Nouvelle – Elle… un soir de décembre

Nouvelle - Elle... un soir de décembre

Elle caresse de la main le vieux gilet de laine qu’elle a enfilé machinalement. Celui de son mari. Il l’avait encore revêtu hier soir et son odeur flotte toujours, entremêlée amoureusement aux fibres ; une odeur musquée d’Old Spice. Il le porte toujours comme un talisman contre les mauvaises journées, contre la froideur humide de l’hiver. Il le portait. Couleur pers, comme ses yeux. Ce soir, elle a malheureusement le droit d’en réclamer l’utilisation, pour apaiser sa propre peine. Comme si c’était possible. Un droit d’usage aujourd’hui, demain et tous les jours horribles qui suivront. Une forme informe. Le chandail flotte sur son corps frêle, comme un étendard s’enroulant autour de sa hampe par grands vents. Ou plutôt, comme un linceul. Elle lève sa main droite pour essuyer une larme, mais elle arrête son geste à quelques centimètres de sa joue. Pourquoi tenter de cacher sa peine ? Est-ce si grave que le vide soit témoin de sa douleur ? Son regard s’arrête sur le petit accroc bordant l’ourlet de la manche. D’un doigt tout d’abord distrait, elle joue délicatement avec le minuscule trou. Ce n’est presque rien. L’avoir vu avant, elle l’aurait reprisé, non ? Sa propre négligence ? Elle ne voit maintenant qu’un immense gouffre béant et devient soudain hypnotisée, obsédée ; comme si cet accroc détenait les secrets de l’univers. À l’aide de son index et de son pouce, elle tire légèrement sur le bout de fibre qui dépasse, comme si défaire les mailles pourrait également effacer les dernières heures, réduire à néant ce moment horrible. Le bout de laine résiste à la torture de ses doigts et un sanglot lui échappe.

Son cœur veut sortir de sa poitrine. La douleur est physique, viscérale. Si elle pouvait mourir foudroyée, ce serait si simple. Juste là, et tout de suite. Libération. Ainsi, debout au milieu de la cuisine, elle ne sait plus quoi faire. Elle est atterrée comme un enfant lors de son premier jour d’école, qui se retrouve là, abandonné au milieu de la grande cour clôturée de grillages. On lui a enlevé ses balises, ses plans, son futur. Elle est un voilier au mat cassé au milieu d’une tempête. Que fait-on quand on vous a arraché le cœur, lorsqu’on vous l’a brutalement extrait avec des paroles ? Que fait-on de ces mots assassins qui vous hanteront jusqu’à la fin de vos jours ?

« Nous avons le regret de vous annoncer… carambolage monstre… plusieurs victimes… décédé… votre mari est décédé… »

L’ange annonciateur à la voix triste et désolé retournera à sa femme et à ses enfants ce soir, il les embrassera certainement un peu plus fort, mais sans plus. Sa sale mission est terminée, il a délivré son message de malheur. L’ange de la mort. Demain, ils ne seront devenus qu’une autre statistique routière. Un cas parmi tant d’autres. Presque banal.

Dans un état second, elle se dirige vers le petit cellier se trouvant dans le coin de la pièce et s’y penche avec une difficulté inhabituelle. Elle est soudain devenue très vieille. Elle veut attraper une des bouteilles du haut. Les bonnes. Pas celles de la semaine, non ; pas ce soir. Elle choisit celle qu’il avait sélectionné avec soin pour leur petit réveillon d’amoureux… dans seulement six jours. Comment choisira-t-elle son vin maintenant, sans lui ? Elle se bat contre le bouchon de liège, et une nouvelle larme lui échappe. Elle laisse la goutte d’eau de mer rouler librement sur sa joue. Que le vide aille se faire voir après tout. Ses mains tremblent et des gouttelettes de vin rouge tombent de sa coupe sur le comptoir ; le sang qui s’échappe de la blessure béante qu’elle a la poitrine, là où son cœur fut brutalement extrait. Elle regarde le devant de son gilet ; non, rien n’y parait. Et pourtant… la douleur est si vive.

Elle embrasse du regard ce qui l’entoure, comme si elle voyait tout pour la première — ou la dernière – fois. L’avenir ne sera plus le même. Rien ne sera plus pareil. Par-delà la fenêtre du séjour, elle regarde les flocons, un à un. Ils ressemblent à de petites boules de coton, dodues et moelleuses. Lorsqu’elle était petite par temps semblable, elle se couchait dans la neige pour faire l’ange. Vole, vole. Elle ouvrait bien grand la bouche pour avaler ces éphémères et majestueuses œuvres d’art miniatures. Uniques. Elle ferme les yeux et sent presque la caresse froide des flocons tombant sur son nez, sur sa joue. Béatitude. Innocence. De regret, elle ouvre les yeux. Un peu plus loin, elle aperçoit leurs cadeaux. Il y a quelques jours, ça avait été le joyeux rituel : un bon verre de vin, de la musique de Noël, qui jouerait à répétition durant tout le temps des fêtes, et comme des enfants, chacun dans leur pièce respective, ils se cachaient pour envelopper leurs cadeaux. Fous rires. Joie. Moments d’éternité.

Elle prend une gorgée ; le vin est bouchonné. Il n’est plus bon sans lui. Tout a perdu sa saveur. Aujourd’hui, c’est la première fois de tout. La première fois qu’il ne pigera pas son cadeau journalier dans le bas de Noël. Oui ; nous étions de vrais enfants. Et puis il y aura la première fois qu’elle ira se coucher seule en sachant très bien qu’elle ne se réveillera pas à ses côtés. Plus jamais. Le premier réveil, le premier déjeuner, la première journée sans sa présence. Ne plus avoir de but. Vivre comme un automate. Elle regarde les paquets scintillants ; elle caresse le papier festif du bout des doigts. Il n’ouvrira jamais son nouveau jeu vidéo, son nouvel ensemble de tournevis, sa boite de chocolats préférés ; noir intense, coulant dans la gorge. Soudainement, ses jambes ne la supportent plus ; elle s’effondre au plancher en hurlant son désespoir, ses entrailles, son âme. Sa coupe se renverse, se brise. À l’instar de sa vie, de son avenir. Tout devient noir.

Près de deux heures se sont écoulées depuis que l’ange de la mort est passé. Parties où ? Elle se le demande. Ses deux chattes sont enlacées sur le divan, dormant du sommeil du juste. Elle les regarde avec un doux sourire avant de prendre un air perplexe, confus. C’est étrange, puisqu’elles ne peuvent se supporter, au point où elles vivent dans des pièces séparées. La magie des fêtes ? Non, ça n’existe pas. Il est trop tôt de toute façon pour un miracle. Encore six jours. Le souvenir des soixante dernières minutes — trois-mille-six-cents secondes — remonte à la surface, comme une graisse néfaste et nauséabonde. C’est elle qui s’en est occupée, sans même s’en rendre compte. Elle regarde sa main droite et y voit le sac en plastique bariolé de salive ; elle ouvre les doigts et le laisse voler au sol. Elle ne pouvait pas laisser ses filles, comme elle les nommait si affectueusement, seules pour on ne sait combien de jours. Probablement jusqu’à Noël, où les membres de leurs familles se demanderaient bien où ils étaient passés… peut-être, s’ils avaient le temps de s’y arrêter. Elles n’ont pas souffert. Enfin… elle ne le croit pas. Elles sont désormais unies pour toujours. Fini leurs discordes. Elles sont paisibles. Elle se met à genoux devant le divan et dépose son visage sur les fourrures encore chaudes, les bras entourant la masse gris pâle d’un côté, noir de geai de l’autre. Le Ying et le Yang. Les effluves se mélangent ; la sienne, à elle, à lui et à elles. Une dernière caresse familiale.

Elle tourne la tête sur le côté, l’oreille sur les poitrines silencieuses, et plonge à nouveau son regard dans la nuit enneigée. Les lumières multicolores reflètent les couleurs de l’arc-en-ciel sur la neige blanche. Des voitures passent. Comment la Terre peut-elle encore tourner quand son monde s’effondre ? Sommes-nous donc si peu ? Un simple grain de sable sur une plage infinie, chauffée par les doux rayons du soleil. La mer léchant le rivage. Il aime la voile. Aimait. Lui a-t-elle coupé tous ses vents avec son pied non marin ? Elle espère ne pas l’avoir rendu malheureux, une amertume qui aurait eu raison d’eux. Pourquoi y songer maintenant de toute façon… le temps s’est figé. Les « j’aurais dû » n’ont plus leur place. Ils sont morts, tout comme lui.

Enivrée, elle retourne au présent… et aux présents. Les ouvrir sans sa présence serait un sacrilège. Sauf un, quel a deviné. Pour sa dernière soirée, elle hésitait à porter le magnifique déshabillé en satin qu’il lui a offert il y a de nombreuses années et qu’elle n’a pratiquement jamais porté… comme un triste hommage. Troc factice. Artificiel. Pourquoi pas une tenue qui représenterait mieux qui elle est en réalité ? Était. Avant tout ça. Elle manipule l’un des paquets ; probablement un pyjama. Elle devrait le porter au moins une fois, pour lui faire plaisir. Il la regarde peut-être de là-haut. Du doigt, elle perce le papier. Trop tard pour reculer maintenant. Elle l’ouvre les mains tremblantes. Polar bleu poudre avec de petits chatons. Elle enlève ses vêtements, là, au milieu du salon, devant la fenêtre dont les rideaux sont ouverts. Quelle importance ? Elle passe ses mains sur sa nouvelle tenue d’apparat, soyeuse et douce. Il la connait bien. Connaissait bien.

Dans la salle de bain, l’eau est déjà prête. Elle ne se rappelle pourtant pas s’être fait couler un bain. Peu importe. La vapeur embrume le miroir, ce qui va de pair avec son esprit. Puisqu’elle a le choix, elle préfère vivre les derniers moments que les premiers, c’est moins long, moins répétitif… moins nombreux. Mise en scène féérique. Souffle de vie s’échappant en volutes. Rivières rouges. Son gilet de laine est déposé sur le rebord du bain, bleu vert… pers comme ses yeux ; elle passe son doigt dans le trou de l’ourlet ; elle lui tient la main. Elle lui parle. C’est le réveillon. Ils rient. Font des projets. Elle est si fatiguée. Elle ferme les yeux.

Elle n’entendra jamais la sonnerie du téléphone. Les mots tant désirés : « erreur d’identification… mauvais portefeuille… confusion… blessé… mais vivant ». Couché dans son lit d’hôpital, heureux d’être en vie, il n’aura pas le plaisir de la voir entrer, inquiète, mais rayonnante de bonheur. Soulagée. Ils ne riront pas plus tard de ce dramatique quiproquo, lorsqu’ils auront les cheveux gris et le dos vouté. Non. À la place, il contemplera le visage d’un agent à l’air désolé. L’ange de la mort. Il entendra à son tour les mots : « … regret de vous annoncer ». Vies détruites par distraction, par la bêtise humaine… par une erreur lourde de conséquences. Existences anéanties par manque d’espoir.

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Nouvelle : Le royaume désenchanté

Nouvelle - Le royaume désenchanté

Le tout commença par une idée simple, un objectif réaliste : être populaire, être aimée. Je me rappelle l’instant exact où je pris la décision de changer les choses. Assez, c’est assez. J’avais acheté une revue pour jeune fille, que je feuilletais en me demandant pourquoi je n’étais pas comme elles. Je lisais des revues parlant de meurtriers en série célèbres, des médecins maudits du troisième Reich, des phénomènes paranormaux. Il devait y avoir quelque chose qui clochait avec moi. Assurément. Je décidai alors de faire une petite liste toute simple, sans savoir que ce simple geste m’amènerait au bord du gouffre, dans une contrée inconnue que j’aurais mieux fait de ne jamais découvrir :

Maigrir

Me maquiller

Mettre des bijoux

Une liste rudimentaire. Inoffensive. C’était aussi banal que d’écrire « pain, lait, beurre » sur un vulgaire morceau de papier avant d’aller à l’épicerie. C’est toujours stimulant de biffer un objectif atteint. C’est plus concret que de se faire croire que nous n’avons jamais eu l’idée en premier lieu. Les paroles et les pensées s’envolent, les écrits restent. Je n’étais cependant pas motivée par ces jeunes filles de magazines. Elles n’étaient que de vulgaires mannequins en deux dimensions, imprimés sur du papier glacé. Irréelles. Non, je voulais être comme les autres étudiantes de ma polyvalente, ces reines incontestables qui étaient aimées et adulées par leurs chevaliers servants chargés à la testostérone, admirées par leurs envieux sujets féminins et craintes par les parias du royaume, dont je faisais partie. J’étais Cendrillon, malmenée par ses immondes demi-sœurs, qui ne voulaient qu’avoir la chance d’être la reine du bal et de rencontrer son prince charmant.

Je décidai donc de me concentrer sur le premier objectif : mon poids. Il me suffisait de faire attention, et le vilain petit canard se transformerait en cygne majestueux. Je ne serais plus invectivée, frappée, ou bien rejetée. Je deviendrais également une souveraine. Je commençai donc à faire une autre liste… c’est rassurant et concret une liste :

10 ml de margarine légère : 35 calories

1 tranche de pain blanc : 60 calories

1 pomme : 150 calories

Je commençai à préparer mes propres repas, à peser et quantifier ma nourriture. La cuillère à mesurer et la balance alimentaire étaient devenues mes sujets, mes amies. Elles m’aideraient à passer du statut de servante à celui de reine. Je commençai à voir des résultats et, au lieu de passer aux autres items de ma liste initiale, je décidai de les agglomérer au premier point, qui allait si bien.

1 sachet de bouillon : 10 calories

1 branche de cèleri : 1 calorie

1 feuille de salade : 2 calories

J’avais maintenant le contrôle absolu sur mon corps, mais je perdais celui sur ma tête. Je glissai lentement vers l’obsession, pas seulement envers la nourriture, qui était devenue mon ennemie jurée, mais envers tout ce qui m’entourait, comme le ménage, les horaires, la routine. Moi, qui avais toujours aimé apprendre, je négligeais mes cours pour planifier mes repas et compter les calories. Je séchai même quelques après-midis de classe pour aller à la chasse aux produits faibles en gras. Mon activité favorite était devenue la revue des allées des différentes épiceries du quartier. J’étais devenu un fantôme arpentant un château gigantesque et découvrant toujours de nouvelles pièces à hanter.

Café, thé : 0 calorie

Pour mon plus grand malheur, je ne m’étais pas transformée en jeune fille populaire. J’étais devenue transparente. Pourquoi mon stratagème ne fonctionnait-il pas? L’obsession augmenta tandis que la dépression s’installa. Mon cœur ralentit dramatiquement, ma pression chuta et les évanouissements commencèrent. Un billet du médecin me permit d’abandonner mes cours d’éducation physique. Je commençai à mettre des gilets de laine et de gros bas de coton sous mes pantalons afin de tenter de me réchauffer en pleine canicule estivale. J’étais frigorifiée jusqu’aux os.

J’avais maintenant un tout nouveau titre de noblesse : anorexie. Maintenant, plus de vingt ans plus tard, les gens osent parfois porter un jugement sur cette maladie, et rejettent du revers de la main mes commentaires sur le sujet. La plupart ne savent pas, ne seront jamais. Paix à leur âme. Moi, je sais, je l’ai connu, je l’ai vaincu. Veni vedi veci… ou presque. Je me rappelle une scène du documentaire « La peau et les os ». Une des jeunes filles, son fragile cerveau monopolisé à compter les calories, ne se rend pas compte qu’elle mange un morceau de peau de poulet rôti par erreur. La terreur s’installe lorsqu’elle réalise son faux pas. Je sais ce qu’elle ressent, je l’ai vécu mainte fois. Personne ne peut comprendre le sentiment de panique totale de ce moment affreux du film. Moi, je le peux. J’ai vécu les crises d’angoisse et de larmes en regardant une salade verte. Le souffle se coupe, l’estomac se serre, les mains tremblent… la terreur est totale. Cela ne m’est plus arrivé depuis fort longtemps, mais la bête est là, aux aguets dans un coin de mon cerveau, attendant l’occasion de se montrer le bout du nez. Je suis ma pire ennemie. Lorsque j’ai revu cette fameuse scène du reportage plusieurs années plus tard, j’ai eu la même réaction que la première fois : « Non! », ai-je envie de crier à l’héroïne sur le point d’avaler un poison mortelle, comme Blanche-Neige mordant à belles dents dans la pomme offerte par la méchante reine. La jeune fille du reportage ne s’endort toutefois pas tout doucement en attendant le baiser du prince charmant… elle va vomir dans les toilettes, complètement terrorisée. La vie est rarement un conte de fées.

Je pourrais dire que l’amour et l’envie d’être normale m’ont en quelque sorte sauvée. Sortir de ce royaume maudit que fut la polyvalente fut également un facteur non négligeable. Cependant, peu importe où j’allais, je n’étais jamais populaire. J’avais fait tout ça pour rien. Ma santé physique était hypothéquée à jamais, mon équilibre mental était juché précairement sur la routine du quotidien et un sentiment d’échec perpétuel s’installa, perché comme une cerise sur le sundae de ce désastre semblable à du cyanure : inodore, incolore, mortel. Le désir de me faire aimer de mes pairs augmenta au même rythme que les revers relationnels. Les montagnes russes émotionnelles continuèrent et je tentai de me faire accepter à tout prix : le gym, les 5 à 7, les discothèques, les beuveries, et les parties privées qui tournent presque à la débauche.

Près de dix ans passèrent. Un jour, sans ne plus vraiment l’attendre, je rencontrai à nouveau l’amour, le vrai cette fois. Celui qui m’apprendrait qu’il ne sert à rien de chercher à tout prix à devenir quelqu’un que je ne suis pas : une femme sociable acceptée de tous. Je fus toujours une solitaire, quelqu’un qui prend plaisir à regarder des films et lire des livres. Je n’ai pas besoin d’avoir une vie extraordinaire : il y a des personnages sur pellicule et sur le papier qui sont des substituts suffisants. La rage et le sentiment d’échec étaient cependant toujours présents malgré tout ce que je possédais. Je voyais le verre à moitié vide au lieu de le voir à moitié plein.

La solution à nos problèmes arrive rarement au moment où l’on en a besoin. On a beau se tenir debout, les bras en croix, en criant « Viens, je t’attends! », rien n’y fait. Le salut fait en général son apparition avec grand fracas, comme un éléphant entrant en trombe dans un magasin de porcelaine. Pour moi, le tout s’est matérialisé sous forme d’inspiration durant un de mes nombreux voyages solitaires en voiture. Une histoire s’imposa à moi, et je décidai de m’y atteler sans attendre. Cela devint une obsession, mais une à laquelle il était inutile de tenter de résister. J’avais des choses à dire, et surtout, des sentiments à exprimer. Je pris trois ans à coucher sur papier un roman de science-fiction qui me permit de réaliser que j’étais capable de mener un projet positif à bien. Pas besoin de psychologues ou de médicaments lorsqu’on a la chance d’écrire. Bien que mes histoires soient fictives, mes personnages portent tous une petite partie de mes stigmates en eux : la peine, la rage, le désespoir, la vengeance, la violence… mais aussi l’amour et l’espoir. Je sais par expérience que je peux réussir ce que j’entreprends, j’ai toutefois payé cher cet apprentissage.

J’avoue en toute honnêteté que les médias sociaux m’ont permis de prendre une douce et méchante revanche : certaines de ces reines du passé ont perdu leur couronne en cours de route et sont tombées de leur trône royal. Elles vivent maintenant dans les bas-fonds de leur fief, léchant leurs plaies comme des chiens galeux. Je prends parfois un malin plaisir à lire leurs déboires et à en rire intérieurement. Ce n’est pas empathique, c’est même bas. Très bas. Je ne suis pas parfaite. Je n’ai jamais dit que je l’étais d’ailleurs. C’est tout simplement la vie au sein du royaume désenchanté qu’est le nôtre.

La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : La maison de poupées

Critique littéraire - La maison de poupées

Synopsis

 Voici 19 nouvelles courtes, certaines déjà publiées ici ou là sur Internet, primées ou inédites, qui vous mèneront de portes en portes, de fenêtre en culs-de-sac, dans tous les recoins de cette maison de poupées.

Vous pouvez entrer.

Critique de l’œuvre

Ce livre est un recueil de nouvelles qui vous divertira à coup sûr, peu importe votre état d’esprit du moment. Pour ce livre, j’ai tenté une expérience différente. Imaginez un feu de camp durant une fraîche soirée d’automne. La seule lueur : celle de ma liseuse. Chose que je n’avais jamais faite avant : lire des histoires à voix haute à une autre personne, dans le cas présent à mon mari, qui est littéralement tombé en amour avec Azel Bury (j’en suis d’ailleurs un peu jalouse !). Du suspense, du fantastique, de l’horreur (à peine), de la romance (toujours un peu humoristique) et même carrément de l’humour. Une chose est certaine, on ne s’ennuie pas du tout avec ce livre.

Médium

J’ai bien sûr acheté le format électronique (Kindle). Le texte est bien monté, et nous avons la possibilité de connaitre notre avancée de lecture pour chacun des textes et non pas seulement pour la totalité du livre. Comme vous le savez peut-être, j’aime bien cette fonctionnalité afin de décider si je commence un autre texte/chapitre ou bien si j’attends d’avoir plus de temps pour m’y consacrer entièrement (je déteste laisser une lecture en plein milieu, dans un moment critique !). L’image de la couverture représente principalement une seule nouvelle, soit, vous l’aurez deviné, « La maison de poupées ». La couverture et le quatrième de couverture (pour la version papier) sont d’ailleurs magnifiques et nous donnent l’envie d’acheter le bouquin à coup sûr.

Verdict

Un livre que je recommande à tous, principalement à ceux qui n’aiment pas les longues histoires qui n’en finissent plus. Azel sait nous tenir en haleine du début à la fin. Ses personnages sont vrais, imparfaits et l’on apprend vite à les connaitre, ce qui n’est pas facile avec une histoire courte où on laisse très peu de place aux descriptions pour nous plonger directement dans l’histoire.

Je vous invite à visiter le site web d’Azel Bury où vous trouverez l’information concernant toutes ses œuvres (car il est certain que vous aurez encore envie de tâter du Bury une fois votre lecture terminée).

 Quelques points de vente

  • Amazon.ca
    • Livrel* : 3,99 $
    • Papier : environ 25$
  • Amazon.fr
    • Livrel* : 0,99 € (rabais d’octobre)
    • Papier : 12,00 €

Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire – Prix du récit Radio-Canada 2017

Critique - Lauréats prix de la nouvelle

Source: ici.radio-canada.ca

Cette année, je dois avouer que le niveau littéraire se maintenait pour tous les participants : aucun des heureux élus dont le texte est tellement étrange qu’on se demande ce qui est passé par la tête des juges de le choisir. Textes bien écrits, sans flafla inutile pour avoir l’air unique et intello. Particularité cette année : les textes concernent presque tous soit une autre culture ou bien sont à saveur étrangère. Tous de bons récits, mais je suis bien heureuse du choix de la grande gagnante.

Je vous invite à cliquer sur le titre de chaque histoire pour aller lire le texte complet.

Deux villages (Sarah Walou) – Gagnante

Un texte émouvant d’une jeune femme dont le cœur et l’âme balancent entre deux origines. On entend son cri : « Où est ma place ? Qui suis-je ? », mais nous n’avons, malheureusement, aucune réponse pour elle. Pour ce texte, il faut passer par-dessus notre opinion personnelle sur les tensions entre les Québécois et les musulmans pour tenter de comprendre un autre point de vue. Un texte qui fait réfléchir et qui ne nous laisse pas indifférents.

L’Ogre (Christine Gonthier)

En lisant ce texte, j’ai compris sa peur de parler anglais, de répondre à une simple question qu’on n’est pas certain d’avoir compris au fond. J’ai vécu ce phénomène lorsque j’ai obtenu mon premier emploi en Ontario et, ensuite, dans le cabinet d’avocats où je travaille présentement. Cette impression d’être une enfant devant un ogre, d’être minuscule (d’être prise pour une idiote, quoi !), je la connais très bien. Un texte qui nous amène au cœur d’une femme aux racines variées qui se cherche une identité. Elle ne sait pas encore que ces quelques secondes à rester plantée devant un ascenseur qui n’arrive pas assez rapidement, avec un homme lui posant une question à laquelle elle aimerait bien éviter de répondre — car n’est même pas certaine de ce qu’il veut dire ! —, sera la prémisse à quelque chose de plus grand. On ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez !

 

Chronique d’une odyssée enfantine (Thérèse Yelle)

Tout simplement touchant. Un clin d’œil à l’enfance que nous laissons derrière, le plus souvent à notre grand regret. Le temps d’un moment, nous y sommes, là où l’auteure le veut : un après-midi ensoleillé dans une contrée lointaine, à un moment où il n’y a aucun souci. Ce texte me rappelle « Anne of Green Gables » de Lucy-Maude Montgomery ainsi que la chanson « Berceuse pour adulte » de Lynda Lemay : « Depuis qu’on a vieilli, qu’on est plus fille et garçon, on aime bien se rappeler qu’on a vaincu les dragons ». Ce texte nous ramène à nos souvenirs, nos propres escapades, dont la seule limite était notre imagination. Le genre d’histoire qui nous rend nostalgiques, un léger sourire de regret sur les lèvres.

Au bar de l’hôtel, l’autre voyageur (Joan Sénéchal)

Je ne comprends pas trop le but de ce texte, à part nous faire partager la rencontre pompeusement inutile de l’auteur avec un égocentrique imbu de lui-même. C’est tout de même bien écrit, la rythmique est au rendez-vous, mais le but est nébuleux… c’est probablement ce que les juges ont aimé d’ailleurs. Un texte, même basé sur un événement vécu, doit avoir une raison d’être, une sorte de morale à la fin, une phrase qui mène à l’introspection ou bien une clôture quelconque, qu’elle soit drôle ou sérieuse. Si l’auteur avait terminé avec une réflexion de son propre cru sur l’énergumène en question, ça aurait pu changer mon opinion sur la totalité du texte.

Porcelaine inuite (Mathieu Vincelette)

Le but est sommes toutes atteint : nous faire découvrir la gastronomie d’une contrée éloignée et très peu connue de notre pays. Toutefois, ce texte aurait plus eu sa place dans un blogue ou dans un article traitant de la nourriture et du tourisme. Pour un concours ? Je ne suis pas certaine que c’est sa place. J’ai toutefois probablement tout faux puisqu’il fut choisi dans les cinq finalistes.

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Audible CANADA ouvre enfin ses portes!

le-livre-qui-secoute

GRANDE NOUVELLE (roulement de tambours !) : Nous avons maintenant un Audible au Canada, en français et en anglais, où vous pouvez retrouver mes cinq livres :

https://www.audible.ca/

Vous y retrouverez un très grand nombre de titres écrits par des Québécois et des Canadiens francophones et lus par des Québécois et des Canadiens francophones. Le site est encore en phase de réorganisation, mais c’est un grand pas dans la bonne direction puisque nous ne sommes plus obligés de choisir entre le site américain et le site de France. Nous avons maintenant le nôtre. Voici un article intéressant sur le sujet : http://www.newswire.ca/fr/news-releases/audible-offre-le-meilleur-contenu-oral-qui-soit-au-canada-644147953.html

Je suis également fière de vous annoncer que je suis en première page dans les catégories « Nouveauté – Romans policiers et thrillers », ainsi que dans « Nouveauté – Science-fiction et fantasy » :

Première page - DivagationsPremière page - Causalité paradoxale

Je croise les doigts pour que le Québec et le Canada francophone se prennent d’engouement pour ce qui est de la lecture audio. Après avoir écouté « Doux souvenirs au temps de Duplessis » et « Point de rupture », je peux dire que je commence à aimer le principe, surtout lorsque j’ai envie de lire, mais que j’ai trop mal aux yeux. J’ai bien hâte d’écouter « Causalité paradoxale, Cover up 101 et Divagations ». Les extraits m’ont donné l’eau à la bouche.

Bonne lecture… ou plutôt, BONNE ÉCOUTE !

P.S. J’aurai sous peu des codes promotionnels disponibles en échange d’un commentaire sur Audible (si vous avez aimé le livre… dans le cas contraire, vous pouvez vous abstenir !). Veuillez noter qu’il n’est pas nécessaire de vous abonner pour télécharger un livre gratuitement avec un code promo. Il vous suffit de soit vous connecter avec les membres identifiants que votre compte Amazon soit ouvrir un compte sur Audible sans aucune obligation de votre part.

Critique Littéraire : Âmes en sursis

Critique littéraire - Âmes en sursis

Synopsis

Quel est ce souffle sur votre nuque, la caresse du vent, le frisson laissé par un cauchemar ou tout simplement un soupir de l’au-delà ?

Laissez-vous emporter à travers ces six nouvelles sur le chemin des sentiments ou de l’étrange…

Critique de l’œuvre

Ce livre est un recueil de nouvelles qui réchauffe nos cœurs. Une lecture d’été pour une pause entre deux séances de jardinage, une sangria à nos côtés, ou bien un coconnage en règle durant une froide matinée d’hiver, une tisane bien chaude à la main. Je dirais une lecture légère, si ce n’est que certains pourraient mal interpréter ce propos, car les textes sont remplis d’émotions profondes, mais notre lecture se fait facilement, sans s’empêtrer avec de grands mots qui font savants, mais qui coupent le rythme inutilement. Le titre est tout indiqué puisque les textes sont tous englobés d’une aura de surnaturel (j’hésite à adopter la terminologie de « fantastique », trop souvent rattachée à la fantaisie). J’ai lu ce recueil à un moment où j’avais lu plusieurs romans policiers, et ce fut un éclat de douceur entre deux lectures sombres. Les personnages nous touchent et l’on ne peut s’empêcher de s’y attacher. J’ai vu ce livre comme un espoir qu’il ne faut jamais lancer la serviette, même dans la mort.

Médium

J’ai bien sûr acheté le format électronique (Kindle). Le texte est bien monté, et nous avons la possibilité de connaitre notre avancée de lecture pour chacun des textes et non pas seulement pour la totalité du livre. Comme vous le savez peut-être, j’aime bien cette fonctionnalité afin de décider si je commence un autre texte/chapitre ou bien si j’attends d’avoir plus de temps pour m’y consacrer entièrement (je déteste laisser une lecture en plein milieu, dans un moment critique !). L’image de la couverture est très à propos avec un escalier en pierres qui monte vers on ne sait où sinon vers un mystérieux flou lumineux. J’adore les chemins qui se perdent à l’horizon, les ponts qui nous laissent présager une traversée vers l’aventure et les escaliers qui nous amènent vers l’inconnu. Une couverture prometteuse et sobre qui n’en reste pas moins accrocheuse.

Verdict

Un livre que je recommande à tous, principalement à ceux qui n’aiment pas les longues histoires qui n’en finissent plus avec un langage surélaboré ne servant qu’à démontrer que l’auteur sait se servir d’un dictionnaire. Ce n’est pas la première fois que je lis un Laurence Lopez Hodiesne, une dame de Nice qui écrit toutefois dans un français international, sans inclure de régionalisme à n’en plus finir. Une belle plume simple (et non pas simpliste, loin de là !), qui nous permet de nous consacrer à cent pour cent sur le texte lui-même et non pas sur des mots grandioses ne servant qu’à impressionner et volant ainsi la vedette à l’histoire.

Je vous invite à visiter le site web de Laurence ou vous trouverez l’information concernant toutes ses œuvres, quelques nouvelles gratuites, et bien plus.

Quelques points de vente

  • Amazon.ca
    • Livrel* : 1,40 $
  • Amazon.fr
    • Livrel* : 0,99 €
  • Gratuit sur Amazon avec abonnement KindleUnlimited

Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Deux titres offerts en audio!

Deux titres offerts en audio

Je suis très heureuse de vous annoncer que « Point de rupture (Tome 1 – Dualités meurtrières) » et « Doux souvenirs au temps de Duplessis » sont maintenant offerts en format audio sur Audible.com et Audible.fr.

La voix du narrateur (acteur et chanteur) Jean Brassard vous ensorcèlera certainement! Une voix chaude et profonde qui vous fera apprécier ce nouveau mode de « lecture ». Vous pouvez également écouter un extrait d’environ quatre minutes totalement gratuitement. Il suffit de cliquer sur le lien « Écouter un extrait » (ou bien « Sample » si vous êtes sur le site américain) qui se trouve sous l’image du livre.

« Pourquoi donc écouter un livre? » vous demandez-vous certainement. Je vous invite à lire l’article que j’ai publié à ce sujet il y a quelque temps, Le livre qui s’écoute. Peut-être aurez-vous alors l’envie de tenter l’expérience?

Si l’envie vous dit de faire le saut vers l’audio, notez que j’ai quelques codes promotionnels à offrir, ce qui vous permettra de télécharger le livre gratuitement. Je ne vous demande que deux petites choses en retour : une critique du livre sur le site d’Audible ou bien d’Amazon (compagnie affiliée), et d’en faire mention sur un de vos médias sociaux.

Je vous rappelle que les auteurs autoédités n’ont pas les moyens des grandes maisons d’édition et que c’est le bouche-à-oreille qui nous permet de nous faire connaitre à travers le monde. Un petit commentaire ne prendra que quelques secondes de votre temps, mais ce sera suffisant pour possiblement faire une grande différence pour un auteur.

Merci à l’avance pour votre appui et votre aide à faire connaitre ce nouveau mode de « lecture »!

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Le portail au mille et une vies

cropped-1-image-du-blog-full-non-utilisc3a9e.jpg

J’ai vécu mille et une existences : je fus une aventurière amoureuse en 1542, la propriétaire d’une richissime plantation dans le sud des États-Unis et, au contraire, une défenderesse des droits de la personne chez les Yankees du Nord au temps de la guerre de Sécession. J’ai tué de sang-froid, par obligation ou bien par pur plaisir. Je me suis fait assassiner, avec passion ou hargne. J’ai vécu avec les loups-garous et les vampires, j’ai passé cinquante ans de ma vie sur des terres magiques en compagnie des dragons. J’ai nagé avec des dauphins, fait du parachute, de l’escalade dans les Alpes. J’ai vécu dans une caverne à l’époque où le feu fut découvert par l’homo sapiens. J’ai connu la guerre et la faim, la richesse et les joies, la vie et la mort. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai été portée à la réflexion et mon cœur a battu au rythme de l’adrénaline. Pour l’instant toutefois, je suis une jeune femme rêveuse qui habite à l’Île-du-Prince-Édouard et une putain Montréalaise.

Où ai-je vécu tout ça ? Dans les livres. Je possède un énorme coffre bleu bordé de laiton, comme c’était en vogue il y a plusieurs dizaines d’années. Je ne les ai pas comptés, mais il doit facilement contenir une centaine de livres, si ce n’est pas plus. Je le traine comme un coffre de l’espérance depuis bien des années. Ces précieux bouquins sont enfermés dans le noir et l’humidité, en attente d’une nouvelle vie, que j’ai finalement décidé de leur offrir. J’ai commencé, quelques livres à la fois, à déposer mes précieux bouquins, témoins d’une vie d’aventure, dans des boites à livres privées (les bibliothèques étant trop snob pour accepter des livres en charité). Ça m’a pris du temps à me décider : tant de souvenirs y sont rattachés. J’ai pris la décision de ne pas les relire avant, presque à mon corps défendant. À quoi bon retourner dans le passé de toute façon ? Il y a tellement d’autres existences, d’autres aventures à vivre ! Je n’ai pas besoin de ces reliques — qui seront mieux ailleurs où elles pourront à nouveau procurer du plaisir au lieu de moisir dans une cave — pour me souvenir des heures de complicités que j’ai passées avec ma mère, assises côte à côte au salon, à la table de cuisine du chalet ou sur la galerie, à nous absorber dans la vie des autres. Les souvenirs sont dans notre esprit et notre cœur, et non pas dans les objets inanimés qui peuplent notre existence.

Certains disent qu’il y a trop d’auteurs, que tout le monde écrit. Il y en a effectivement beaucoup, mais JAMAIS trop. Ceux qui pensent ainsi sont incapables d’accepter de s’aventurer en terrain inconnu ; il retourne toujours aux mêmes routines. Des auteurs, il y en a pour tous les gouts, et il y a autant de gouts qu’il y a d’humains. La jeune fille romantique que j’étais n’est plus ; j’ai besoin d’autres choses maintenant, de suspense, de violence, de vérité. Parfois, je retourne vers des types d’histoires qui sont différents de mes préférences habituelles ; c’est une chance que les livres sont maintenant à la portée d’un simple clic de souris, par des auteurs tout aussi différents les uns des autres. Découvrir un nouvel auteur, un style, qui se démarque des autres, c’est comme découvrir une nouvelle contrée.

Maintenant, j’ai l’immense privilège de faire partie de ces artistes de l’esprit, de ceux qui nous font vivre des choses extraordinaires par les mots. J’ai rejoint les rangs des porteurs de rêves et de l’imagination, et j’en suis fière (malgré mon succès mitigé). J’aurais aimé que ma mère en soit témoin… mais je n’aurai probablement jamais écrit mon premier livre sans son départ de ma vie. Souvent, un événement en amène un autre. Comme le dirait Anne Shirley (série « Anne » de Lucy Maud Montgomery) :

« There is another bend in the road after this. No one know what will happen. »

(Il y a un autre virage sur la route après celui-ci. Personne ne sait ce qui arrivera ensuite.)

Dernièrement, j’ai acheté quelques livres papier, et j’en ai profité pour expérimenter un peu. Pourquoi le papier, vous demandez-vous, puisque je suis une fervente défenderesse de la lecture moderne ? Tout simplement parce qu’on m’a offert des cartes cadeaux de librairies. Je ne suis pas retombée en amour avec ce format : encombrant, écriture trop petite et lignes collées ; ça manque de souplesse, d’aération. « Chasse le naturel, revient au galop »… je suis tentée malgré moi de trouver un petit coin pour exposer tous ces bouquins. Je me retiens : j’ai lu, j’ai vu, j’ai vaincu… je peux maintenant donner au suivant.

Lorsque votre vie est morne, sans saveur, il suffit de se plonger dans un livre, peu importe le format, pour se voir transporter ailleurs et oublier tous nos soucis. Après, de toute façon, ils paraissent souvent presque qu’insignifiants. Je plains ceux qui ne savent pas savourer ce plaisir ; ils se privent d’un divertissement précieux. Ne soyez pas avare de vos trésors, qui prennent la plupart du temps la poussière dans votre bibliothèque de toute façon, et faites découvrir votre passion aux autres : Donnez au suivant.

J’ai vécu mille et une vies… et il m’en reste tout autant à vivre !

Bon été et, surtout, bonne lecture !

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : Salamanca

Critique littéraire - Salamanca

Synopsis

Une ancienne route abandonnée, au cœur d’une inquiétante forêt…

Le seul murmure du vent pour rompre le silence et la solitude la plus absolue…

Une ville à la consonance étrange, perdue au milieu de nulle part…

Que feriez-vous si vous n’aviez aucun souvenir de la façon dont vous avez atterri en un tel endroit ?

Que feriez-vous si le seul choix qui se présentait à vous était de vous rendre dans cette petite ville isolée ?

Que feriez-vous si vous découvriez ce que cache réellement cette ville ? Ce qui s’y dissimule dans l’ombre ?

Seriez-vous alors capable de résister au déferlement de folie et de terreur ?

Et surtout, seriez-vous capable de faire face à l’effroyable vérité ?

Quels que soient les choix que vous serez amené à faire, prenez bien garde à ce qu’aucun d’entre eux ne vous mène à SALAMANCA…

Critique de l’œuvre

C’est une histoire à lire rapidement, c’est-à-dire à ne pas étirer sur plusieurs semaines. De toute façon, lorsque vous commencerez votre lecture, vous n’aurez plus envie de vous arrêter ! Pour apprécier « Salamanca », il faut s’absorber de l’atmosphère décrite par l’auteur, avec grande habileté d’ailleurs. Ce que j’ai particulièrement apprécié est de ne pas être privée de ce qui arrivait aux autres personnages tandis que les aventures de l’un nous étaient contées. Je vous explique : un chapitre traite, par exemple, des évènements survenus par deux des personnages, qui se terminent par leur décision d’aller frapper à la porte de leur compagnon d’infortune. Le chapitre suivant nous retourne en arrière de quelques heures, pour nous faire vivre la misérable aventure de ce même compagnon, chapitre qui se termine lui aussi avec les deux autres personnages qui frappent à sa porte. Si cela peut vous sembler redondant, laissez-moi vous dire que, au contraire, cette façon de procéder nous permet de ne rien rater de l’action des personnages et de nous plonger plus profondément dans l’histoire. Bien que le principe de l’histoire ne soit pas nouveau (des gens sont incapables de quitter une ville puisque, peu importe la route qu’ils empruntent, ils se retrouvent toujours au même croisement), le traitement des évènements ayant amené à ce mauvais sort est bien différent de ce que j’ai vu ou lu jusqu’à maintenant. La fin (en plusieurs chapitres) m’a surprise et ravie à la fois. C’est là que nous reconnaissons l’excellent travail d’un auteur autoédité : il n’a pas peur d’être différent et, par le fait même, de nous jeter en bas de notre chaise par la même occasion. La fin est en lien direct avec les évènements du début, d’où l’importance de ne pas prendre un mois pour lire le bouquin.

Médium

La couverture présentée en début d’article n’est pas celle qui illustrait le livre lors de mon achat. Bien qu’elle représente très bien un élément clé de l’histoire, là où tout commence, je dois avouer que je fus attirée par la couverture noire, montrant simplement un visage squelettique dans l’ombre portant un doigt à ses lèvres en un « chut » silencieux.  Toutefois, la couverture actuelle est probablement plus représentative de l’histoire. J’ai acheté le livrel* en format Kindle. J’aurais aimé pouvoir vérifier mon temps de lecture par chapitre, mais ce n’était malheureusement pas possible. Toutefois, je l’ai lu tellement rapidement que ce n’était pas vraiment applicable dans le cas présent de toute façon.

Verdict

Une histoire dans laquelle on se laisse facilement embarquer, et qui n’est pas sans rappeler les romans à la Stephen King. La fin consiste en quelques retours en arrière qui nous permettent de faire la lumière sur la raison pour laquelle ces gens furent « victimes » de la petite ville étrange de Salamanca. Si un livre me tient en haleine du début à la fin, c’est qu’il est réussi et c’est le cas avec « Salamanca » d’Alexis Arend.

Quelques points de vente

  • Amazon.ca
    • Livrel* : 5,55 $
  • Amazon.fr
    • Livrel* : 3,99 €
  • Gratuit sur Amazon avec abonnement KindleUnlimited

* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Nouvelle : Viande hachée

Viande hachée

**** AVERTISSEMENT : Langage pour public averti. Descriptions graphiques pouvant ne pas convenir aux cœurs sensibles. ****

Ces satanés trous de serrure… ils nous montrent ce qu’on veut bien y voir. J’y ai vu des trucs, mais ma grand-mère n’y apparemment rien aperçu. Un trou de serrure magique, sélectif. Plutôt de l’aveuglement. Qu’ai-je entraperçu, vous demandez-vous, à travers ce minuscule trou de métal brossé, encastré dans une vieille porte de la ferme de mes grands-parents ? Cette porte était pourtant identique aux autres, à la différence qu’elle portait la mention « Léa » écrite en rose sur une petite plaque de bois bordée de papillons en papier. Lorsque je repasse les films de ces visions volées à la nuit, ils ont la forme d’un triangle surmonté d’un cercle.

C’est le cri étouffé qui m’a réveillé. Était-ce simplement un hibou dans la nuit, les réminiscences d’un cauchemar dont je ne me souvenais déjà plus, les ronflements de mon grand-père ? Je l’entendis à nouveau. C’était peut-être Léa qui faisait un cauchemar ; elle en faisait beaucoup depuis la mort tragique de nos parents (comme si le mot « mort » n’allait pas toujours avec « tragique »… quel beau pléonasme). Je m’approchai à pas de loups, tentant de ne pas faire craquer les vieilles planches de la maison centenaire, et collai mon œil sur le trou sans clé (il n’y avait que le garde-manger qui en avait une, bien gardé dans la poche du tablier de mamie). C’était la pleine lune, et la lumière de l’astre illuminait la chambre par la fenêtre sans rideau. Elle avait la caresse de la lune et moi l’arrogance du soleil… j’aurais préféré le contraire afin de pouvoir faire la grasse matinée. Au fond, quelle en aurait été l’utilité puisqu’il avait les œufs à ramasser, les vaches à traire, les cochons à nourrir… mais je m’égare, je tente de retarder le moment de vous en parler, de me rappeler, de voir, encore et encore.

Donc, par la petite ouverture, j’entrevis tout d’abord la jambe de Léo, ensuite celle de mon grand-père. J’étais confus. Je tournai encore un peu la tête, tentant de comprendre ce que je voyais : papi était étendu sur Léa. Il lui tenait le visage enfoncé dans l’oreiller et il bougeait au-dessus d’elle. Je n’y ai bien sûr rien compris… À cinq ans, c’est normal. J’ai cru… je ne sais pas quoi exactement. Je courus réveiller ma grand-mère, pensant qu’elle pourrait les aider, peu importe quel était leur problème. Parce qu’il y avait assurément un problème quelque part. La nuit on dort, on ne joue pas à saute-mouton. Au pire, on les compte pour s’endormir, sans plus. Grand-mère regarda à son tour, et me dit, après un soupir par le nez : « retourne dans ta chambre Benoit. Oublis tout ça. ». J’ai compris… beaucoup plus tard. Grand-père était en train d’enculer vigoureusement Léa. Mille pardons ! Je vous choque par mes propos trop crus pour vos chastes oreilles ? Je pourrais, bien sûr, être plus diplomate et dire « sodomiser », mais lorsqu’un homme de soixante ans introduit son pénis de force dans le rectum de sa petite-fille de dix ans, c’est de l’enculage pur et simple, n’êtes-vous pas d’accord avec moi sur ce point ? Où en étais-je déjà ? Ah oui, le fameux soir. Je tentai bien d’interroger ma sœur sur le sujet le lendemain, mais elle éclata en sanglots en me disant de fermer ma grande gueule. Je fus choqué : elle ne m’avait jamais adressé la parole de cette façon. Je me retournai, la gorge serrée, et me promis de ne plus jamais mentionner quoi que ce soit. Je l’aimais trop pour qu’elle me haïsse en retour. Même lorsque je saisis enfin ce dont il avait été question, plusieurs années plus tard, les images en trou de serrure gravée à toujours sur ma rétine, je ne pipai mot. J’ai tenté d’oublier, comme elle semblait avait fait et, surtout, comme elle me l’avait ordonné. C’est si petit un trou de serrure, j’aurais pu mal voir… des dizaines de soirs. C’est à l’overdose fatale de Léa, qui se vendait comme une sale marchandise pour avoir sa dose qui lui ferait tout oublier pour quelques heures, que j’ouvris enfin les yeux.

Ce qui m’amène à mon dévouement des deux derniers mois à m’occuper de mes grands-parents sur leur ferme (presque vide d’animaux maintenant, la santé des octogénaires n’étant plus trop au rendez-vous). Je suis debout face à papi, une pince à linge sur le nez, en train de lui faire manger sa viande hachée. Pourquoi la pince ? C’est qu’il baigne dans ses excréments, son urine et son sang depuis quelques jours maintenant. Il ne peut pas aller aux toilettes puisqu’il est attaché, nu, sur une vieille chaise en bois au milieu de la cuisine. L’hygiène n’est plus au rendez-vous ; c’est ça la vieillesse, je suppose. Je le regarde vomir une autre portion de viande et, à l’aide d’une cuillère et de toute ma patience, je ramasse la substance sur son torse et son menton et la lui remets dans la bouche. Comme on le fait à un bébé de quelques mois. Si à la naissance on savait qu’on finirait notre vie comme on l’a commencée, merdeux et baveux, on ne perdrait peut-être pas tant de temps à apprendre à se mettre propre. Il n’est pas question que le vieux gaspille le repas que je lui ai préparé de mes blanches mains. Mes grands-parents détestaient le gaspillage de nourriture lorsqu’on était enfant, au point de m’avoir laissé poireauter à la table de la cuisine, du souper jusqu’au déjeuner le lendemain matin, devant des rognons répugnants. Maman avait une cuisine raffinée… mais un accident de la route nous a parachutés chez nos aïeuls. Si au moins papa s’était pas fait sauter la cervelle par désespoir. Pfiou ! Mélancolie, quand tu me tiens.

Où en étais-je ? Ah oui : Grand-père étant déjà à moitié gaga, j’ai commencé par grand-maman. Il faut punir les enfants qui ont été méchants, non ? J’ai donc pris une cuillère — eh oui, la même que celle que je tiens actuellement à la main — et je lui ai lentement insérée au-dessus de l’œil en pressant jusqu’à ce que sa peau ridée et séchée se brise. J’ai continué mon chemin en poussant légèrement vers le bas afin de détacher son globe oculaire du nerf optique.

« Mamie, arrête de bouger ! Je l’ai crevé, là… »

L’humeur aqueuse se mêla au sang et aux larmes ; c’était d’un gâchis sans nom. Moi qui voulais les mettres dans un joli bocal, c’était raté maintenant. Je déteste exécuter une tâche minutieuse dans un environnement non propice. Leurs cris m’ont donné une de ces migraines ! Au fait, retenez vos récriminations outrées : je vous rappelle que ses yeux étaient déjà défaillants à l’époque : elle n’a rien vu par le trou de la serrure. À quoi bon les garder alors ? Papi dans sa chaise, criant et pleurant toutes les larmes de son corps, se débattant comme un diable dans l’eau bénite. Quel comédien celui-là ! Il se foutait bien de sa très chère épouse lorsqu’il baisait ma sœur, soir après soir. J’ai essayé de lui faire avouer la vérité à l’aide de quelques taloches, mais la seule réponse intelligible que j’ai reçue fut : « Heu… Léa ? Qui est-ce ? » J’aurais dû me réveiller et agir avant son Alzheimer, ça aurait été plus drôle… enfin, plus si-gni-fi-ca-tif (je vois bien que vous me détestez déjà ; je ne vais certainement pas en rajouter avec des mots inappropriés !).

Malgré le mal de caboche qui me tenait, je n’en avais pas terminé avec la pécheresse. Après les yeux, ça allait de soi : la langue. La vérité, elle ne l’avait jamais dite de toute façon. À quoi bon garder un organe qui ne sert à rien ? Je pensais pas qu’une langue (même de bois !) saignait autant. Elle s’est malencontreusement étouffée dans son sang. Quelle idée aussi de s’évanouir la tête en arrière ; quelle stupidité de sa part. Elle était morte à mon retour du ciné. Eh ! Oh ! J’ai tout de même droit à une vie ! Je m’occupe d’eux gratuitement, alors vous repasserez pour la culpabilité les amis. J’ai tout de même droit à une pause divertissement de temps à autre… j’ai même rencontré une de ses petites dames, je ne vous dis pas. Dans le domain de l’éducation, comme moi. Je dois d’ailleurs la rappeler lorsque je retournerai en ville. Mais, bon, assez potiné ! Retournons à nos deux oiseaux rares.

Le vieux maintenant. Vous croyez que je lui ai coupé la queue, hein ? Eh bien… oui. Je l’avoue, c’est cliché. N’empêche que c’était le gros péché de l’histoire (ou plutôt, un petit péché tout mou et rabougri). Au moins là, il n’aurait plus de fuite urinaire. J’ai bien pensé à lui enfoncer un truc dans le cul, pour faire bonne figure, mais je dois avouer que je trouvais ça dégueulasse. Il était déjà plein de merde… pas envie d’y mettre les mains, même si je le lavais à l’aide du boyau de jardin. Et feu mamie là-dedans, vous demandez-vous ? Je l’ai découpé avec une scie à main… une tronçonneuse aurait plus adéquate, mais on fait avec les moyens du bord. Rassurez-vous, je ne l’ai pas fait devant lui, mais bien dans la grange… il y a une limite à tout saloper ! Quelle besogne astreignante, je vous dis pas ! J’en avais partout. C’est une chance que la vieille auge était encore là, parce que ça suinte des viscères. Je suis retourné à la maison avec les fragments dans un sac à déchet, et je me suis installé au comptoir face à lui afin qu’il ne manque pas tout du spectacle. J’ai pris soin de détacher la peau parcheminée de la chair à l’aide d’un petit couteau à dents. Ça ne fait pas des masses une vieille mamie toute chétive, je vous le dis. Pas un festin pour vingt, ça, c’est certain. J’ai ensuite passé les morceaux au hachoir électrique. Enfin, un équipement moderne et performant ! J’ai toutefois dû séparer la chair des os ; ce n’était quand même pas d’une qualité industrielle ce truc. Je me suis servi un petit verre de rouge, trouvai un poste de jazz et je m’attelais à apprêter cette belle viande rouge, plein de fer. Ça manque parfois de minéraux essentiels ces vieux débris. Qu’est-ce que vous pensez ? J’allais quand même pas lui faire manger de la viande crue, je suis pas un monstre ! Et c’est là que le vieux fou ingrat s’est mis à me vomir dessus. Moi, je lui cuisine un truc délicieux et lui il me fout tout sur le plancher en guide de remerciement. J’avais même pris la peine de mettre des petits morceaux d’oignon et un soupçon de coriandre.

« Là, t’es content ? Je donne tout aux cochons alors ! »

Ce n’est pas moi qui boufferais les restes de ça, il y a des limites à tout ; je suis végétarien depuis plus de trois ans, presque une religion. De toute façon, si ça va aux porcs, c’est comme un retour à la terre au fond, non ?

***

Désolé pour la pause, j’étais plus capable de ses cris et ses pleurs, comme s’il ne méritait rien de sa punition. Et moi les coups de ceinture sur le popotin, je les méritais toujours tu crois ? Bah, je l’ai mis avec les cochons finalement ; entre frangins, ils devraient s’entendre, non ? Blague à part, vous pouvez peut-être me dire : est-ce que ça mange des animaux toujours vivants ces bestioles-là ? J’aurais bien vérifié sur l’Internet, mais bon, il n’y a pas de réseau dans ce coin perdu. Au cas où, je lui ai cassé les deux bras et les deux jambes avec une petite masse que j’ai trouvée dans la grange. Il ne fallait tout de même pas qu’il se sauve à travers champs : il aurait pu tomber sur de pauvres enfants et les traumatiser pour le reste de leur vie. Je devrais peut-être garder la baraque et en faire un foyer pour personnes âgées : je crois que j’ai quand même la fibre, non ?

Bon là, c’est bien beau s’amuser et prendre soin de ses vieux, mais j’ai mon nouveau boulot qui commence lundi : éducateur en garderie. J’ai tellement hâte ! Je sais que je suis la personne parfaite pour m’occuper de jeunes enfants avec amour et attention, et, surtout, aider à leur éducation.

Il faudra d’ailleurs que je les mette en garde contre les trous de serrure : ils ne dévoilent pas toujours la vérité et, un jour, ils peuvent vous trahir.

FIN

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.