E-Ink, mon amie!*

Liseuse

Lorsque je parle des bienfaits de ma liseuse… Je vous vois venir, là! Avant de dire : « Ah non, pas encore un lavage de cerveau au sujet de sa foutue liseuse électronique! », je vous invite à prendre une grande respiration, à vous servir un café ou un verre de vin et à continuer votre lecture, car vous pourriez être surpris.

Je disais donc, lorsque je parle des bienfaits de ma liseuse (qui est devenue indispensable à ma vie de lectrice compulsive!) les gens me répondent immanquablement : « Moi, je ne suis pas capable de lire longtemps sur un écran ». J’ai une grande nouvelle pour vous : moi non plus! C’est tellement vrai que, lorsque je dois vérifier l’un de mes textes, au lieu de tuer des arbres à imprimer le tout (de plus, les cartouches laser ne sont pas données!), je transfert le fichier sur ma liseuse où je peux prendre des notes et surligner des passages afin d’effectuer les corrections plus tard.

Fonctionnement

Le fonctionnement de base de l’encre électronique est tout simple : c’est du magnétisme. Voici un petit dessin qui vous éclairera sur la « mécanique » du processus :

E-Ink fonctionnement

(source de l’image : Actualitté)

Est-ce que vous vous rappelez nos fameuses ardoises magiques? C’est pratiquement du pareil au même. Les particules noires et blanches dansent au rythme des lettres, attirées par de petites électrodes aux extrémités. Le fondement n’est pas très moderne finalement, puisque la société Xerox étudiait déjà cette technologie au milieu des années 60.

Lorsque vous lisez sur une liseuse, vous avez donc l’impression de lire sur une feuille de papier. C’est même mieux, car les pages très blanches du papier donnent parfois mal aux yeux (surtout lorsqu’on lit au soleil) tandis que le fond de la liseuse est un peu grisâtre.

Un appareil standard (comme la Kindle d’Amazon) n’utilise que très peu d’énergie, et il peut survivre des semaines sur la même charge. Comme un livre, l’utilisation d’une lumière d’appoint sera peut-être requise lorsqu’il fait sombre dans la maison. Les liseuses rétroéclairées demandent un peu plus « de jus » (à peine). Pour ce modèle, vous pouvez régler l’éclairage du texte « par en dessous » pour vous aider à lire lorsque votre environnement est plus sombre. Bien que l’écran s’éclaire légèrement, c’est quand même beaucoup moins difficile que de lire sur un écran d’ordinateur ou de tablette puisque l’appareil illumine la surface de l’écran et non pas vos yeux. Une subtile distinction qui fait toute la différence.

Contrairement aux tablettes et aux téléphones intelligents, la liseuse a un écran mat qui ne fait aucune réflexion. Cet appareil est idéal pour lire au soleil.

Types de liseuses et options

Le cout est quand même raisonnable : 79 $ pour une Kindle de base (présentement en spécial à 64 $!), et environ 130 $ pour une Kobo de base. En général, vous ne pouvez pas emprunter de livres électroniques à la bibliothèque avec la liseuse Kindle puisqu’elle ne lit pas le format Epub. Toutefois, vous aurez accès à des centaines de livres à des prix vraiment avantageux. Aussi, il n’est pas requis de posséder une liseuse pour lire sur Amazon : les livres achetés sont conservés dans le nuage et vous pouvez y accéder de votre ordinateur, votre tablette ou bien de votre téléphone intelligent à l’aide d’un programme totalement gratuit. Tous ces beaux appareils peuvent être synchronisés afin que vous passiez de l’un à l’autre facilement, en continuant votre lecture où vous étiez rendu. De plus, l’application favorise la lecture à l’écran en apposant un filtre (si désiré) afin d’amenuiser la luminosité de votre écran.

Avantages incontestés

Vous trainez votre bibliothèque avec vous en tout temps : si vous êtes entre deux livres ou bien changez d’idée de lecture, vous pouvez changer de livre en un seul clic du doigt.

La liseuse est très légère : adieu mal de poignets ou difficulté à lire tout en mangeant. De plus, vous pouvez la tenir facilement à une seule main en tournant les pages avec cette même main (très pratique lorsque vous avez deux chats qui décident que vous êtes le coussin idéal pour s’octroyer un roupillon!).

Un roman se vend normalement entre 20 $ et 30 $. Les livres électroniques se vendent généralement sous la barre des 15 $. Une grande sélection de livres est offerte en promotion gratuite (en provenance d’éditeurs ou d’auteurs indépendants) ou à moins de 5 $. Vous découvrirez ainsi de nouveaux auteurs qui vous amèneront à travers des expériences de lecture mémorables. Personnellement, j’ai abandonné la lecture des deux derniers romans édités que je lisais, car ils étaient plutôt ennuyeux. J’aime la fougue et la stupéfaction que m’apportent souvent les nouveaux auteurs.

Vous craignez de perdre tous vos livres et de vous retrouver devant rien (bien qu’ils sont également conservés dans un nuage dans le cas d’Amazon)? Vous n’avez qu’à télécharger le programme Calibre qui vous permet de gérer votre bibliothèque et même de transformer les formats (mais ça ne sera pas pour aujourd’hui, je vous épargne le technique pour le moment!).

Vous avez peur que la satanée odeur du papier vous manque? Aucun problème : pour 85 €, vous pouvez même vous procurer un parfum à l’odeur de papier et d’encre!

Vous n’êtes pas obligés de vous séparer des livres papier à 100 %. Même moi, il m’arrive d’en acheter de temps à autre. Vous aurez toutefois le loisir de choisir le format qui vous apportera la plus grande économie. On ne fait pas pousser l’argent dans les arbres (du moins, je n’ai personnellement pas trouvé comment faire!); aussi bien faire des économies où cela est possible tout en améliorant notre qualité de vie.

Si vous vous lancez dans l’aventure, vous aussi vous finirez par dire : « E-ink, mon amie! ».

Bonne lecture!

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

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Des carottes, des patates et un ainé*

Stovie

On s’imagine toujours que l’histoire, avec un grand H, ne s’apprend que par l’enseignement scolaire ou bien les ouvrages de référence (en se payant un petit roupillon entre deux dates qui n’ont aucune signification pour nous). J’ai une petite nouvelle pour vous : l’histoire se trouve autour de vous, à portée de main. Vous en faites également partie. Vous ne vous en doutiez pas, n’est-ce pas?

Peu de gens savent que des religieuses canadiennes furent détenues dans un camp de concentration allemand durant la Deuxième Guerre mondiale, et pourtant. Il n’est pas nécessaire de se taper une encyclopédie sur le sujet pour l’apprendre. Non. Il vous suffit de lire le touchant récit de Lise Dion dans « Le secret du coffre bleu », histoire inspirée de textes écrits par sa mère dans de simples cahiers et retrouvés dans un banal coffre bleu après son décès.

Pour plusieurs, les gens ayant eu une incidence sur le développement de la société ont automatiquement eu des vies exceptionnelles dont les accomplissements furent grandioses. En réalité, ces personnes d’exception désiraient souvent uniquement améliorer leur propre sort. C’est le cas de Janette Bertrand et de sa bataille constante pour se prouver qu’elle n’était pas « juste bonne à faire des tartes » (sic). Saviez-vous qu’elle était dyslexique? Étiez-vous au courant qu’elle écrivait tous les textes des pièces de son mari, Jean Lajeunesse, et qu’il en prenait tout le crédit? Cette personne très peu sure d’elle-même, malgré tous ses succès, et ayant un très grand besoin d’amour (encore aujourd’hui) a permis à la femme québécoise de sortir de sa cuisine. Par son cheminement artistique, elle a inspiré des générations de femmes. Elle a changé l’histoire. Son livre intitulé « Ma vie en trois actes » nous dévoile la femme fragile et inquiète qui se cache derrière la personnalité publique, tout en faisant état de la réalité de la société québécoise de l’époque.

C’est également ce que j’ai fait en écrivant « Doux souvenirs au temps de Duplessis »; la connaissance d’un pan de notre histoire par un récit concret. On ne connait de cette époque que les scandales. Toutefois, la politique du gouvernement Duplessis a entre autres permis l’électrification des campagnes, figées dans le dix-huitième siècle, et le développement des régions rurales laissées à elles-mêmes. L’emprise de la religion était totale et plusieurs enfants eurent un destin tragique en étant soit placés à l’orphelinat, dans des institutions psychiatriques ou bien sur des fermes afin de servir de main d’œuvre gratuite. Toutefois, derrière toute cette négativité, une histoire positive a éclairé un peu la noirceur qui plana sur les quinze années de règne de Maurice Duplessis. C’est ce que j’ai relaté avec le touchant récit d’un petit garçon et de sa sœur placés chez des étrangers. Bien que la vie sur la ferme ne fût pas facile, ils furent aimés et échappèrent à un destin qui aurait pu être affreux.

Ce sont quelques exemples de pages d’histoires qui sont écrites avec humanité et émotion et qui parlent de tout un chacun, de gens « normaux » pourrait-on dire. Vous sortirez de ces lectures avec une meilleure connaissance du passé qui a forgé votre présent, sans avoir cogné des clous, tout en profitant d’un récit qui vous reviendra souvent à l’esprit. Vous connaitrez des gens que vous n’auriez jamais connus autrement. Leurs vies, leurs réalités, c’est également celle de tout un peuple, de votre patrimoine.

Arrêtez de traiter les souvenirs de vos ainés comme du babillage sans importance. Ils sont la richesse de notre peuple, les vestiges vivants de notre histoire. Invitez vos parents, vos grands-parents, vos tantes ou vos oncles, peu importe, à votre table. Préparez-leur un beau repas et, entre le service des carottes et des patates, demandez-leur de vous parler de leur vie. Couchez leurs souvenirs sur papier et conservez-les précieusement, comme les trésors qu’ils sont.

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.