant que Yasmine aurait faim lorsque la transformation serait complétée. Aussi bien lui laisser une petite collation. Vous voyez bien que j’ai toujours un cœur ! Immobile, mais non moins présent.

Martin tenta de se sauver en se tortillant tandis que je marchai vers lui en hurlant. Pourquoi ce manège puisqu’il était déjà à ma merci ? C’est simple : parce que ça terrorise encore plus les gens. Le pauvre humain affolé fait dans son froc tout en se comportant comme une poule sans tête. La terreur lui fait oublier de penser avant d’agir. Je l’ai fait également parce que c’est drôle. J’ai toujours eu une nature joviale ! Je me jetai donc sur le dos de mon mari, déchirai sa chemise et pris une vigoureuse mordée entre les omoplates. Bof. Plutôt ordinaire, je dois l’avouer. Gout et texture décevants. C’était comme manger des bâtonnets de poisson pané surgelés après avoir dégusté des sushis au thon rouge fondant dans la bouche, ou bien boire un vin de l’épicerie du coin après avoir savouré un Château Lafite Rotschild. La chair était plutôt coriace, la viande un peu sèche, le sang un peu amer. Je ne le tuai toutefois pas : je me demandais s’il deviendrait un simple zombie, une coquille sans âme, ou bien s’il se transformerait en quelque chose d’autre, comme moi.

Que suis-je au fond ? Un amalgame de mort-vivant, de vampire, et de je ne sais quoi ? Je vais vous révéler ce que je suis et c’est la raison de ce petit testament vidéo que je vous laisse aujourd’hui, un témoignage pour les générations futures. Pour la postérité. Je suis ce qu’on appelle le patient zéro. Je suis la mutation X, la nouvelle variable de l’équation, une nouvelle souche d’acide désoxyribonucléique. Je suis l’évolution, la pierre angulaire d’une nouvelle race qui mènera les faibles à l’esclavage pour ne garder que les plus forts. Je suis la modification du code génétique qui fera sauver des centaines d’années à l’espèce humaine en matière de mutation. Je suis le futur. VOTRE futur.

FIN

L’écriture inclu·QUOI ?

Écriture inclu-QUOI

Comme vous le savez, je m’intéresse beaucoup à la modernisation de la langue française. Je préfère utiliser le terme « modernisation », car lorsque l’on parle de « rectification », les gens s’emballent et s’imaginent qu’on a fait une réforme. Vous pouvez recommencer à respirer et cessez de trembler : la graphie traditionnelle est encore acceptée et a toujours bon usage ; personne ne vous mettra en prison ou ne vous traitera d’inculte parce que vous écrivez encore « nénuphar, goût et coût » au lieu de « nénufar, gout et cout » (voir mon texte « Connaitre le gout du nénufar »).

Comme vous pouvez désormais le constater sur la page d’accueil de mon blogue, j’utilise désormais le terme « autrice » au lieu de « auteure » (l’adresse web ne changera pas, il y a trop d’implications pratiques !). Pour les fervents de la racine latine des mots (qui sautent souvent sur leurs grands chevaux — et non pas chevals ! — en ce qui concerne toute modernisation de la langue), sachez que les noms passent de –teur à –trice lorsqu’ils viennent de noms latins se terminant par –tor et –trix (dixit le site de l’Office québécois de la langue française). Nous parlons donc ici de la rectification d’une erreur orthographique instaurée volontairement par pur sexisme.

D’accord, d’accord, je commence à entendre certaines gens ronfler, d’autres se prendre la tête à deux mains en regardant leur écran d’ordinateur ou de téléphone intelligent et quelques-uns se servir un verre de vin avant de relire le paragraphe précédent. Ne vous en faites pas, je ne suis pas très (pas du tout même) latin ; c’était pour satisfaire les puristes.

Retournons à nos moutons·brebis (on est inclusif ou on ne l’est pas!).

Qu’en est-il des déclarations comme « Le masculin l’emporte sur le féminin », « Le masculin inclut le féminin dans ce texte », et autres inepties venant d’une époque révolue ? Elles prennent doucement, mais résolument, la porte, parce que les femmes n’étaient rien (ou si peu) et que nous avons décidé, tout récemment d’un point de vue historique, de changer les choses et de prendre notre juste place. Je sais, ce n’est pas très scientifique ou intellectuel comme explication. Eh oui, l’égalité des sexes passe par la présence égalitaire de notre genre dans l’écriture française. Purement et simplement. On pourrait se partir un beau débat, mais ce n’est pas mon intention. Je suis féministe et je suis en accord totale avec une modernisation de notre langue. Il y a aussi notre société moderne qui évolue vers la non-discrimination des genres. Dans la vie, si tu ne t’adaptes pas, tu meurs, point à la ligne. Ronchonner ne vous donnera rien, juste à avoir l’air idiot dans quelques années.

Mais, tout d’abord, qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

Comme souligné plus haut, c’est un type d’écriture axé sur la minimisation de la discrimination sexuelle. L’une des options est de rédiger les textes en incluant les deux genres, soit à l’aide de points médians par exemple, soit avec des tirets, des parenthèses ou des barres obliques. Toutefois, le point médian semble gagner la course jusqu’à maintenant, au grand damne des vieux croutons de l’Académie française. En voici un exemple :

Cher·e·s lecteur·rice·s, je vous invite dans le merveilleux monde de la langue française. Peu importe votre métier : instituteur·rice, camionneur·euse, conseiller·ère en finance, adjoint·e administratif·ive.

La plupart des textes ne seront pas modifiés aussi drastiquement, ceci est une dramatisation. Un autre bon moyen de pratiquer l’inclusion est de rédiger de manière épicène, c’est-à-dire en utilisant un langage neutre ou dégenré (et non pas « dégénéré » … décidément, MS Word et Antidote sont contre moi sur ce sujet). Cette méthode de rédaction vise à remplacer des termes genrés par des termes neutres, comme ci-dessous :

Des gens de toutes nationalités travaillent au projet.

En rédaction inclusive, nous écririons donc :

Des travailleur·euse·s de toutes nationalités travaillent au projet.

Mais, comment ça se prononce cette bibitte-là? Au choix. Pour reprendre l’exemple susmentionné, on peut prononcer « travailleureuses » ou bien « travailleurs et travailleuses ». Donc, acteur·rice·s devient soit acteurices ou bien acteurs et actrices, etc. Personnellement, je préfère la seconde option afin de ne pas faire faire une dépression ou une crise de nerfs à qui que ce soit. Soyons indulgents! Et pour ceux qui semblent tomber des nues, je vous ferai remarquer que l’écriture inclusive fait partie de la langue française du Québec depuis un bon bout de temps, soit avec l’utilisation des parenthèses au lieu du point médian ou par l’utilisation du mot masculin suivi du mot féminin.

Là, je vous le dis tout de suite, même le correcteur Antidote en perd son latin! Une petite mise à jour serait de mise.

Quelques ressources intéressantes sur le sujet :

  • Étonnement, la première source d’information vraiment utile que j’ai trouvée sur le web en un seul clic provient du site de l’Université McGill (c’est à n’y rien comprendre…). Dans les ressources rapides, vous y trouverez un lien vers le Manuel de l’écriture inclusive, ce qui est un très bon point de départ. Vous y dénicherez une foule d’exemples pratiques ainsi que la façon de modifier votre clavier afin d’éviter de devoir faire dix fois de suite « ALT + 0183 » (ça vous coupe l’inspiration mes ami·e·s).
  • L’Université de Montréal a également mis son grain de sel avec son Guide de rédaction inclusive.
  • Vous trouverez aussi de l’information additionnelle complète sur le site web de l’Office québécois de la langue française (personnellement, ma bible lorsque je me pose des questions sur l’utilisation de notre belle langue).
  • Si vous désirez vous plonger plus dans le sujet, il y a aussi ce petit bijou de Nicolas Mantran qui traite en partie de la mise en pratique sur le marché du travail des différentes formes d’écritures inclusives.

Quand on commence à fouiller sur le web, on peut y passer des heures ! Que faisions-nous avant l’arrivée du World Wide Web ? Ah oui, on cherchait de l’information dans les revues mensuelles du Reader’s Digest !

Mon seul regret dans toute cette nouvelle évolution de la langue française est que je ne peux pas faire étalage de tout mon savoir et de ma passion sur mon lieu de travail, puisque, à quelques exceptions près, tout se passe exclusivement en anglais. « Well, we can’t win them all! », comme le dirait ma patronne !

Les lectures autorisées du clergé populaire

Censorship round

Je sors aujourd’hui de mon silence des derniers mois à la suite de la lecture d’un texte de Richard Martineau intitulé « Scoop : la fiction N’EST PAS la réalité », où il nous apprend que l’auteur Yvan Godbout (et son éditeur) fera prochainement face à la justice pour pornographie juvénile parce qu’il a décrit le viol d’une fillette dans l’un de ses romans. Vous trouverez également d’autres articles sur le sujet sur le web, dont « Pornographie juvénile : auteur et éditeur seront accusés » datant du mois de mars. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Yvan Godbout est l’un des auteurs qui reprennent à la sauce horreur des contes pour enfants dans la série de livres « Les contes interdits ».

Étrangement, cette accusation des plus loufoques n’a pas été mise en première page dans les médias, ou trop peu. Nous avons tous entendu parler du drame énorme de la pauvre Safia qui s’habille en chienne à Jacques à un gala, les artistes ayant montés aux barricades comme si rien de plus important au monde n’existait (et je passe tous les articles insignifiants sur Occupation Double), mais j’ai à peine entendu parler du fait qu’un auteur de fiction (et d’horreur de surcroit) ne devrait écrire que sur les petites fleurs dansant au vent et les oiseaux chantonnant dans le ciel. Sans vouloir dénigrer qui que ce soit — puisque l’appréciation de l’art est une question de choix personnel — je vous apprends en grande primeur que ce n’est pas tout le monde qui veut lire du Marie Laberge.

Nous sommes donc revenus à l’époque où le clergé autorisait les lectures de ses ouailles, mais au lieu que ce clergé soit religieux, il est maintenant populaire.

Je crois que je devrais me mettre à la recherche d’un avocat-criminaliste, juste au cas où. Un des sujets principaux d’un de mes livres (Point de rupture) concerne l’abus sexuel d’une adolescente par son beau-père, décrit en détails. Une de mes nouvelles (Viande hachée) parle de la torture de deux personnes âgées avant que la grand-mère soit tuée, découpée en morceaux et réduite en viande hachée avant d’être servie comme plat de résistance à son pauvre mari, nourrit de force par son petit-fils (qui fini par le laisser de faire dévorer par les cochons de la ferme). Dans « Succès assuré », une pièce maitresse de mon recueil Divagations, une femme décrit comment elle ouvrira le ventre de sa collègue enceinte pour en sortir le fœtus et l’étranglée avec le cordon ombilical… pour ensuite assassinée tous ses collègues avec du cyanure. Et j’en passe d’autres, beaucoup d’autres.

Qu’attendent tous les auteurs du Québec (et leurs éditeurs) pour se mobiliser sur la place publique à grands cris, pour dénoncer le fait que nous devons maintenant respecter le code moral du clergé populaire, des petites madames qui s’excitent le poil des jambes en lisant « cinquante nuances de Grey » en cachette et qui ne comprennent pas que les livres de suspense et d’horreur ne sont pas dans la même catégorie que « La grosse femme d’à côté est enceinte » de Michel Tremblay ? Ce jugement fera jurisprudence et il est important pour la liberté d’expression, la liberté de l’art (sous toutes ses formes), qu’il soit rendu dans le bon sens et, malheureusement, seule une prise de position forte dans les médias pourra nous assurer que nous ne retournerons pas en arrière, à une époque où plusieurs œuvres étaient mises à l’index puisqu’elles ne respectaient pas les critères du clergé.

Nous vivons dans une société où les vrais criminels restent en liberté ou reçoivent des sentences bonbon, mais où les auteurs de fiction se retrouvent devant le tribunal pour avoir utilisé leur art. Comme le dit si bien Richard Martineau :

[nos petits lapins] veulent des œuvres d’art « positives » qui « élèvent » l’âme humaine. Comme les curés dans les années 1950 !

Je suis découragée — eh oui, dégoutée — de notre société de misère qui tape sur la tête des mauvaises personnes afin d’éviter de froisser ceux qui le méritent vraiment.

Nouvelle – Une femme, une baignoire

Nouvelle - Une femme, une baignoire

— AAAAHHH !!!

Excusez-moi pour ce cri strident, mais comprenez-moi : la première chose que je vois en ouvrant les yeux est une femme couchée dans une baignoire ensanglantée. Il y a de quoi surprendre. Qu’est-ce que je fais là ? Je n’en ai aucune idée. À dire vrai, j’ignore qui je suis. Je sais seulement que je me trouve en présence d’une personne visiblement morte, et que je suis de sexe féminin (ça se ressent ces choses-là quand même !). Je regarde autour de moi, fébrile, mais étrangement sans prise sur la réalité, comme si elle m’échappait. J’entrouvre la porte de la salle de bain, et je jette un coup d’œil dans l’autre pièce. Un cri de douleur s’arrache à ma gorge en feu, et je me dépêche de mettre une main devant mes yeux : une lumière blanche aveuglante me brule littéralement la rétine et je sens mon mal de tête lancinant devenir vraiment grognon. Un lendemain de veille ? Possible. Très probable, même. Cela expliquerait cette situation plutôt inusitée. Je me retourne à nouveau vers ma compagne laiteuse et silencieuse pour me retrouver nez à nez avec une fillette assise sur le bord du bain, l’air ennuyé au point de s’ouvrir les veines, sans vouloir manquer de respect à la morte qui semble avoir fait la même chose. Je dis une fillette, mais c’est plus une étrange adolescente : deux lulus aux cheveux noirs méchés de mauve, du bleu nuit sur les lèvres, des paillettes violettes sur les paupières, une jupe de collégienne avec un haut blanc semi-transparent bordé d’un collet froufroutant, et chaussée de bottes à l’allure militaire. À bien y penser, elle ressemble à un personnage d’une bande dessinée asiatique.

— D’accord la freak, t’as fini de me dévisager comme si j’étais une curieuse bestiole ?

Je reste interdite : comment s’est-elle retrouvée là puisque je me tiens dans l’ouverture de la seule porte de la pièce ? La fenêtre ? Impossible, je l’aurais entendue pousser le store horizontal en métal. Je me mets les mains sur les hanches, en signe d’autorité (très mal assumée, croyez-moi !), et rétorque :

— Et toi ? Tu es qui et, surtout, comment diable es-tu entrée ?

— Gabrielle. Et puis, eh, prudence. On n’invoque pas Son nom en vain.

— Qui ça ?

— Lucifer, tu viens de le nommer.

Je baisse la tête pour échapper à son bizarroïde regard, à la fois perçant et blasé. Et c’est là que je le remarque.

— Bordel ! Je suis complètement nue !

Gabrielle lève les yeux au ciel en soupirant.

— Ben oui, Sherlock. Écoute, ce n’est pas que je m’ennuie… non, à dire vrai, je m’emmerde ferme, mais bon, j’ai d’autres transports à organiser pour finir ma journée, alors ce serait bien qu’on s’y attèle.

— À quoi ?

— Ben, à ton transport. Tu m’écoutes ou pas ?

Je suis de plus en plus confuse. Mon transport vers où ? La prison ? Cette femme dans le bain est visiblement morte et je suis nue. Donc je suis une lesbienne qui a tué son amante. Meurtre passionnel, MOI, qui l’eut cru ?

— T’as pas l’air d’une policière pourtant…

— Une policière… j’y crois pas. Il n’y en aura pas de facile pour les braves… La lumière. VA DANS LA PUTAIN DE LUMIÈRE !

Non, mais, c’est qu’elle s’énerve la bibitte ! Je me retourne craintivement vers le rayon lumineux, et une nouvelle zébrure de douleur me fend le crâne en deux. Je ferme un œil et je laisse l’autre à peine entrouvert, comme si ça changerait quelque chose.

— C’est quoi ? Un module de téléportation ? On est dans le futur ? Dans quel siècle ?

Gabrielle se tape le front avec la paume de la main.

— Non, mais, ce n’est pas possible ! Tu n’es pas dans un film de science-fiction à la fin.

— Mais cesse d’être cryptique BORDEL, j’ai un mal de crâne qui m’empêche de penser !

— Ce n’est pas hurler qui va t’aider. Il fallait arrêter de boire quand c’était encore le temps. Maintenant, tu seras nue et migraineuse pour l’éternité, c’est pas brillant.

Je prends une grande respiration. C’est comme un discours entre deux travailleurs de la tour de Babel ; quelque part, le message ne passe pas. L’étrange jeune fille se lève subitement, l’air résigné.

— OK, on va y aller à pas de bébé. Regarde-toi dans le miroir, et dis-moi ce que tu vois.

Par le fait de mon inaction, elle me prend doucement par les épaules et me retourne vers l’armoire de la pharmacie juchée au-dessus du lavabo.

— Heu… je ne vois rien.

— Ça devrait te parler, ça, non ?

J’ouvre soudainement de grands yeux avant de me plaquer une main sur la bouche pour ravaler un autre hurlement complètement inutile qui ne risque pas d’aider mon état actuel de toute façon.

— Mon Dieu ! Je suis un vampire, c’est ça ? Je viens de vider cette femme de son sang. Elle était droguée, ou bien un truc du genre, et je ne me souviens plus de rien. Tu es mon maitre créateur venu à ma rescousse, c’est ça ?

— Premièrement, il ne faut pas non plus invoquer Son nom en vain. Deuxièmement… peux-tu me dire ce que tu fais dans la vie pour avoir des idées aussi loufoques ?

— Je suis auteure.

— Tout s’explique…

Gabrielle se rassoit lourdement sur le bord de la baignoire, la tête entre les mains. Elle prend une grande respiration avant de relever un visage rouge ; la petite bête étrange est visiblement ennuyée.

— Je me demande bien ce que j’ai fait au bon D… à Lui, pour mériter le transport d’une telle illuminée ! D’accord… allons-y plus brutalement. Va vers la femme, et regarde-la attentivement.

Je tourne un œil inquiet en direction de la baignoire, une main sur la bouche. Je crois que je vais vomir. La gamine me pousse dans le dos sans ménagement ; elle commence à manquer de patience, mais je ne comprends rien à son histoire de fou. Je me penche avec hésitation vers le cadavre : des cheveux bruns attachés en chignon, des yeux fermés, une peau d’albâtre. C’est vrai qu’elle a un air qui m’est familier.

— Hum… si je suis sa maitresse, elle doit être mon amoureuse, non ?

— OK, là j’en ai marre. Tu t’es bourrée hier soir et tu as décidé d’aller prendre un bain… ensuite ?

— Est-ce que je peux m’habiller avant qu’on discute ? Je suis plutôt mal à l’aise, vois-tu.

— D’accord, maintenant que tu es vêtue, on peut continuer ?

Je penche alors la tête pour me regarder ; je porte une espèce de grande robe de soirée en satin rose bonbon, une boucle démesurée du même tissu nouée dans le dos.

— Mais, mais…

— Ne me demande surtout pas pourquoi tu as décidé de devenir le sosie de Diane Dufresne, je l’ignore. Estime-toi heureuse : tu ne vois pas le chapeau au moins. C’est violent pour la rétine.

— Je suis morte, c’est ça ?

Gabrielle lève alors les bras en l’air en guise de victoire, et effectue quelques petits pas de danse.

— Alléluia ! Maintenant, ferme les yeux et marche droit vers cette fichue lumière que je passe à un autre appel.

— Tu vas même pas me dire pourquoi je me suis suicidée? Tu es pire qu’une fonctionnaire du gouvernement. Un minimum de respect serait la moindre des choses.

— Tu t’es soulée, puis tu as décidé de prendre un bain pour finir ça en beauté. Tu es entrée trop vite dans la baignoire, tu as glissé, tu t’es ouvert la caboche sur le robinet et tu es morte au bout de ton sang. Tu y vas maintenant dans cette satanée lumière, ou quoi ?

— Mais, mais… c’est comment là-bas ? Est-ce que je vais passer par un genre de tribunal qui jugera si je vais en enfer ou au paradis ?

Gabrielle se laisse soudainement tomber la tête entre les mains. Lorsque, finalement, elle la relève, elle arbore un regard de résignation.

— Pour faire court, tu seras recyclée.

— Comme une bouteille de plastique ?

— C’est en plein ça. Tu seras en attente quelques secondes, comme lorsque tu patientes pour un agent du service à la clientèle chez le câblodistributeur, la musique poche en moins. Lorsque le prochain agent se libère, tu es alors transférée et, paf !, on recommence pour un nouveau tour.

— Et toi, tu n’as pas été recyclée ?

— Non, moi, je suis un ange déchu. Tu te rappelles mon avertissement concernant la non-invocation de certains noms ? Eh bien, j’ai pas écouté et me voilà à escorter des auteurs et des ivrognes vers une vie… disons meilleure. C’est comme un tirage au sort au bingo. N’importe quelle forme vivante, pas juste humaine.

— Beurk ! Je pourrais me réincarner en coquerelle ou en limace ?

— Non, ça s’est réservé aux politiciens et à leurs chefs de cabinet. Je crois que les auteurs sont envoyés dans des huitres.

Je ne pouvais pas croire que je finirais en soupe, ou assaisonnée de citron, glissant dans la gorge de quelqu’un. C’était dégoutant et cruel !

— Mais non, je blague ! Pour les auteurs, hein, pas pour les politiciens.

Gabrielle me pousse à nouveau vers la lumière ; la boucle démesurée de ma robe de satin rose s’accroche au cadrage de la porte. Je me retourne une dernière fois vers le corps… mon corps. La morte ouvre soudainement les yeux et tourne la tête dans ma direction. Je suis figée comme une biche prise dans le rayon des phares d’une voiture. Elle ouvre la bouche de façon démesurée, et commence à vomir de grosses mouches noires. Je tente de me dégager sans succès. Les insectes s’agrippent à mes cheveux, à mon chapeau, leurs bourdonnements à la limite du supportable. L’ange déchu se met alors à rire tandis que des insectes s’infiltrent dans mes yeux et ma bouche, et…

Je me réveille en sursaut. Je suis couchée dans mon bain, maintenant froid. Sur le rebord, un verre vide et une bouteille de vin qui l’est tout autant. Ciel ! Ce n’était qu’un vilain cauchemar. Je me redresse d’un trait et regarde autour de moi : non, il n’y a pas d’étrange jeune fille à l’allure de Punky Brewster sur l’acide. Je n’ose pas me lever, de peur de finir le crâne ouvert dans la baignoire. Je rampe donc littéralement hors du bain et j’atterris sur le tapis rose.

Tout en m’essuyant, je jure de ne plus boire une goutte pour le reste de ma misérable existence. J’enfile ma robe de chambre et avale deux comprimés. Soyons réalistes : je ne boirai plus de vin pour quelques mois… ou semaines… une semaine peut-être. Je m’apprête à sortir de la salle de bain lorsqu’une lumière blanche m’aveugle.

— NOOOON !

Je ris de moi-même, une main sur le cœur : ce n’est que les phares d’une voiture se reflétant sur une fenêtre. Le temps d’ouvrir le réfrigérateur pour me servir une eau pétillante, il ne reste plus rien, ou presque, de ce mauvais rêve et de ces promesses de sobriété. Demain est un autre jour ; ivrogne un jour, ivrogne toujours !

FIN

J’ai mal à mon pays

Censorship round

Pays de la liberté et des grands espaces. Comme toute nation, pays bâti sur les guerres et les conflits. Petit enfant repentant, il veut faire amende honorable. Il ouvre les bras, il accueille, il cajole. Il veut faire oublier qu’il n’est pas mieux que le voisin, qu’il n’est pas plus pur. Voulant trop bien faire, le pays oublie ses citoyens. Il oublie les principes pourtant si cher à son cœur et fait la promotion de l’autre au détriment de lui-même. La nation n’a pas compris la différence entre l’ouverture et l’acceptation envers autrui et la promotion d’un mode de vie qui va la plupart du temps à l’encontre de ses valeurs, celles qui ont pourtant fait sa réputation. La liberté d’expression n’existe plus pour ces citoyens qui chérissent leur liberté, leur droit de parole, leur droit à leurs idées, parfois exprimées maladroitement — par passion, par colère, par peur. Ils se sont pourtant battus, jadis, contre l’Église voulant les maintenir dans le noir, les forçant à obéir à des idéologies complètement dépassées. Ces gens qui ne veulent pas troquer un veau d’or pour un autre sont automatiquement étiquetés racistes, islamophobes, petit peuple sans scolarisation. La promotion d’un multiculturalisme ciblé n’a pour but que la valorisation de tout ce qui n’est pas Canadien. Le citoyen doit se cacher, doit se taire et demander pardon bien bas de ne pas promouvoir l’une des plus grandes causes de discorde et de guerre à travers la planète. La liberté de conscience a été bannie, rejetée par ses élus.

L’enfant repentant, voulant faire au mieux, a troqué peu à peu sa ceinture fléchée pour un voile, la liberté de son peuple pour les revendications d’un autre. « Peur inconsidérée », certains avaient clamé. Changement subtil, mais non moins présent. Je viens d’un peuple ouvert de nature, qui est devenu sélectif par nécessité, par peur (justifiée) de perdre ce dont il a travaillé si fort à obtenir : la liberté de penser et d’agir, l’égalité entre les genres, la neutralité face à des croyances qui n’ont plus leur place. Avec un peu de chance, moi qui ai quelques décennies au compteur, je ne verrai pas l’enfant des grands espaces devenir celui d’une grotte sans espoir.

J’ai tenté — parfois à mon corps défendant — d’éviter l’anxiété découlant des conflits d’opinion, de déplaire ou de blesser des gens par inadvertance en publiant mes opinions et mes idéologies sur ce blogue, censé être dédié uniquement à l’écriture. Je me censure, je me prive de ma liberté d’expression pour ne pas déplaire. Ce sont pourtant ces mêmes points de vue et prises de position qui me définissent en tant que personne et auteure. C’est grâce à ces valeurs que j’ai la liberté d’écrire tout ce qui me passe par la tête, de publier mes textes et de vivre ma vie sans avoir à craindre que mes pensées se soldent par des représailles. Tellement de gens — de femmes ! — à travers le monde n’ont pas cette chance de liberté de conscience et d’expression. La femme — et l’auteure — que je suis tremble d’angoisse face à l’avenir incertain qui se dévoile lentement devant ses yeux tristes. Serai-je également persécutée un jour parce que je suis une athée issue de colons francophones ? Que mes racines sont trop profondes pour être honnête ?

Cet avenir, aussi incertain soit-il, est le seul qui pourra le dire.

Critique littéraire : Josh

Critique littéraire - JOSH

Synopsis (provenant d’Amazon)

Derrière toute grande histoire se cache une grande blessure.

Pourquoi cette petite ville du Middle West est-elle soudain frappée d’épouvante en cet été 1953 ? Qui diable a intérêt à semer la panique et la mort parmi cette population sans histoires ? Et enfin, pourquoi le jeune Josh et son frère Simon sont-ils observés par les uns et méprisés par les autres, comme si un mauvais sang coulait dans leurs veines ?

Critique de l’œuvre

Il serait difficile pour moi de dire que je n’ai pas aimé ce livre, puisque je suis restée allongée confortablement sur le divan toute la journée dimanche dernier, et que je me suis tapé tout le bouquin en moins de cinq heures intenses et de purs plaisirs. Ce livre, dont l’histoire coule comme de l’eau, venait d’ailleurs à ma rescousse après un bouquin ennuyeux que je n’ai pu me résoudre à continuer malgré ma respectable avancée dans l’histoire.

L’écriture d’Alexis Arend (dont j’avais également fait une précédente critique, Salamanca) a de particulier le fait qu’il écrit dans un français international, qu’il ne s’amuse pas à mettre de grands mots sans intérêts seulement pour démontrer sa grande connaissance de la langue et qu’on a l’impression de lire un Stephen King sans avoir trois tonnes de détails inutiles. Alexis sait décrire les émotions de ses personnages de façon précise et concise, avec une adresse qui fait en sorte que ces mêmes sentiments sont les nôtres. Un mélange de drame psychologique, de suspense, une légère (à peine) pointe de fantastique et hop ! on est parti pour des heures accrochées à notre liseuse, ne s’accordant une pause bio que par nécessité. Cette histoire, racontée avec soin, me donnait l’impression d’un mixte entre The Green Mile et Sometimes They Come Back, deux films tirés de nouvelles de Stephen King d’ailleurs.

Je vous suggère donc de lire JOSH dans les plus brefs délais afin de découvrir tout le talent de cet auteur, dont vous pouvez en apprendre plus sur son blogue : https://alexisarend.com/a-propos/.

Quelques points de ventes

* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : Givrées

Critique littéraire - Givrées

Synopsis (provenant d’Amazon)

Il vous trompe, vous en avez la certitude… Et vous ne comptez pas en rester là ?

Il vous ment, vous en avez la preuve… Et vous avez la ferme intention de le lui faire payer ?

Il vous humilie, vous en avez assez… Et vous cherchez de l’aide pour concocter votre vengeance ?

Il vous tarde de le voir ramper, vous supplier… Et vous êtes prête à en payer le prix ?

Contactez-nous à l’adresse suivante: « helpme@GIVREES.com »

 Critique de l’œuvre

Une histoire tordue qu’il faut lire d’un seul trait lors d’une journée de neige ou de pluie. De toute façon, vous serez incapable de vous arrêter. Une héroïne (peut-on vraiment l’appeler comme ça ?) qui est imparfaite — très imparfaite — mais qu’on ne peut s’empêcher de prendre en pitié, de comprendre et d’aimer. Une histoire qui a pris une direction complètement différente de ce à quoi je m’attendais, à mon plus grand bonheur. Lorsqu’il ne reste qu’à peine huit personnes entre vous et la fortune (et la liberté), il ne suffit que d’un peu de planification, non ?

La page couverture est aussi succulente que l’histoire, écrite de mains de maitre à la « pince-sans-rire ». Des commentaires savoureux comme : « Je ne dirais pas que je le hais. Seulement, s’il était en feu et que j’avais une bassine d’eau, je la boirais à la paille à m’en faire péter le bide plutôt que de gaspiller une seule goutte à essayer d’éteindre le brasier ». L’auteur met également des phrases avec des mots biffés (pour faire plus politiquement correcte, comme on s’auto censure de temps à autre) ce que j’ai adoré ! Un livre divertissant (présenté sous la forme d’une recette de cuisine… c’est juste pour dire !) qui vous fera assurément passer du bon temps.

C’était la première fois que je lisais du Gina Dimitri — qui m’a d’ailleurs fait découvrir dans ce livre ce qu’était une « licornasse »… 50 % licorne, 50 % connasse — mais ça ne sera certainement pas la dernière !

Quelques points de vente

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* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.