Critique littéraire – Prix du récit Radio-Canada 2016

Critique - Lauréats prix de la nouvelle

Source: ici.radio-canada.ca

Je sais, le prix du récit Radio-Canada a été décerné à la mi-septembre 2016. Toutefois, je préfère toujours prendre quelques semaines voire mois avant de me prononcer sur les textes gagnants. Ma première lecture n’est pas toujours la bonne : je préfère relire le tout quelque temps plus tard, pour voir si mon état d’esprit et mon opinion ont changé.

Je vous invite à cliquer sur le titre de chaque histoire pour aller lire le texte complet.

Le réfrigérateur (Cynthia Massé – Gagnante)

Bon… je ne vous parlerai pas de ma première lecture puisqu’elle m’a presque fait promettre de ne plus tenter de participer à ce concours (en fait, j’ai vraiment hésité à envoyer mon dernier texte au concours de nouvelles de Radio-Canada — dont les gagnants seront dévoilés en 2017 —, de plus en sachant que Biz en était l’un des juges). Je n’ai pas presque battu en retraite parce que je crois que je n’arrive pas à la cheville des participants (il ne faut pas non plus se vautrer dans la fausse modestie), mais bien parce que c’est décourageant de voir ce genre de texte en haut du podium. Ce qui m’a le plus dérangée (à part le fait que le texte était décousu et sans fluidité) ce fut le fait que les textes soumis au Prix du récit doivent être des faits vécus, ce qui n’est pas totalement le cas ici. D’un point de vue pragmatique et cartésien, ça me surprendrait grandement que la colocataire dont il est question ici se soit véritablement cachée dans le frigo pendant des jours. À ma deuxième lecture, j’ai toutefois accepté la métaphore (bien qu’assez grossière) de bonne grâce en me disant que c’était tout de même politiquement correct (et que j’en vois un oser dire que je ne fais jamais de concessions, hein ?). L’auteure a exposé, quand même avec adresse, la compulsion maladive d’une personne souffrant de troubles alimentaires en rédigeant un paragraphe rapide et sans ponctuation (donc sans pause), ce qui était en soit une bonne idée. Toutefois, elle aurait pu le faire avec un exemple plus logique qui ne fait pas passer les filles souffrant de troubles de ce genre pour des cinglées mures pour la camisole de force et une belle petite chambre capitonnée. Remarquez que « l’équilibrée » de l’histoire n’est pas mieux en versant son contenant de lait sur ses fruits qu’elle a cachés dans le fond de la garde-robe. S’il y a une métaphore à cette action, elle m’élude complètement, et ce, après plusieurs lectures. Je comprends qu’elle voulait vider le frigo pour s’y cacher… mais pourquoi faire un tel dégât ? L’ajout de titres de paragraphe aide heureusement à nous retrouver dans ce texte qui passe du coq à l’âne. Certains passages, comme le paragraphe nommé « Biocommunicationologie », semblent être du pur remplissage. L’auteure aurait probablement pu en dire plus sur le sujet principal au lieu de divaguer complètement. Donc, selon moi, un texte qui ne méritait pas du tout d’être en finale et encore moins le grand gagnant.

Grand-père et capitaine (Yann Fortier)

Dans mon cœur, c’est le grand gagnant. Un texte bien écrit, qui se suit bien. Une plume qui nous fait entrer dans l’univers d’un grand-père (en l’occurrence, le sien), qu’il dépeint si bien qu’on le voit. On comprend et compatis de tout notre cœur à sa dure recherche de l’objet sacré, nécessaire au bonheur complet du vieil homme. On devient aussi obsessif que l’auteur dans sa quête. On pousse un cri de soulagement lors que le but, qui semblait si simple au départ, est finalement atteint. De plus, on en apprend un peu plus sur la marine canadienne et on se rappelle de « bons » souvenirs avec les plaisirs de la recherche AVANT l’époque de l’internet. On vit ce qu’il a vécu comme si nous y étions ; nous y participons presque. De l’émotion, du suspense, un brin d’humour pour pimenter le tout… quoi demander de plus ?

La fille qui veut marcher sur la lune (Philippe Garon)

Le premier mot qu’il me vient : pénible. On dirait que l’auteur a acheté un voyage de point (à la ligne) dans une vente chez Costco. Tu peux faire des phrases courtes pour montrer un empressement, une certaine finalité nue. Tu peux faire une phrase d’un mot (même si, théoriquement, ce n’est pas une phrase). Je vous en conjure. Ne. Pas. Le faire. Pour. Tout un texte. Vous voyez combien c’est agaçant ! Le type voulait faire une histoire de dix pages, mais bon, le concours ne permet qu’un maximum de 1800 mots. Aucun problème : on coupe dans le gras. Il aurait pu faire un texte aussi dynamique en harmonisant un peu plus les passages. Déjà que d’enlever son paragraphe sur « Chambre en ville » aurait donné de la place à quelques articles et verbes additionnels. Vous l’aurez deviné, un texte que je n’ai pas aimé et dont je considère la seule présence comme finaliste du concours comme une usurpation, puisqu’il a volé la place d’un autre texte qui était très certainement excellent.

La chasse à la biche (Bianca Joubert)

Un texte poignant et touchant qui ne nous laisse pas indifférents. Un récit qui nous trotte dans la tête de temps à autre par la suite, en pensant aux pauvres filles de là-bas. Un destin qui aurait pu être tragique pour trois jeunes femmes canadiennes. Et si, se dit-on parfois. C’est le cas ici. L’histoire se passe en 1993, mais ça n’a pas changé, j’en suis certaine. Si ce n’est pas Ciudad Juárez, c’est une autre ville, un autre pays. Les femmes : proies idéales depuis la nuit des temps. On nous promet l’égalité, mais notre sexe sera toujours notre faiblesse. Marchandises on était, marchandises nous resterons. Un texte qui, dans sa structure et son sujet, mérite pleinement sa place dans le palmarès. Lui aussi j’aurais aimé le voir en haut du podium.

Souvenir de Catatonie (Hugo Léger)

Un texte d’une beauté douloureuse. Ici, c’est le bon exemple des phrases très courtes utilisées de temps à autre pour exprimer une pensée avec précision, sans flafla. L’auteur nous fait voyager en Catatonie, le pays de la maladie mentale. Ses métaphores sont sublimes et percutantes. C’est troublant de trouver belle une histoire si tragique. Une maladie qui pourrait toucher n’importe quel d’entre nous, une histoire qui pourrait être la nôtre. La Catatonie ouvre ses frontières toutes grandes aux gens malades… mais elle ne délivre pas de visa de sortie aussi facilement ; comme dans une bureaucratie gouvernementale, on doit se battre pour l’obtenir. On ne peut pas mettre tous les textes sur la première marche du podium, mais ce texte-ci y mériterait toutefois une place tout en haut.

CONCLUSION

C’est connu, c’est pratiquement toujours le texte le plus étrange et le moins structuré qui gagne à ces concours Radio-Canadiens. Malheureusement et à mon avis, être original n’est pas toujours le signe d’une bonne écriture. J’ai souvent l’impression que les juges oublient que c’est ce dont il est question ici : d’écriture. Le cas de l’originalité primée est souvent synonyme de snobisme : « C’est bizarre, décousu, sans structure… ce type doit être un génie ! ». On a qu’à penser à Picasso, un des rares peintres devenus riches de son vivant (je mets au défi qui que ce soit de me dire que ce qu’il faisait était beau ! Original et différent, certes, mais joli ? Il ne faut quand même pas pousser le bouchon trop loin). Mais bon, on dit que l’art ne se discute pas.

Bonne lecture!

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

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Nouvelle : L’anniversaire

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Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Un beau gros quarante ans tout rond, tout dodu et en santé. Le fameux nombre maudit que toute femme redoute au plus haut point. Pas moi. Enfin, je ne le crois pas. Est-ce que ça me tombera dessus comme une tonne de brique dans quelques jours ? Peut-être, qui sait.

Il fait soleil et il fait chaud (c’est généralement pluvieux et frisquet en cette date mémorable) ; pourquoi broierais-je du noir, comme une veuve tissant son propre linceul ? Assise sur le divan au salon, je fais semblant de lire. Pourquoi cette supercherie, me demanderez-vous ? C’est que j’espionne mon tendre époux. Il gambade comme un petit garçon en installant les décorations pour mon anniversaire. Il veut que tout soit parfait pour cette journée importante pour moi, pour la visite qui prendra la peine de faire quelques heures de route pour venir fêter avec nous dans notre coin de paradis perdu. « Paradis » est peut-être un bien grand mot. Disons donc seulement « coin perdu » pour les besoins de la cause.

Habituellement, les couples qui sont ensemble depuis plusieurs années ne font pas de cas des anniversaires. On ne décore plus, pas même d’une petite banderole « bonne fête », et l’on ne se donne plus de cadeaux. On est toujours déçu de toute façon, l’autre ne nous connaissant pas assez. Plus assez. On se concentre sur les enfants et les petits-enfants, se disant que c’est eux notre vie maintenant. Pour mon mari et moi, c’est différent. On aime donner, mais on ne fait pas de fausse modestie : on est également heureux de recevoir. On a de la difficulté à se retenir pour s’offrir nos cadeaux le jour de la fête ; on en garde toujours un ou deux à ouvrir la veille de l’évènement. De vrais gamins !

C’est ça les gens sans enfants. On ne devient jamais adulte. Il nous manque une variable, celle pour laquelle nous sommes censés exister : la progéniture. Ce n’est pas ma perspective personnelle, vous savez. J’ai discuté avec d’autres couples sans fondement, sans but. Comme nous, ils ont des animaux au lieu d’enfants (on a tout de même un instinct à assouvir !). Nous avons le syndrome de l’imposteur. On s’en va vivre en appartement, puis on achète une maison. On a beau avoir un travail, une vie sociale, rien n’y fait. On joue un rôle : celui de l’adulte. On se sent comme lorsqu’on était petit et qu’on jouait au père et à la mère. Que ce soit à trente, quarante ou cinquante ans, notre évolution n’a pas suivi son cours normal, on se sent toujours imposteur. Emberlificoteur. Trompeur. Nous avons sauté une étape cruciale dans notre développement : celui de créer la vie et d’en prendre soin.

On sait très bien qu’on est adulte et qu’on vieillit (on n’est pas idiot tout de même !). Toutefois, c’est facile de l’oublier. On constate le triste résultat des années sur notre gâteau d’anniversaire et sur les cartes. Cet inconfort ne dure qu’une journée ou deux puis on oublie, on met tout ça de côté. Avec un peu de chance, on a assez bien entretenu la peau de notre visage afin que les traces du temps ne soient pas trop apparentes. C’est ce qu’on espère en tout cas. On ne regarde pas trop de photographies du passé dit « récent », celui qui ne date pas de notre enfance ou adolescence. On tourne ainsi un œil aveugle vers cette preuve indéniable qu’on ne vit pas dans une réalité alternative où notre existence se serait arrêtée lorsque nous avons pris la décision de ne pas devenir adultes, de ne pas faire notre devoir d’humain.

Vous trouvez que j’y vais fort ? Pas vraiment. On nous a déjà déclaré que notre vie en tant que couple n’avait pas de but, pas d’objectif. Que nous ne servions à rien, quoi. On dit souvent que la vérité sort de la bouche des enfants ; c’était le cas cette fois-là également. Ce n’était pas méchant, seulement une constatation platement exprimée. Les ridules ne sont donc pas trop au rendez-vous, les fils gris s’étant emparés de notre chevelure sont simples à cacher : un petit dix dollars à la pharmacie et on oublie ce désagrément toutes les quatre ou cinq semaines. Camouflage. Comme par magie, on redevient jeune. De toute façon, ne dit-on pas ces jours-ci que le gris est le nouveau blond ? Pour les jeunes peut-être ; sur nous, ça fait juste « vieux ». On s’examine, on se laisse pousser la frange pour cacher cette vilaine ride transversale et hop, on est presque neuf ! On se maquille plus soigneusement les yeux afin d’attirer le regard des autres sur les portes de notre âme au lieu du cadrage défraichi. Comme le disait si bien Dalida : « J’ai mis de l’ordre à mes cheveux, un peu plus de noir sur mes yeux ». Avec ça, on oublie facilement qu’on a le double de l’âge que notre cœur ressent.

Ce n’est pas que les femmes avec enfants soient moins jolies que les autres. Au contraire. Elles suivent les vagues du temps, et subissent parfois les affres des vents violents du large. Elles vieillissent avec leurs enfants, elles suivent le mouvement du monde. Pour chaque nouvelle année ou nouveau centimètre que gagne la prunelle de leurs yeux, leur raison d’exister, une petite ride de joie ou d’inquiétude décore leurs visages, comme une médaille. Chaque souci, chaque tracas que leur précieuse progéniture leur fait vivre est comme un petit morceau de cœur qui s’envole au loin, au gré du vent. Chacune des peines que le fruit de leurs entrailles subit leur enlève une parcelle de vie. Elles sont comme le cuir de qualité d’un manteau bien taillé : la couleur ternie, la surface se craque, mais la douceur est toujours au rendez-vous, la beauté de la peau qui a rempli sa fonction avec brio : protéger.

J’observe d’un œil mon mari passer à côté de moi, un sourire espiègle sur le visage, et je ne peux m’empêcher d’éclater de rire. Ah oui, c’est vrai : aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Il s’éloigne et mon regard s’envole vers l’extérieur, vers le soleil du printemps qui verdit la pelouse jaunie par un hiver rigoureux. Mon sourire s’efface lentement. Je revois ma mère assise dans son fauteuil, un verre de vin rouge à la main et une cigarette entre les doigts. Elle vient de passer le cap de la quarantaine et elle chante avec Ginette, les yeux brillants et un trémolo dans la voix : « … et si mon miroir se ride, s’il se fend d’un lent suicide, c’est pour dire, pour crier en mille éclats de voix, que j’ai encore la moitié de ma vie devant moi… ». Elle ne le savait pas, mais il lui restait à peine vingt ans. Deux décennies à souffrir pour les autres… à cause des autres. Vingt années à mourir à petit feu à essayer d’absorber les peines et les déceptions de ses enfants, de sa famille.

Lorsque je pense aux dernières années, je dois avouer qu’elles sont passées comme l’éclair. Je sais, c’est cliché… qu’importe. Je m’imagine l’existence d’une mère qui, en plus de sa propre réalité et des saloperies que la vie ne manquera pas lui jeter à la figure pour lui signifier que les années s’accumulent, doit en plus avoir comme témoin silencieux des êtres provenant de son corps, de sa chair. Ils grandissent, vieillissent, ont eux-mêmes des enfants. Cette femme accomplie n’est pas pour autant malheureuse ou jalouse de celle qui n’a pas exécuté sa fonction humaine, de celle qui ne se sent pas adulte. Pas plus que cette éternelle jeune femme dans l’âme n’envie l’accomplissement de l’autre. La plupart du temps en tout cas. Quand on ne lui rappelle pas que son existence est futile.

Combien d’années me reste-t-il ? J’ai un sentiment d’éternité qui vit en moi ; il provient très certainement de cette impression de jeunesse perpétuelle de l’humain qui n’est jamais devenu vraiment adulte. Nous sommes des Peter Pan. Non, c’est faux, Pan avait également la jeunesse du cœur. Nous sommes plutôt des Dorian Gray : nous avons signé un pacte avec les ténèbres afin de survivre à l’attaque du temps. Nous agissons comme si nous étions immortels, mais, au fond de nous, la vérité nous hante. Un jour, nous ne pourrons plus nous observer dans la glace sans fendiller notre miroir. Je crains le moment de lucidité où je me regarderai pour enfin apercevoir celle que je suis devenue. J’ai parfois peur de me réveiller de ma torpeur et de réaliser que les rides se sont installées, que le cœur s’est fatigué, et ce, sans l’aide d’un enfant pour m’user. Je crois que c’est encore pire de constater tout ce ravage à un point éloigné dans le temps au lieu de l’avoir subi petit à petit, sans m’en rendre compte, en vieillissant avec mes enfants.

— Ils sont arrivés !

Je regarde ma douce moitié s’élancer vers la porte et je ferme mon livre, que je ne lisais pas de toute façon ; je préférais me morfonde un jour de fête. Je remets un sourire sur mes lèvres et me lève pour accueillir mes invités. Dans deux jours tout au plus, j’oublierai ces sombres pensées. Je redeviendrai Dorian Gray… jusqu’au moment où la vie poignardera pour moi la toile de mon tableau maudit.

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Le livre qui s’écoute

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Lorsqu’on pense « livre audio », notre esprit bifurque immédiatement vers les personnes possédant une défaillance visuelle partielle ou totale. La réalité est tout autre… et bien plus excitante !

Comme on le dirait au Québec, je mets la charrue avant les bœufs : vous vous demandez certainement quelle est la raison de mon intérêt soudain pour le livre audio. Sachez que j’y pense depuis quelque temps, plus précisément depuis une discussion sur l’avenir du livre que j’ai eu avec Pierre Corbeil au Salon Boréal. Comme si le destin pouvait lire dans mes pensées, Audible m’a contacté il y a quelques semaines avec une offre des plus intéressante : un contrat de dix ans pour la production en studio (avec narrateurs professionnels) et la distribution de mes cinq livres ; je n’aurai rien à débourser du tout (au contraire même !). Vous retrouverez donc mes livres en version audio d’ici les douze prochains mois (une grande main d’applaudissements !).

Revenons donc à nos moutons et au tout nouveau monde s’offrant à nous, gens d’une aire moderne qui roule à cent kilomètres-heure :

Selon la revue Forbes, l’avenir des gens pressés et des adeptes du multitâche passe par le livre audio. Ce que j’entends très souvent comme excuse pour ne pas lire est « je n’ai pas le temps », « j’ai mal aux yeux » ou « je m’endors lorsque je lis ». Pour plusieurs, c’est la raison principale pour laquelle ils préfèrent écouter de la musique pour relaxer. Ils peuvent se fermer les yeux, et voilà ! Ou bien, ils peuvent effectuer leurs tâches quotidiennes simultanément. On peut donc dire que les gens considèrent souvent la lecture comme un luxe qu’ils ne peuvent pas se permettre, par manque de temps ou par fatigue. C’est donc là que le livre audio fait sont entrées fracassantes dans une nouvelle routine de vie : voyager de la maison au boulot, travailler sur la route, faire du jardinage, la cuisine, le repassage, passer la tondeuse, courir sur le tapis roulant ou pédaler sur le vélo stationnaire (et bien plus !) tout en écoutant son livre. Un article que j’ai lu (et dont j’ai malheureusement égaré le lien) spécifie d’ailleurs que le livre audio s’apprécie encore plus lorsque, justement, on effectue une tâche plutôt inintéressante, comme plier du linge ou couper des légumes.

Un des plus gros joueurs du marché est bien sûr Audible, une filiale d’Amazon et le distributeur exclusif de livres électroniques sur Amazon et iTunes. Si vous avez un compte Amazon où vous effectuez vos achats, vous n’avez même pas besoin de créer un nouveau compte.

Sur les plateformes Française et Américaine d’Audible, l’offre actuelle est un essai gratuit d’un mois (ce qui donne droit à un livre audio totalement gratuit). Ensuite, sans obligation, vous pouvez décider de vous abonner afin d’avoir droit à un livre gratuit par mois, pour un montant mensuel fixe. De plus, cette offre vient avec un rabais additionnel de 30 % si vous décidez d’acheter d’autres bouquins durant le mois en cours. Compte tenu du taux de change actuel, la plateforme européenne reste plus avantageuse pour les audiolecteurs Canadiens (environ 15 $ CA sur la plateforme européenne au lieu de 20 $ CA sur le site de nos voisins du Sud). Notez que c’est une question de choix, la même sélection étant offerte aux deux endroits. Je vous invite d’ailleurs à aller écouter un extrait (de cinq à dix minutes) ; vous allez apprécier l’expérience !

« Et le livre québécois dans tout ça », me direz-vous. Bon, comme d’habitude, le Québec est un peu en arrière côté technologie. Ma recherche (non exhaustive, je l’avoue) ne m’a pas permis de trouver de livre natif d’un auteur du Québec. On ne sait jamais : je serai peut-être l’une des premières !

Même si je ne suis pas une des auteures indépendantes les plus populaires de la francophonie mondiale (je l’avoue sans dénigrement), je me considère tout de même comme une pionnière dans ce que j’estime être l’avenir de la littérature : des ouvrages de qualité publiés par les auteurs eux-mêmes (et qui leur ressemble), des livres en version électronique qui se lisent sur tout type d’appareil, allant de l’ordinateur traditionnel à la tablette en passant par la liseuse électronique et le cellulaire et, finalement, de la littérature qui s’écoute en tout temps à notre plus grand plaisir.

Nous vivons à une époque extraordinaire où tout est à la portée de notre main et dont la technologie s’adapte à notre train de vie personnel.

Je vais peut-être changer mon slogan pour « Authenticité. Indépendance. Avant-gardisme. » Qu’en dites-vous ?

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : Un sac

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Synopsis

Oserez-vous regarder dans le sac ?

En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale.

Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l’insu du reste du monde, l’éducation de la petite Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, elle n »imagine pas encore le monstre qu’elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement.

Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d’importance ?

Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle.

Critique de l’œuvre

Je dois dire que je ne connais pas du tout cette auteure, et que c’est une amie qui m’a incitée à la lire. Je n’ai été attirée ni par la grosse mention « Prix spécial du jury 2015 » ni par les dithyrambiques commentaires (remarquez que certaines rétroactions sont plutôt assassines sur la plateforme française d’Amazon). C’est la couverture (j’en parlerai un peu plus bas dans la section « médium ») qui a attiré mon regard, et aussi, étonnamment, les commentaires négatifs.

Je commençai donc ma lecture en me disant qu’une récompense « française » voulait certainement dire ennuyeux, soporifique, voire une auteure qui s’écoute parler pour avoir l’air intelligente et cultivée (je sais, je suis pleine de ce genre de préjugés). Je l’avoue humblement, j’avais tort sur tous les tableaux. Difficile de vous parler des moments forts, de ce qui nous pousse à continuer notre lecture comme si notre vie en dépendait (ou presque) sans dévoiler aucune des intrigues. Ce livre comporte deux types de sections, ce qui garde le suspense actif : les « interludes » qui nous exposent, par brides et à la troisième personne, une nuit dans la vie d’une mystérieuse femme et de son sac (que contient-il ? Il faut lire jusqu’au bout pour le savoir !), puis il y a les chapitres, écrits à la première personne, qui nous font pénétrer dans l’esprit plutôt lucide, bien que parfois troublé et glauque, d’une jeune femme qui nous dévoile sa vie et son âme, sans aucune retenue.

Texte parfois violent qui nous amène toujours vers un chemin que nous n’attendions pas. Pour savourer cette histoire à la fois touchante et dure, il faut prendre son temps, ne pas lire à la « va vite ». Il faut savourer les mots et leur mode d’expression. En effet, les phrases sont parfois longues… très longues. Ce qui nous sauve d’une lecture pénible — qui ressemblerait davantage à une tâche équivalente à prendre connaissance d’un rapport sur le réchauffement climatique au lieu d’un plaisir certain — est la maitrise quasi parfaite des virgules par l’auteure. Sans cette distinction, il serait facile de s’emmêler les pinceaux dans une phrase qui a une longueur équivalente à un paragraphe. Au contraire, on embrasse le rythme des pensées de notre personnage et on l’accompagne dans son périple vers… vers quoi au juste ? Disons la réalisation qu’il n’y en aura jamais de facile pour elle et que, dans la vie, il faut suivre le courant avec lucidité et transparence en espérant que le satané destin jouera en notre faveur de temps à autre ; il faut prendre à la figure ce qu’il nous lance en gardant la tête et les épaules droites, sans plier.

L’auteure ne nous pousse pas vers une petite morale facile, comme quoi la pauvre môme n’est pas coupable de ses actes, que c’est la vie qui lui a balancé ces ordures aux visages, etc. Non. Le personnage est transparent avec nous, parfois trop même ; on aurait envie de lui dire d’arrêter, de ne pas souiller notre image de la fillette faible et sans ressource par l’aveu que ses actes étaient les siens, que ce fut consciemment ou durant un épisode de conflit intérieur. On voudrait la prendre dans nos bras pour la bercer… tout en s’assurant qu’il n’y a aucun objet tranchant ou contondant à sa portée et que, bien sûr, elle ignore où nous vivons.

Médium

Comme je l’ai mentionné plus haut, c’est la couverture, toute simple et sans flafla, monochrome, si ce n’était pas de la mention spéciale qui dérange l’œil, qui m’a attiré en premier. Une petite fille innocente qui marche sur un chemin sans fin, dans la pénombre, ayant pour seule lumière ce qui semble être l’éclairage de la lune. Mystérieux, intrigant. Un titre simple et court qui ne veut rien (et tout) dire : « Un sac » (qui aurait éclaté écrit en rouge sang au lieu du noir). Je comprends cependant que l’auteure soit fière de mentionner le prix qu’elle a reçu, qui est tout de même notable dans le monde de l’édition électronique. Il va de soi que j’ai lu le format électronique Kindle. Les fichiers sont bien montés, les chapitres correctement définis. Notez que le livre est également offert en format papier sur Amazon. De plus, en ce qui concerne ce dernier format, vous n’aurez aucuns frais de livraison advenant le cas où votre achat total atteindrait 25 $.

Verdict

En bref, j’ai adoré, et je suis même triste que ma lecture soit terminée. L’auteure nous expose un personnage troublé comme je les aime sans tomber sans un sentimentaliste qui serait facile, voire déplacé, dans les circonstances. Un personnage nuancé entre l’amour et la haine, qu’elle éprouve, envers elle-même et son entourage, et qu’on ressent pour elle en retour. Si c’était une histoire vécue, on ne pourrait pas avoir un plus grand dévoilement de l’âme, une mise à nue si complète. Je ne crois pas qu’on pourrait même être aussi honnête envers soi-même dans des conditions semblables. La fin nous permet de projeter l’histoire dans le temps, et ainsi imaginer la suite du chaotique destin d’Anna.

Quelques points de vente

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    • Livrel* : 2,99 €
    • Papier : Environ 11,59 €
  • Gratuit avec abonnement KindleUnlimited

* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique Littéraire : Fallait pas l’inviter / Fallait pas craquer

Critique littéraire - Fallait pas l'inviter

Synopsis

Fallait pas l’inviter :

Agathe, jeune trentenaire au caractère bien trempé, célibataire (apparemment) assumée, en a plus qu’assez des allusions de ses parents sur son statut de supposée “vieille fille”. Lors d’une grande réunion familiale en vue de préparer le mariage de son frère Philippe, quand la sempiternelle question tombe une nouvelle fois : “Viendras-tu accompagnée ?” la réponse fuse comme une balle : oui, elle sera accompagnée ! De son fiancé, Bertrand, jeune publicitaire en vogue doté de toutes les qualités du monde !

Seul problème : pour le moment, le beau Bertrand n’existe que dans son imagination. Il va donc falloir lui donner vie, et par tous les moyens ! Défi relevé aussitôt par une Agathe déterminée, qui n’a que quelques jours devant elle pour que la réalité colle à la fiction. Dès lors, elle va se retrouver emportée dans une folle histoire aux répercussions aussi insoupçonnables qu’imprévisibles. Pour le meilleur… et pour le pire !

Fallait pas craquer :

Retrouvez la suite des aventures d’Agathe, entourée de sa famille haute en couleur, de ses amis Sylvie et Tibor, toujours aussi décalés, et de quelques nouveaux venus pour le moins surprenants…

 » Après le désastreux épisode du mariage de mon frère, je pensais réintégrer mon petit quotidien bien tranquille (et un peu morne, pour ne rien vous cacher…), tout en essayant de me rabibocher tant bien que mal avec ma famille… » […]

Critique de l’œuvre

Comme la dernière fois, je me suis fait avoir au jeu. Je m’étais pourtant promis de ne lire que le premier livre, soit « Fallait pas l’inviter ». Eh bien non, je n’ai pas pu résister à acheter « Fallait par craquer ».

C’est un livre indéniablement « Français » : expressions et références. Toutefois, il est écrit de façon fluide et les dialogues sont crédibles, c’est comme si on y était. On se laisse embarquer par le mouvement de la vie houleuse du personnage. Personnellement, j’ai adopté dans ma tête une voix de Française pétasse, et je me suis follement amusée ! Bien que l’auteur spécifie que les deux livres peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre, je ne crois pas qu’on puisse réellement apprécier le volume 2, « Fallait pas craquer », à sa juste valeur sans avoir au préalable lu le volume 1. Aussi, le deuxième commence exactement où le premier se termine, je vous suggère donc d’acheter les deux volets et de les lire comme un livre unique. De toute façon, après avoir savouré le premier, vous voudrez lire le second tome, et ce, à votre corps défendant (j’en suis la preuve !).

J’ai savouré le premier comme un bonbon fondant qui coule dans la bouche et je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire à haute voix, avec des figures de style comme :

« Il pose sa main sur ma cuisse et je pousse un cri strident, comme le jour où j’ai découvert une énorme araignée velue qui courait sur mon édredon. »

« Il est tout rouge, les yeux à deux doigts de l’expulsion orbitale et sa mèche, traditionnellement rangée à l’horizontale, s’en vient battre dans un mouvement anarchique la base de son nez. Il me fait penser à un chien enfermé dans une voiture et qui aboie sur tous les passants en maculant les vitres de bave. »

« Quant à la principale accusée, après avoir imité durant une poignée de secondes le brochet agonisant dans une épuisette […] »

Avouez que l’image est là !

Un mariage de rêve qui tourne à la débandade et à l’anarchie ; un disc-jockey dépressif qui pleure en écoutant Le bal masqué de la Compagnie Créole… c’est succulent ! J’ai adorée Agathe, qui est humaine et qui ne s’en fait pas croire. Elle est imparfaite, elle le sait et elle emmerde tout le monde.

Ce personnage et le type d’histoire ne sont pas sans rappeler le style « Le journal de Bridget Jones ». D’ailleurs, pour moi, Agathe est une Bridget Française. Ses déboires amoureux, ses plans qui ne tiennent pas la route, ses questionnements constants au lieu de simplement profiter du moment présent.

Le tome 2 s’étend sur une année complète au lieu de se confiner à un seul évènement, comme c’était le cas dans le tome 1. Bien que j’aie adoré les deux volumes, j’ai un faible pour le premier qui se passe durant une seule journée. Le rythme est plus rapide et l’auteur ne nous laisse pas une minute de répit.

Médium

Comment résister à ces savoureuses couvertures plutôt inusitées (mais qui veulent tout dire) ? Dès le départ, le ton est lancé. Il va de soi que j’ai lu le format électronique Kindle. Les fichiers étaient bien montés, les chapitres correctement définis. Je suis toujours pointilleuse sur la question des chapitres, car j’aime savoir combien de temps il me reste pour finir mon chapitre (je déteste arrêter en plein milieu, car il est temps de retourner au boulot). Notez que les deux livres sont également offerts en format papier. De plus, en ce qui concerne ce dernier format, vous n’aurez aucuns frais de livraison si vous achetez les deux volumes (voilà, vous n’avez plus aucune excuse les amis !).

Verdict

Que ces histoires aient été écrites par un homme me renverse (il doit bien connaitre les femmes… enfin, certains types de femmes !). Si vous voulez vous détendre et profiter d’une bonne sangria et du soleil en savourant un livre drôle et léger, je vous suggère très fortement ces deux livres. Ce sont, à mon avis, des œuvres d’été allant de pair avec l’insouciance de cette saison et notre envie de nous laisser aller à lire quelque chose de rafraichissant.

Quelques points de vente

« Fallait pas l’inviter » — 212 pages :

  • Amazon.ca
    • Ebook (environ 4 $)
    • Papier (environ 14 $)
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    • Ebook (2,99 €)
    • Papier (9,50 €)
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« Fallait pas craquer » — 272 pages :

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    • Ebook (environ 4 $)
    • Papier (environ 15 $)
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    • Ebook (2,99 €)
    • Papier (environ 11 €)
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* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire — Prix de la nouvelle Radio-Canada 2016

Critique - Lauréats prix de la nouvelle

Source: ici.radio-canada.ca

Je sais, je suis un peu en retard avec cet article puisque les gagnants ont été dévoilés au mois d’avril. Vaux mieux tard que jamais, non ? Je voulais également prendre la peine de tout relire avec un œil nouveau. Voici donc mon opinion sur les textes en lice.

Je t’écrirai dans l’air de Johanne Alice Côté (gagnante)

Trop poétique et cahoteux à mon gout. À mon avis, elle aurait dû mettre l’accent sur ce qui se passe dans la tête du personnage (une femme qui fait le deuil de son enfant décédé) au lieu de pointer de petits détails sans importance. C’était pourtant bien parti. Le fond est bon, mais un peu trop ésotérique pour rien et, surtout, sur des points dont on n’a rien à cirer. Comme beaucoup le savent, je n’ai pas l’âme poétique ; ce texte est peut-être un chef-d’œuvre que j’ignore. Je m’étais dit que j’aurais avantage à relire consciencieusement, à tête reposée. Ce que j’ai fait plusieurs semaines plus tard. Malheureusement, même résultat. Trois étoiles.

Séparation de corps de Mathieu Blais (finaliste)

Déjà, un homme qui se met dans le corps et l’âme meurtrie d’une femme, j’aime bien. Le texte, les mots et la forme sont simples, parfois brusques, mais je crois que c’était nécessaire dans cette histoire. La violence conjugale d’une longue relation explorée en quelques minutes arrachées à la peur de le voir revenir avant qu’elle n’ait pu partir. On sent la détresse de cette femme meurtrie, pure et sans flafla, et nous avons juste envie de la prendre dans nos bras pour la réconforter. Cinq étoiles.

Tout le monde tout le temps par Victor-Olivier Hamel-Morasse (finaliste)

Une étrange histoire de science-fiction et qui se passe au Québec. Cette nouvelle se démarque par le fait qu’elle nous amène dans un futur où l’environnement a foutu le camp. Le langage utilisé est très simple et minimaliste, mais il nous permet d’entrer dans l’esprit d’une personne qui, au fond, n’en sait pas plus que nous. Le personnage se promène dans une ville qui jadis (notre présent) était vivante et électrique et qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. C’est l’histoire de quelqu’un qui est perdu, autant dans son esprit que dans le monde qui l’entoure. Quatre étoiles.

Long-courrier de Laurent Duval (finaliste)

Encore un homme qui utilise un personnage féminin et qui réussit à nous le faire croire. Ce qui semble de prime abord être une petite histoire d’amour se transforme rapidement en suspense qui nous fait nous tenir au bord de notre chaise. Un rythme rapide très bien maitrisé. Je serais curieuse de lire une version plus longue pour en avoir encore plus. Une chute en queue de poisson comme je l’aime. Cinq étoiles.

L’anguille de Brigitte Trudel (finaliste)

Un texte bien québécois écrit avec simplicité, mais avec une habileté certaine. J’ai beaucoup aimé le parallélisme entre l’histoire toute bonasse de l’anguille et la séparation sous-entendue des parents des deux fillettes. Un texte doux qui montre bien que les enfants, même si nous croyons être subtiles dans nos propos, comprennent toujours plus que l’on croit. Quatre étoiles.

CONCLUSION

J’aurais aimé lire l’histoire de Polly-Lee Moore (l’une des vingt finalistes), car je suis presque certaine que c’est une des ingénieures avec laquelle j’ai travaillé à la fin des années 90. À dire vrai, j’aurais aimé lire tous les textes pour voir lesquels auraient mérité, d’après moi, bien sûr, d’être l’un des cinq finalistes du concours « Prix de la nouvelle » 2016. Mais bon, avoir une vitrine est l’un des privilèges des gagnants, non ?

Pour ma part, j’ai déjà écrit un premier jet pour le prochain Prix de la nouvelle (septembre 2016) et le Prix du récit (janvier 2017). Des histoires remplies de bonheur et totalement positives (c’est ironique au cas où vous ne l’auriez pas encore compris !). Le syndrome de la page blanche… qu’est-ce que c’est ?

Je vous laisse vous faire votre opinion en ce qui concerne les histoires des derniers finalistes.

Bonne lecture !

 

Critique littéraire : La Baie des morts / Orisha Song

Critique littéraire - La Baie des morts

Synopsis

La Baie des morts :

Cruden Bay, 1012 : Olderik meurt, trahi par les siens.

Mille ans plus tard, Irma et Adriel, journalistes dans une émission TV sur les phénomènes paranormaux, débarquent dans la petite ville du nord de l’Ecosse pour élucider les phénomènes étranges: un petit garçon est hanté par le fantôme d’une petite fille, Betty, et par l’esprit d’un Viking. . Ils ont quinze jours pour faire une émission et élucider bien des mystères.

Car Cruden Bay, c’est la Baie des morts, autrefois le lieu d’une terrible bataille entre Viking et Écossais, c’est aussi là qu’un avion s’est crashé, il y a trente ans, faisant des victimes parmi les enfants du village.

Betty, le petit spectre qui cherche sa peluche, est-il l’un d’eux?

Entre poltergeist et disparitions, Yggdrasil et légendes vikings, personne ne sortira indemne de cet étrange voyage.

Orisha Song :

Humberto de Campos. Brésil. Ici, il n’y a rien que la poussière et la misère.

Rosa, grande Prêtresse Candomblé, rêve de noms, de personnes qui meurent toutes de manière un peu étrange quelques jours plus tard. Des morts stupides, dignes des Darwin’s Awards, pense le Commissaire Felix.

Mais à Humberto de Campos, on croit que Rosa est responsable. Les menaces fusent. Adriel et Irma vont étudier ces cas un par un, aidé d’un vieil original, Gabrielo.

Ils apprennent l’existence d’une autre liste : celle d’enfants disparus, qui pourrait bien être en rapport avec la première.

Mais rien n’est vraiment comme il paraît…

D’un mort à l’autre, d’une liste à l’autre, tout se mélange entre rituels, trafic d’humains et meurtres. Nos deux journalistes vont enquêter jusqu’au fin fond d’une vérité sordide.

Critique de l’œuvre

Comme annoncé il y a quelques mois, je n’avais prévu que de lire « La Baie des morts ». Toutefois, une fois cet excellent roman terminé, je n’ai pu m’empêcher de m’emparer de « Orisha Song », Cqui était encore tout chaud, fraichement pondu. Ne croyez pas que je sois vendue parce que je connais bien l’auteure ; j’ai bien dit lors de l’annonce de mes critiques littéraires à venir que je serais sans pitié, et sans pitié je serai. J’ai attaqué ces deux livres en me sermonnant d’être sévère et impartial.

Ceci étant dit, je me suis fait avoir… que voulez-vous que je vous dise ? Je suis tombée en amour avec Adriel et Irma, les personnages principaux de cette série hors du commun. J’ai été accroché par le rythme dynamique et décousu de ces deux histoires. Entre les chapitres principaux, des petits bouts, quelques lignes, parfois quelques pages, qui semblent sortis de nulle part. Cependant, en tant qu’auteure, je savais très bien que ces petites parenthèses m’emmèneraient quelque part et que tout aurait alors un sens (je l’espérais en tout cas !). Cette façon de présenter une histoire est une manière intéressante d’insérer un volet suspense, méthode très peu utilisée par les auteurs dits « édités ». C’est normal : ils ont peur de faire tache, de sortir du lot. C’est ce que j’aime d’Azel Bury ; elle s’en contrefiche. Elle écrit des histoires qu’elle aimerait elle-même lire. Elle écrit avec passion. Avec ferveur. Ce qui aide également à rendre le récit vivant et non monotone est le fait que l’histoire nous est contée parfois d’un point de vue d’Adriel, parfois celui d’Irma ou de la perspective d’une tierce partie.

Ces deux livres m’ont sortie des sentiers battus, et m’ont trimbalée vers un dénouement auquel je ne m’attendais pas du tout. C’est ça que j’attends d’une bonne histoire. Entre autres, « Orisha song » m’a tellement tenu en haleine que j’en suis presque tombée de ma chaise à force de me tenir au bout de l’assise, prête à bondir et à sauter à pieds joints dans l’histoire !

À la lecture de ces livres, il est évident que l’auteure ne s’est pas « contentée » d’écrire et de se dire : « et puis voilà, merci, bonsoir » ; Azel Bury a effectué des recherches exhaustives sur le folklore, les lieux géographiques, les mœurs et les langues parlées. On en est dépaysé, d’abord dans une ville froide et grise de l’Écosse, puis dans un patelin chaud (très !) et humide du Brésil. Dans ces livres, il n’y a pas de détails inutiles ; vous n’y trouverez pas cinq pages pour décrire la teinte exacte du ciel, ou bien le nombre de brins d’herbe que contient la pelouse. L’information qui s’y trouve est nécessaire, soit à l’histoire directe ou bien à la compréhension des personnages. C’est rapide et dynamique ; c’est un sprint et non pas un marathon. Une touche de surnaturel, à peine. Du suspense, à plein.

Un fait que j’ai noté, pour la seule et bonne raison que j’ai lu les deux tomes coup sur coup : l’évolution de l’auteure du point de vue de son écriture. On voit bien à la lecture de « Orisha song » que Bury a produit autre chose entretemps, qu’elle a peaufiné son style. L’émotion de ses personnages est mieux exprimée, l’histoire est plus fluide. Je ne me serais probablement aperçu de rien si plusieurs mois avaient séparé mes deux lectures, mais là, j’ai bien vu où était rendu Azel Bury et j’ai aimé. Beaucoup.

Bien que vous puissiez lire en désordre les deux premiers tomes de la série « Adriel et Irma », vous manquerez à mon avis certaines informations sur l’état émotif et psychologique des personnages si vous ne lisez pas « La Baie des morts » en premier. De toute façon, une fois « Orisha song » lut, vous voudrez absolument lire l’autre ; aussi bien le faire dans le bon ordre, que diable !

Médium

J’ai bien sûr lu le format électronique Kindle. Les fichiers étaient, sommes toutes, bien montés, les chapitres correctement définis (les « chants » dans le cas de « Orisha song ».). On pardonne quelques coquilles, qui n’entravent en rien notre plaisir de la lecture (j’ai bien dit que j’aurais des yeux de lynx, hein !). Notez que les deux livres sont également offerts en format papier (voilà, vous n’avez plus aucune excuse les amis !).

Verdict

Si vous avez envie de virtuellement voyager et de vous aventurer en terrain inconnu, je vous suggère fortement ces deux livres, qui vous garderont accrochés jusqu’à la fin. Pour ma part, je trépigne d’impatience en attendant « Rush », le prochain tome de la série « Adriel et Irma ».

Quelques points de vente

« La Baie des morts » — 274 pages :

« Orisha song » — 258 pages :

  • Amazon.ca
    • Kindle (environ 3,99 $)
    • Papier (environ 21 $)
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