Nouvelle : Le royaume désenchanté

Nouvelle - Le royaume désenchanté

Le tout commença par une idée simple, un objectif réaliste : être populaire, être aimée. Je me rappelle l’instant exact où je pris la décision de changer les choses. Assez, c’est assez. J’avais acheté une revue pour jeune fille, que je feuilletais en me demandant pourquoi je n’étais pas comme elles. Je lisais des revues parlant de meurtriers en série célèbres, des médecins maudits du troisième Reich, des phénomènes paranormaux. Il devait y avoir quelque chose qui clochait avec moi. Assurément. Je décidai alors de faire une petite liste toute simple, sans savoir que ce simple geste m’amènerait au bord du gouffre, dans une contrée inconnue que j’aurais mieux fait de ne jamais découvrir :

Maigrir

Me maquiller

Mettre des bijoux

Une liste rudimentaire. Inoffensive. C’était aussi banal que d’écrire « pain, lait, beurre » sur un vulgaire morceau de papier avant d’aller à l’épicerie. C’est toujours stimulant de biffer un objectif atteint. C’est plus concret que de se faire croire que nous n’avons jamais eu l’idée en premier lieu. Les paroles et les pensées s’envolent, les écrits restent. Je n’étais cependant pas motivée par ces jeunes filles de magazines. Elles n’étaient que de vulgaires mannequins en deux dimensions, imprimés sur du papier glacé. Irréelles. Non, je voulais être comme les autres étudiantes de ma polyvalente, ces reines incontestables qui étaient aimées et adulées par leurs chevaliers servants chargés à la testostérone, admirées par leurs envieux sujets féminins et craintes par les parias du royaume, dont je faisais partie. J’étais Cendrillon, malmenée par ses immondes demi-sœurs, qui ne voulaient qu’avoir la chance d’être la reine du bal et de rencontrer son prince charmant.

Je décidai donc de me concentrer sur le premier objectif : mon poids. Il me suffisait de faire attention, et le vilain petit canard se transformerait en cygne majestueux. Je ne serais plus invectivée, frappée, ou bien rejetée. Je deviendrais également une souveraine. Je commençai donc à faire une autre liste… c’est rassurant et concret une liste :

10 ml de margarine légère : 35 calories

1 tranche de pain blanc : 60 calories

1 pomme : 150 calories

Je commençai à préparer mes propres repas, à peser et quantifier ma nourriture. La cuillère à mesurer et la balance alimentaire étaient devenues mes sujets, mes amies. Elles m’aideraient à passer du statut de servante à celui de reine. Je commençai à voir des résultats et, au lieu de passer aux autres items de ma liste initiale, je décidai de les agglomérer au premier point, qui allait si bien.

1 sachet de bouillon : 10 calories

1 branche de cèleri : 1 calorie

1 feuille de salade : 2 calories

J’avais maintenant le contrôle absolu sur mon corps, mais je perdais celui sur ma tête. Je glissai lentement vers l’obsession, pas seulement envers la nourriture, qui était devenue mon ennemie jurée, mais envers tout ce qui m’entourait, comme le ménage, les horaires, la routine. Moi, qui avais toujours aimé apprendre, je négligeais mes cours pour planifier mes repas et compter les calories. Je séchai même quelques après-midis de classe pour aller à la chasse aux produits faibles en gras. Mon activité favorite était devenue la revue des allées des différentes épiceries du quartier. J’étais devenu un fantôme arpentant un château gigantesque et découvrant toujours de nouvelles pièces à hanter.

Café, thé : 0 calorie

Pour mon plus grand malheur, je ne m’étais pas transformée en jeune fille populaire. J’étais devenue transparente. Pourquoi mon stratagème ne fonctionnait-il pas? L’obsession augmenta tandis que la dépression s’installa. Mon cœur ralentit dramatiquement, ma pression chuta et les évanouissements commencèrent. Un billet du médecin me permit d’abandonner mes cours d’éducation physique. Je commençai à mettre des gilets de laine et de gros bas de coton sous mes pantalons afin de tenter de me réchauffer en pleine canicule estivale. J’étais frigorifiée jusqu’aux os.

J’avais maintenant un tout nouveau titre de noblesse : anorexie. Maintenant, plus de vingt ans plus tard, les gens osent parfois porter un jugement sur cette maladie, et rejettent du revers de la main mes commentaires sur le sujet. La plupart ne savent pas, ne seront jamais. Paix à leur âme. Moi, je sais, je l’ai connu, je l’ai vaincu. Veni vedi veci… ou presque. Je me rappelle une scène du documentaire « La peau et les os ». Une des jeunes filles, son fragile cerveau monopolisé à compter les calories, ne se rend pas compte qu’elle mange un morceau de peau de poulet rôti par erreur. La terreur s’installe lorsqu’elle réalise son faux pas. Je sais ce qu’elle ressent, je l’ai vécu mainte fois. Personne ne peut comprendre le sentiment de panique totale de ce moment affreux du film. Moi, je le peux. J’ai vécu les crises d’angoisse et de larmes en regardant une salade verte. Le souffle se coupe, l’estomac se serre, les mains tremblent… la terreur est totale. Cela ne m’est plus arrivé depuis fort longtemps, mais la bête est là, aux aguets dans un coin de mon cerveau, attendant l’occasion de se montrer le bout du nez. Je suis ma pire ennemie. Lorsque j’ai revu cette fameuse scène du reportage plusieurs années plus tard, j’ai eu la même réaction que la première fois : « Non! », ai-je envie de crier à l’héroïne sur le point d’avaler un poison mortelle, comme Blanche-Neige mordant à belles dents dans la pomme offerte par la méchante reine. La jeune fille du reportage ne s’endort toutefois pas tout doucement en attendant le baiser du prince charmant… elle va vomir dans les toilettes, complètement terrorisée. La vie est rarement un conte de fées.

Je pourrais dire que l’amour et l’envie d’être normale m’ont en quelque sorte sauvée. Sortir de ce royaume maudit que fut la polyvalente fut également un facteur non négligeable. Cependant, peu importe où j’allais, je n’étais jamais populaire. J’avais fait tout ça pour rien. Ma santé physique était hypothéquée à jamais, mon équilibre mental était juché précairement sur la routine du quotidien et un sentiment d’échec perpétuel s’installa, perché comme une cerise sur le sundae de ce désastre semblable à du cyanure : inodore, incolore, mortel. Le désir de me faire aimer de mes pairs augmenta au même rythme que les revers relationnels. Les montagnes russes émotionnelles continuèrent et je tentai de me faire accepter à tout prix : le gym, les 5 à 7, les discothèques, les beuveries, et les parties privées qui tournent presque à la débauche.

Près de dix ans passèrent. Un jour, sans ne plus vraiment l’attendre, je rencontrai à nouveau l’amour, le vrai cette fois. Celui qui m’apprendrait qu’il ne sert à rien de chercher à tout prix à devenir quelqu’un que je ne suis pas : une femme sociable acceptée de tous. Je fus toujours une solitaire, quelqu’un qui prend plaisir à regarder des films et lire des livres. Je n’ai pas besoin d’avoir une vie extraordinaire : il y a des personnages sur pellicule et sur le papier qui sont des substituts suffisants. La rage et le sentiment d’échec étaient cependant toujours présents malgré tout ce que je possédais. Je voyais le verre à moitié vide au lieu de le voir à moitié plein.

La solution à nos problèmes arrive rarement au moment où l’on en a besoin. On a beau se tenir debout, les bras en croix, en criant « Viens, je t’attends! », rien n’y fait. Le salut fait en général son apparition avec grand fracas, comme un éléphant entrant en trombe dans un magasin de porcelaine. Pour moi, le tout s’est matérialisé sous forme d’inspiration durant un de mes nombreux voyages solitaires en voiture. Une histoire s’imposa à moi, et je décidai de m’y atteler sans attendre. Cela devint une obsession, mais une à laquelle il était inutile de tenter de résister. J’avais des choses à dire, et surtout, des sentiments à exprimer. Je pris trois ans à coucher sur papier un roman de science-fiction qui me permit de réaliser que j’étais capable de mener un projet positif à bien. Pas besoin de psychologues ou de médicaments lorsqu’on a la chance d’écrire. Bien que mes histoires soient fictives, mes personnages portent tous une petite partie de mes stigmates en eux : la peine, la rage, le désespoir, la vengeance, la violence… mais aussi l’amour et l’espoir. Je sais par expérience que je peux réussir ce que j’entreprends, j’ai toutefois payé cher cet apprentissage.

J’avoue en toute honnêteté que les médias sociaux m’ont permis de prendre une douce et méchante revanche : certaines de ces reines du passé ont perdu leur couronne en cours de route et sont tombées de leur trône royal. Elles vivent maintenant dans les bas-fonds de leur fief, léchant leurs plaies comme des chiens galeux. Je prends parfois un malin plaisir à lire leurs déboires et à en rire intérieurement. Ce n’est pas empathique, c’est même bas. Très bas. Je ne suis pas parfaite. Je n’ai jamais dit que je l’étais d’ailleurs. C’est tout simplement la vie au sein du royaume désenchanté qu’est le nôtre.

La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

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Critique littéraire : La maison de poupées

Critique littéraire - La maison de poupées

Synopsis

 Voici 19 nouvelles courtes, certaines déjà publiées ici ou là sur Internet, primées ou inédites, qui vous mèneront de portes en portes, de fenêtre en culs-de-sac, dans tous les recoins de cette maison de poupées.

Vous pouvez entrer.

Critique de l’œuvre

Ce livre est un recueil de nouvelles qui vous divertira à coup sûr, peu importe votre état d’esprit du moment. Pour ce livre, j’ai tenté une expérience différente. Imaginez un feu de camp durant une fraîche soirée d’automne. La seule lueur : celle de ma liseuse. Chose que je n’avais jamais faite avant : lire des histoires à voix haute à une autre personne, dans le cas présent à mon mari, qui est littéralement tombé en amour avec Azel Bury (j’en suis d’ailleurs un peu jalouse !). Du suspense, du fantastique, de l’horreur (à peine), de la romance (toujours un peu humoristique) et même carrément de l’humour. Une chose est certaine, on ne s’ennuie pas du tout avec ce livre.

Médium

J’ai bien sûr acheté le format électronique (Kindle). Le texte est bien monté, et nous avons la possibilité de connaitre notre avancée de lecture pour chacun des textes et non pas seulement pour la totalité du livre. Comme vous le savez peut-être, j’aime bien cette fonctionnalité afin de décider si je commence un autre texte/chapitre ou bien si j’attends d’avoir plus de temps pour m’y consacrer entièrement (je déteste laisser une lecture en plein milieu, dans un moment critique !). L’image de la couverture représente principalement une seule nouvelle, soit, vous l’aurez deviné, « La maison de poupées ». La couverture et le quatrième de couverture (pour la version papier) sont d’ailleurs magnifiques et nous donnent l’envie d’acheter le bouquin à coup sûr.

Verdict

Un livre que je recommande à tous, principalement à ceux qui n’aiment pas les longues histoires qui n’en finissent plus. Azel sait nous tenir en haleine du début à la fin. Ses personnages sont vrais, imparfaits et l’on apprend vite à les connaitre, ce qui n’est pas facile avec une histoire courte où on laisse très peu de place aux descriptions pour nous plonger directement dans l’histoire.

Je vous invite à visiter le site web d’Azel Bury où vous trouverez l’information concernant toutes ses œuvres (car il est certain que vous aurez encore envie de tâter du Bury une fois votre lecture terminée).

 Quelques points de vente

  • Amazon.ca
    • Livrel* : 3,99 $
    • Papier : environ 25$
  • Amazon.fr
    • Livrel* : 0,99 € (rabais d’octobre)
    • Papier : 12,00 €

Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire – Prix du récit Radio-Canada 2017

Critique - Lauréats prix de la nouvelle

Source: ici.radio-canada.ca

Cette année, je dois avouer que le niveau littéraire se maintenait pour tous les participants : aucun des heureux élus dont le texte est tellement étrange qu’on se demande ce qui est passé par la tête des juges de le choisir. Textes bien écrits, sans flafla inutile pour avoir l’air unique et intello. Particularité cette année : les textes concernent presque tous soit une autre culture ou bien sont à saveur étrangère. Tous de bons récits, mais je suis bien heureuse du choix de la grande gagnante.

Je vous invite à cliquer sur le titre de chaque histoire pour aller lire le texte complet.

Deux villages (Sarah Walou) – Gagnante

Un texte émouvant d’une jeune femme dont le cœur et l’âme balancent entre deux origines. On entend son cri : « Où est ma place ? Qui suis-je ? », mais nous n’avons, malheureusement, aucune réponse pour elle. Pour ce texte, il faut passer par-dessus notre opinion personnelle sur les tensions entre les Québécois et les musulmans pour tenter de comprendre un autre point de vue. Un texte qui fait réfléchir et qui ne nous laisse pas indifférents.

L’Ogre (Christine Gonthier)

En lisant ce texte, j’ai compris sa peur de parler anglais, de répondre à une simple question qu’on n’est pas certain d’avoir compris au fond. J’ai vécu ce phénomène lorsque j’ai obtenu mon premier emploi en Ontario et, ensuite, dans le cabinet d’avocats où je travaille présentement. Cette impression d’être une enfant devant un ogre, d’être minuscule (d’être prise pour une idiote, quoi !), je la connais très bien. Un texte qui nous amène au cœur d’une femme aux racines variées qui se cherche une identité. Elle ne sait pas encore que ces quelques secondes à rester plantée devant un ascenseur qui n’arrive pas assez rapidement, avec un homme lui posant une question à laquelle elle aimerait bien éviter de répondre — car n’est même pas certaine de ce qu’il veut dire ! —, sera la prémisse à quelque chose de plus grand. On ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez !

 

Chronique d’une odyssée enfantine (Thérèse Yelle)

Tout simplement touchant. Un clin d’œil à l’enfance que nous laissons derrière, le plus souvent à notre grand regret. Le temps d’un moment, nous y sommes, là où l’auteure le veut : un après-midi ensoleillé dans une contrée lointaine, à un moment où il n’y a aucun souci. Ce texte me rappelle « Anne of Green Gables » de Lucy-Maude Montgomery ainsi que la chanson « Berceuse pour adulte » de Lynda Lemay : « Depuis qu’on a vieilli, qu’on est plus fille et garçon, on aime bien se rappeler qu’on a vaincu les dragons ». Ce texte nous ramène à nos souvenirs, nos propres escapades, dont la seule limite était notre imagination. Le genre d’histoire qui nous rend nostalgiques, un léger sourire de regret sur les lèvres.

Au bar de l’hôtel, l’autre voyageur (Joan Sénéchal)

Je ne comprends pas trop le but de ce texte, à part nous faire partager la rencontre pompeusement inutile de l’auteur avec un égocentrique imbu de lui-même. C’est tout de même bien écrit, la rythmique est au rendez-vous, mais le but est nébuleux… c’est probablement ce que les juges ont aimé d’ailleurs. Un texte, même basé sur un événement vécu, doit avoir une raison d’être, une sorte de morale à la fin, une phrase qui mène à l’introspection ou bien une clôture quelconque, qu’elle soit drôle ou sérieuse. Si l’auteur avait terminé avec une réflexion de son propre cru sur l’énergumène en question, ça aurait pu changer mon opinion sur la totalité du texte.

Porcelaine inuite (Mathieu Vincelette)

Le but est sommes toutes atteint : nous faire découvrir la gastronomie d’une contrée éloignée et très peu connue de notre pays. Toutefois, ce texte aurait plus eu sa place dans un blogue ou dans un article traitant de la nourriture et du tourisme. Pour un concours ? Je ne suis pas certaine que c’est sa place. J’ai toutefois probablement tout faux puisqu’il fut choisi dans les cinq finalistes.

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Audible CANADA ouvre enfin ses portes!

le-livre-qui-secoute

GRANDE NOUVELLE (roulement de tambours !) : Nous avons maintenant un Audible au Canada, en français et en anglais, où vous pouvez retrouver mes cinq livres :

https://www.audible.ca/

Vous y retrouverez un très grand nombre de titres écrits par des Québécois et des Canadiens francophones et lus par des Québécois et des Canadiens francophones. Le site est encore en phase de réorganisation, mais c’est un grand pas dans la bonne direction puisque nous ne sommes plus obligés de choisir entre le site américain et le site de France. Nous avons maintenant le nôtre. Voici un article intéressant sur le sujet : http://www.newswire.ca/fr/news-releases/audible-offre-le-meilleur-contenu-oral-qui-soit-au-canada-644147953.html

Je suis également fière de vous annoncer que je suis en première page dans les catégories « Nouveauté – Romans policiers et thrillers », ainsi que dans « Nouveauté – Science-fiction et fantasy » :

Première page - DivagationsPremière page - Causalité paradoxale

Je croise les doigts pour que le Québec et le Canada francophone se prennent d’engouement pour ce qui est de la lecture audio. Après avoir écouté « Doux souvenirs au temps de Duplessis » et « Point de rupture », je peux dire que je commence à aimer le principe, surtout lorsque j’ai envie de lire, mais que j’ai trop mal aux yeux. J’ai bien hâte d’écouter « Causalité paradoxale, Cover up 101 et Divagations ». Les extraits m’ont donné l’eau à la bouche.

Bonne lecture… ou plutôt, BONNE ÉCOUTE !

P.S. J’aurai sous peu des codes promotionnels disponibles en échange d’un commentaire sur Audible (si vous avez aimé le livre… dans le cas contraire, vous pouvez vous abstenir !). Veuillez noter qu’il n’est pas nécessaire de vous abonner pour télécharger un livre gratuitement avec un code promo. Il vous suffit de soit vous connecter avec les membres identifiants que votre compte Amazon soit ouvrir un compte sur Audible sans aucune obligation de votre part.

Critique Littéraire : Âmes en sursis

Critique littéraire - Âmes en sursis

Synopsis

Quel est ce souffle sur votre nuque, la caresse du vent, le frisson laissé par un cauchemar ou tout simplement un soupir de l’au-delà ?

Laissez-vous emporter à travers ces six nouvelles sur le chemin des sentiments ou de l’étrange…

Critique de l’œuvre

Ce livre est un recueil de nouvelles qui réchauffe nos cœurs. Une lecture d’été pour une pause entre deux séances de jardinage, une sangria à nos côtés, ou bien un coconnage en règle durant une froide matinée d’hiver, une tisane bien chaude à la main. Je dirais une lecture légère, si ce n’est que certains pourraient mal interpréter ce propos, car les textes sont remplis d’émotions profondes, mais notre lecture se fait facilement, sans s’empêtrer avec de grands mots qui font savants, mais qui coupent le rythme inutilement. Le titre est tout indiqué puisque les textes sont tous englobés d’une aura de surnaturel (j’hésite à adopter la terminologie de « fantastique », trop souvent rattachée à la fantaisie). J’ai lu ce recueil à un moment où j’avais lu plusieurs romans policiers, et ce fut un éclat de douceur entre deux lectures sombres. Les personnages nous touchent et l’on ne peut s’empêcher de s’y attacher. J’ai vu ce livre comme un espoir qu’il ne faut jamais lancer la serviette, même dans la mort.

Médium

J’ai bien sûr acheté le format électronique (Kindle). Le texte est bien monté, et nous avons la possibilité de connaitre notre avancée de lecture pour chacun des textes et non pas seulement pour la totalité du livre. Comme vous le savez peut-être, j’aime bien cette fonctionnalité afin de décider si je commence un autre texte/chapitre ou bien si j’attends d’avoir plus de temps pour m’y consacrer entièrement (je déteste laisser une lecture en plein milieu, dans un moment critique !). L’image de la couverture est très à propos avec un escalier en pierres qui monte vers on ne sait où sinon vers un mystérieux flou lumineux. J’adore les chemins qui se perdent à l’horizon, les ponts qui nous laissent présager une traversée vers l’aventure et les escaliers qui nous amènent vers l’inconnu. Une couverture prometteuse et sobre qui n’en reste pas moins accrocheuse.

Verdict

Un livre que je recommande à tous, principalement à ceux qui n’aiment pas les longues histoires qui n’en finissent plus avec un langage surélaboré ne servant qu’à démontrer que l’auteur sait se servir d’un dictionnaire. Ce n’est pas la première fois que je lis un Laurence Lopez Hodiesne, une dame de Nice qui écrit toutefois dans un français international, sans inclure de régionalisme à n’en plus finir. Une belle plume simple (et non pas simpliste, loin de là !), qui nous permet de nous consacrer à cent pour cent sur le texte lui-même et non pas sur des mots grandioses ne servant qu’à impressionner et volant ainsi la vedette à l’histoire.

Je vous invite à visiter le site web de Laurence ou vous trouverez l’information concernant toutes ses œuvres, quelques nouvelles gratuites, et bien plus.

Quelques points de vente

  • Amazon.ca
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  • Gratuit sur Amazon avec abonnement KindleUnlimited

Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Deux titres offerts en audio!

Deux titres offerts en audio

Je suis très heureuse de vous annoncer que « Point de rupture (Tome 1 – Dualités meurtrières) » et « Doux souvenirs au temps de Duplessis » sont maintenant offerts en format audio sur Audible.com et Audible.fr.

La voix du narrateur (acteur et chanteur) Jean Brassard vous ensorcèlera certainement! Une voix chaude et profonde qui vous fera apprécier ce nouveau mode de « lecture ». Vous pouvez également écouter un extrait d’environ quatre minutes totalement gratuitement. Il suffit de cliquer sur le lien « Écouter un extrait » (ou bien « Sample » si vous êtes sur le site américain) qui se trouve sous l’image du livre.

« Pourquoi donc écouter un livre? » vous demandez-vous certainement. Je vous invite à lire l’article que j’ai publié à ce sujet il y a quelque temps, Le livre qui s’écoute. Peut-être aurez-vous alors l’envie de tenter l’expérience?

Si l’envie vous dit de faire le saut vers l’audio, notez que j’ai quelques codes promotionnels à offrir, ce qui vous permettra de télécharger le livre gratuitement. Je ne vous demande que deux petites choses en retour : une critique du livre sur le site d’Audible ou bien d’Amazon (compagnie affiliée), et d’en faire mention sur un de vos médias sociaux.

Je vous rappelle que les auteurs autoédités n’ont pas les moyens des grandes maisons d’édition et que c’est le bouche-à-oreille qui nous permet de nous faire connaitre à travers le monde. Un petit commentaire ne prendra que quelques secondes de votre temps, mais ce sera suffisant pour possiblement faire une grande différence pour un auteur.

Merci à l’avance pour votre appui et votre aide à faire connaitre ce nouveau mode de « lecture »!

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Le portail au mille et une vies

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J’ai vécu mille et une existences : je fus une aventurière amoureuse en 1542, la propriétaire d’une richissime plantation dans le sud des États-Unis et, au contraire, une défenderesse des droits de la personne chez les Yankees du Nord au temps de la guerre de Sécession. J’ai tué de sang-froid, par obligation ou bien par pur plaisir. Je me suis fait assassiner, avec passion ou hargne. J’ai vécu avec les loups-garous et les vampires, j’ai passé cinquante ans de ma vie sur des terres magiques en compagnie des dragons. J’ai nagé avec des dauphins, fait du parachute, de l’escalade dans les Alpes. J’ai vécu dans une caverne à l’époque où le feu fut découvert par l’homo sapiens. J’ai connu la guerre et la faim, la richesse et les joies, la vie et la mort. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai été portée à la réflexion et mon cœur a battu au rythme de l’adrénaline. Pour l’instant toutefois, je suis une jeune femme rêveuse qui habite à l’Île-du-Prince-Édouard et une putain Montréalaise.

Où ai-je vécu tout ça ? Dans les livres. Je possède un énorme coffre bleu bordé de laiton, comme c’était en vogue il y a plusieurs dizaines d’années. Je ne les ai pas comptés, mais il doit facilement contenir une centaine de livres, si ce n’est pas plus. Je le traine comme un coffre de l’espérance depuis bien des années. Ces précieux bouquins sont enfermés dans le noir et l’humidité, en attente d’une nouvelle vie, que j’ai finalement décidé de leur offrir. J’ai commencé, quelques livres à la fois, à déposer mes précieux bouquins, témoins d’une vie d’aventure, dans des boites à livres privées (les bibliothèques étant trop snob pour accepter des livres en charité). Ça m’a pris du temps à me décider : tant de souvenirs y sont rattachés. J’ai pris la décision de ne pas les relire avant, presque à mon corps défendant. À quoi bon retourner dans le passé de toute façon ? Il y a tellement d’autres existences, d’autres aventures à vivre ! Je n’ai pas besoin de ces reliques — qui seront mieux ailleurs où elles pourront à nouveau procurer du plaisir au lieu de moisir dans une cave — pour me souvenir des heures de complicités que j’ai passées avec ma mère, assises côte à côte au salon, à la table de cuisine du chalet ou sur la galerie, à nous absorber dans la vie des autres. Les souvenirs sont dans notre esprit et notre cœur, et non pas dans les objets inanimés qui peuplent notre existence.

Certains disent qu’il y a trop d’auteurs, que tout le monde écrit. Il y en a effectivement beaucoup, mais JAMAIS trop. Ceux qui pensent ainsi sont incapables d’accepter de s’aventurer en terrain inconnu ; il retourne toujours aux mêmes routines. Des auteurs, il y en a pour tous les gouts, et il y a autant de gouts qu’il y a d’humains. La jeune fille romantique que j’étais n’est plus ; j’ai besoin d’autres choses maintenant, de suspense, de violence, de vérité. Parfois, je retourne vers des types d’histoires qui sont différents de mes préférences habituelles ; c’est une chance que les livres sont maintenant à la portée d’un simple clic de souris, par des auteurs tout aussi différents les uns des autres. Découvrir un nouvel auteur, un style, qui se démarque des autres, c’est comme découvrir une nouvelle contrée.

Maintenant, j’ai l’immense privilège de faire partie de ces artistes de l’esprit, de ceux qui nous font vivre des choses extraordinaires par les mots. J’ai rejoint les rangs des porteurs de rêves et de l’imagination, et j’en suis fière (malgré mon succès mitigé). J’aurais aimé que ma mère en soit témoin… mais je n’aurai probablement jamais écrit mon premier livre sans son départ de ma vie. Souvent, un événement en amène un autre. Comme le dirait Anne Shirley (série « Anne » de Lucy Maud Montgomery) :

« There is another bend in the road after this. No one know what will happen. »

(Il y a un autre virage sur la route après celui-ci. Personne ne sait ce qui arrivera ensuite.)

Dernièrement, j’ai acheté quelques livres papier, et j’en ai profité pour expérimenter un peu. Pourquoi le papier, vous demandez-vous, puisque je suis une fervente défenderesse de la lecture moderne ? Tout simplement parce qu’on m’a offert des cartes cadeaux de librairies. Je ne suis pas retombée en amour avec ce format : encombrant, écriture trop petite et lignes collées ; ça manque de souplesse, d’aération. « Chasse le naturel, revient au galop »… je suis tentée malgré moi de trouver un petit coin pour exposer tous ces bouquins. Je me retiens : j’ai lu, j’ai vu, j’ai vaincu… je peux maintenant donner au suivant.

Lorsque votre vie est morne, sans saveur, il suffit de se plonger dans un livre, peu importe le format, pour se voir transporter ailleurs et oublier tous nos soucis. Après, de toute façon, ils paraissent souvent presque qu’insignifiants. Je plains ceux qui ne savent pas savourer ce plaisir ; ils se privent d’un divertissement précieux. Ne soyez pas avare de vos trésors, qui prennent la plupart du temps la poussière dans votre bibliothèque de toute façon, et faites découvrir votre passion aux autres : Donnez au suivant.

J’ai vécu mille et une vies… et il m’en reste tout autant à vivre !

Bon été et, surtout, bonne lecture !

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.