MON ANNÉE C

Cela fait maintenant une année jour pour jour que mon quotidien ainsi que celui de la plus grande partie de la population mondiale fut bouleversé. La date ne fut pas la même pour tous, mais le 16 mars fut la mienne. Si ce n’était pas du fait que des gens meurent, que d’autres tombent malades à des stades plus ou moins graves selon les cas et que plusieurs souffrent toujours monétairement du grand C — la Covid, le Confinement, la Crise sanitaire — je dirais que cette pause de la vie communautaire est arrivée à point dans ma vie (comme quoi, parfois, le malheur des uns fait le bonheur des autres).

Petit retour de 365 jours et des poussières en arrière ; je couvre depuis déjà deux semaines pour une collègue et j’ai trois avocats à ma charge. Il faut aussi comprendre que j’ai couvert pour cette même collègue presque trois mois à l’automne précédent à cause de son opération au genou. Je suis fatiguée mentalement et physiquement, autant en raison de cette surcharge de travail que par le fait que la déprime hivernale est encore présente dans mon système. Le printemps pointe le bout de son nez, mais ce n’est pas encore ça. Je m’énerve facilement pour des broutilles et mon visage se parsème de plaques rouges au moindre stress. Pour ajouter à cette fébrilité que je ressens dans toutes les fibres de mon corps, on m’avise la veille que je devrai encore couvrir ma collègue pour deux semaines puisqu’elle revient du Mexique et que la quatorzaine était déclarée obligatoire au bureau à partir du lundi pour les gens revenant de l’étranger. Ce vendredi-là, le 13 mars, la goutte qui fait déborder un vase déjà tellement plein que quelques gouttes s’échappent déjà du rebord pour glisser jusqu’au plancher et nourrir une flaque sans fond. Il faut comprendre que je suis une personne logique qui déteste l’incompétence et l’inefficience ; j’ai alors un désaccord avec un membre de l’équipe de comptabilité à propos d’une série de procédures inutiles et sans fondement. On sait bien qu’il n’a que cela en comptabilité et qu’il ne sert à rien d’argumenter… mais bon, mon propre pragmatisme prend le bord et je « pète ma coche » comme on dit. Vous connaissez cette sensation, cette petite voix qui tente de vous raisonner lorsque vous savez pertinemment que vous faites une montagne d’un petit tas de poussière et que, malgré son sage conseil de prendre une grande respiration et de passer à un autre appel, vous vous entêtez à vous exciter jusqu’à en trembler de rage ? Eh bien, j’en étais là, au point où le plus sénior des trois avocats m’a fortement suggéré de prendre une fin de semaine de trois jours, bien qu’il n’y eût personne pour me couvrir durant cette journée de congé supplémentaire.

C’est vendredi treize, je ne pouvais pas échapper à la goutte de plus, mon vase débordant déjà comme une fontaine ; juste avant de partir, j’apprends par une avocate (qui trouve ça hilarant) que l’un des avocats avec qui je suis en contact très souvent revient d’un voyage aux États-Unis, mais qu’il ne fera pas la quatorzaine, car il arrive en voiture aujourd’hui et que notre règle de confinement ne commence officiellement que le lundi suivant (pied de nez à tous, mes amis !). On se rappelle que je dois pourtant couvrir pour une collègue qui doit faire la quatorzaine pour la même raison — le retour d’un voyage. J’appelle alors les ressources humaines pour me plaindre. Je ne veux pas attraper un virus parce qu’un avocat est considéré comme plus important qu’une adjointe et que, par conséquent, le virus le sait et il va bien sûr l’épargner, lui et tous ceux qui le côtoient (c’est intelligent ces petites bêtes-là !). Je débats avec eux en demandant combien de collègues revenant de voyage sont ainsi exemptées de l’obligation d’effectuer une quatorzaine grâce à leur statut supérieur sur la chaine alimentaire. Les discussions escaladent plus haut dans la hiérarchie, mais j’apprends le samedi matin que l’avocat a eu gain de cause. Je fais de l’anxiété toute la fin de semaine… pour rien au fond. C’est la débandade : les gouvernements ontarien et québécois mettent leurs provinces respectives en état d’alerte et je reçois un message du bureau : tout le monde est en arrêt le lundi tandis que la haute direction évalue ses options en urgence. Les jours suivants, l’équipe des TI s’arrache les cheveux pour brancher à distance plus de 1500 employés de soutien administratif et faire parvenir des ordinateurs à ceux qui n’ont pas l’équipement nécessaire à la maison. En quelques jours, nous sommes de nouveau fonctionnels à presque cent pour cent.

C’est la quatrième dimension ; le virus provenant de la Chine est désormais à nos portes. Ce n’est plus simplement une nouvelle internationale dont on prend distraitement connaissance avant de la balayer du revers de la main ; ça devient local, et ça, nous n’y sommes pas habitués. Le H1N1 était passé un peu plus de dix ans auparavant, mais, semble-t-il, un peu en coup de vent, rapidement maitrisé. Mais là, l’ouragan nous frappe de plein fouet et se sera long. À quel point ? On ne le sait pas encore à ce moment-là et nous pensons tous à quelques semaines voire quelques mois tout au plus. Quelle innocence !

Mon mari et moi faisons partie des chanceux, des privilégiés. Nous travaillons tous les deux dans des domaines qui nous permettent de continuer à travailler sans compressions salariales (moi pour un cabinet d’avocats et lui comme chauffeur-livreur de nourriture dans les épiceries). Notre quotidien est déjà un confinement en quelque sorte ; nous voyons peu de gens et restons le plus souvent chez nous de toute façon, nous ne souffrons donc pas de l’isolement obligatoire. Nous avons un grand terrain qui nous occupe et qui nous permet d’avoir de l’espace de mouvement. Pour moi, cette vacance de mes collègues (et les deux mois de baisse de régime qui suivent la mise en pause d’une partie de la population mondiale) est l’équivalent d’une cure de repos ; il ne faut pas se mentir, j’étais au bord du surmenage professionnel.

On regarde les nouvelles, les gens sont quand même optimistes, on voit des arcs-en-ciel et des « Ça va bien allez » apparaitre aux fenêtres des résidences, des commerces et sur la voie publique. À Infoman, les gens essayent d’en rire un peu et de voir un côté positif en proposant des activités abracadabrantes à exécuter à la maison afin de faire de l’exercice et de divertir les enfants qui tournent en rond, parfois dans de petits appartements pas plus grands que la paume de ma main. Rendu à l’été toutefois, on comprend bien qu’un retour à la vie d’avant est encore loin… plus qu’on l’aurait pensé. Comme nous l’a d’ailleurs dit à plusieurs reprises notre CEO, ce ne sera pas une course, mais un marathon. Il avait vu juste et on commence tous à en prendre conscience. Mon mari et moi prévoyons le coup : nous commençons les commandes d’épicerie en ligne (quelle belle invention !) afin d’éviter des contacts humains inutiles et je commence à consulter des sites preppers*. On a beau ne pas être l’équivalent de la cigale qui danse tout l’été sans penser à l’avenir, on n’est tout de même pas la fourmi non plus et nous décidons d’y remédier quelque peu. On s’équipe de nourriture longue durée, on fait des réserves d’eau, on prépare des sacs d’évacuations d’urgence (même notre chatte Leeloo a son go bag !).

L’avantage d’être rivé à son ordinateur à la maison au lieu d’un cubicule sans fenêtre est que je peux voir à l’extérieur et adopter un rythme plus lent puisque je n’ai pas de voyagement à faire. Je fais de grandes marches à travers le village durant l’heure du diner, je pratique quelques mouvements de taïchi pour me recentrer sur moi-même et éliminer complètement cette rage et cet épuisement qui m’habitent depuis plus longtemps que je ne l’aurais pensé, je soigne mon esprit abimé (je commence tout juste à ressentir tous les bénéfices de cette pause d’un an de la vie communautaire dont je n’échappe pas au bureau ; j’en avais besoin on dirait !). Je garde de belles images dans ma tête afin de pouvoir les ramener à la surface plus tard lors des moments de stress, comme cette fois lors d’une journée ensoleillée de juin où, faisant mon taïchi dans ma cour arrière (qui fait face à un grand champ, aucune maison à l’horizon) une brise de vent emporte des fleurs de mes deux pommiers en une danse joyeuse autour de moi ; magique !

L’automne arrive (plutôt gris et morne) et les gens commencent à devenir plus agressifs lorsque les restrictions se multiplient et que les masques deviennent obligatoires. Qui aurait cru, un an auparavant, qu’être en groupe de dix personnes chez soi, de faire une visite à ses parents, frères et sœurs, de se tenir à moins de deux mètres de distance de quelqu’un, ou encore de se promener en sens inverse des flèches dans un commerce ou de ne pas mettre un masque couvrant une partie de notre visage dans un lieu public seraient vu comme infraction ? Pas nous, les Canadiens. Ce genre de truc n’arrive que dans les autres pays, pas dans celui des libertés ! On a de la difficulté à comprendre, à s’adapter et, surtout, à obéir. Les affiches d’arc-en-ciel dans les fenêtres se décolorent et se décollent, celles se trouvant à l’extérieur s’envolent au vent en compagnie des feuilles mortes des arbres. Je ne sais pas si c’est un effet secondaire des restrictions qui pleuvent sur nous, mais nous voyons également apparaitre des restrictions dans la liberté d’expression même ; certaines personnes, groupes, médias (appelons-les « wokes »), nous forcent à penser et à nous exprimer d’une certaine façon, sans distinction ni nuance, à défaut de quoi on est catégorisé. C’est d’ailleurs dans cet environnement malsain de la parole et de la pensée correctes obligatoires que j’ai lu le classique 1984 de George Orwell, dont j’ai d’ailleurs fait une critique.

Ici dans mon petit village de l’est de l’Ontario, nous sommes en quelque sorte protégés de toute cette folie. Les gens mettent leurs masques sans chigner, ils essayent le plus possible de se tenir à distance dans les commerces (mais ce n’est bien sûr pas toujours possible), on ne fait pas de crise si un commerçant nous demande de bien vouloir nous laver les mains ou de les désinfecter avant d’entrer dans son commerce, on se dit « bonjour » d’un sourire et d’un signe de tête lorsqu’on prend une marche à l’extérieur — même si l’un des deux marcheurs doit aller dans la rue pour respecter la distanciation physique — on est à environ cinquante kilomètres de la « grande ville » la plus proche, où se trouvent les énervés. Nous, on tente simplement de soutirer le meilleur de la situation sans faire de vagues, puisqu’au fond on est tous dans le même bain, aussi bien s’aider à nager au lieu d’essayer de se noyer mutuellement pour un oui ou un non.

Certains m’ont demandé si je redoutais le retour au travail après avoir travaillé si longtemps de la maison. La réponse est non, je n’ai aucune appréhension. Je sais que mon employeur demandera un retour au travail pour tous les employés que lorsque ce sera sécuritaire de le faire. Je prends conscience tous les jours de la chance que j’aie et je garde une routine de travail depuis le début ; je n’en suis pas à mon premier rodéo à travailler à partir de mon domicile. Les deux premières semaines du retour seront plus difficiles, bien sûr. Me remettre à conduire cent kilomètres par jour, dont une partie dans la circulation de l’heure de pointe du centre-ville, arriver à la maison à l’heure où, depuis un an, j’ai déjà terminé de souper, côtoyer des dizaines de personnes tous les jours… ce sera une réadaptation, c’est certain. Toutefois, je n’ai aucune anxiété à cette perspective parce que ce retour à la normale voudra également dire que nous avons finalement traversé la tempête et que nous en sommes sortis transformés. En tous cas, moi, j’en serai sortie transformée, autant au niveau personnel que professionnel.

Encore une fois, je cite notre CEO : ce sera un retour au « nouveau normal ». On ne sait pas encore de quoi il sera fait, mais notre vie d’avant est loin derrière et nous devrons faire face à de nouvelles réalités, quelles qu’elles soient. Un mode d’hygiène plus draconien dans les lieux publics, garder une certaine distanciation physique, moins d’embrassades ou de poignées de mains non nécessaires et, surtout, la réalisation que notre vie n’est pas acquise et que notre monde peut être mis sens dessus dessous d’un moment à l’autre. En tant que société, nous passerons à travers, mais ce ne sera pas sans conséquence. Nous fûmes chanceux : ce virus aurait pu être beaucoup plus dévastateur. Je crois aussi que le monde entier aura fait un bond en avant, chaque guerre ou tragédie apportant généralement son lot de positivité — comme si bien dit dans le film Vanilla Sky : « the sweet is never as sweet without the sour » (« le miel n’est pas vraiment le miel sans le vinaigre » dans la version française du film). Je suis convaincu (du moins, j’espère fortement) que les progrès technologiques résultant de cette distanciation physique et sociale recommandée — que ce soit les différents logiciels permettant la communication vidéo et le travail à distance, une augmentation du nombre de personnes étant connectées à l’Internet haute vitesse, la possibilité de commander en ligne et de ramasser aux magasins et restaurants locaux (communément appelé le « curbside pickup », soit le ramassage en bordure du trottoir) ou bien les avancées médicales grâce à l’ARN, qui permettront certainement de faire un bond dans le traitement d’autres virus, mais aussi de diverses maladies (ne pensons qu’au cancer, un autre C dont on voudrait bien se débarrasser) — sont là pour de bon. Si du positif ressort de cette attaque virale sur notre quotidien et nos vies, les pertes encourues n’auront pas été en vain. Mais il ne faudra pas s’assoir sur nos lauriers ; ne vous méprenez pas, ce ne sera pas le dernier coup dur que nous recevrons d’un virus… mais cette fois, il faudra qu’on soit prêt, autant d’un point de vue procédural, matériel que de celui de nos réactions individuelles devant l’adversité. Il faudra s’attendre à faire des sacrifices sans, cette fois, crier au complot ou au bris des libertés et faire comme bon nous semble au détriment de la sécurité des autres. C’est dans l’unité que nous vaincrons. Nous ne l’avons pas compris cette fois, mais c’est l’apprentissage fait de l’expérience provenant de l’inefficacité de notre attitude égocentrique passée qui démontrera notre intelligence collective à faire face à une future adversité.

* J’ai en grande partie consulté le site web Québec Preppers (comme dans tout cependant, il faut savoir en prendre et en laisser). Pour certains équipements de survie et de la nourriture très longue durée, je suggère également l’entreprise canadienne Total Prepare.

Critique littéraire – 1984

Par choix et conviction, j’ai évité jusqu’à maintenant de critiquer un livre publié traditionnellement, surtout un classique de la lecture britannique. On peut donc considérer cette exception comme étant celle confirmant la règle !

 Synopsis

« 1984 » est un roman philosophique et d’anticipation publié en 1949, dans lequel Orwell dessine un monde totalitaire dans lequel les idéologies ont triomphé de l’individu. Le monde est divisé en trois grandes ères géopolitiques en guerre : Eurasia, Estasia et Océania, toutes totalitaires, dirigés par des partis communistes qui se rêvaient au départ agents de libération du prolétariat. Le personnage principal, Winston Smith, travaille au Ministère de la Vérité, où il révise l’histoire pour la rendre adéquate à la version du Parti. Smith est donc un personnage lucide sur les manipulations opérées par le Parti, mais il dissimule ses opinions. Smith décrit la société qui l’entoure : la délation généralisée, la négation du sexe et de toute sensualité, la police de la pensée et de la langue, et surtout la surveillance de Big Brother, un système de caméra, réduisent l’individu à néant et l’isolent. Mais la rencontre avec une jeune femme, Julia, le pousse à transgresser les règles du parti : ils font l’amour et rêvent à un soulèvement de la population. Trahis par un de leurs « amis » (O’Brien), ils sont arrêtés, torturés et rééduqués…

Critique de l’œuvre

De cette œuvre de George Orwell — que j’ai décidé de lire en version originale anglaise — nous vient le célèbre terme « BIG BROTHER », principalement utilisé de nos jours pour qualifier les pratiques de surveillance portant atteinte à la vie privée du peuple.

Il faut lire cette œuvre en gardant en tête qu’elle fut écrite en 1948 (Orwell ayant simplement inversé les deux derniers chiffres de l’année pour créer 1984). Bien que la télévision fût déjà inventée à cette époque, il était novateur et à l’avant-garde d’imaginer qu’un petit écran au mur dans chaque foyer (appelé « telescreen » ou « télécran ») puisse à la fois diffuser des images et en recevoir en plus d’écouter toutes vos conversations et de pouvoir vous parler si requis. L’auteur a également pris la peine de créer un nouveau langage, appelé « newspeak » (ou « novlangue »), une langue réduisant dramatiquement la grammaire et le nombre de mots afin d’endiguer toute possibilité d’avoir des idées subversives, par manque de moyen pour les exprimer. Ces nouveaux mots pavent ainsi la voie à un contrôle de la population par le mode de pensée, comme « crimestop », décrivant le processus d’élimination de toute pensée anticonformiste allant à l’encontre des idéologies du Parti, ou même « doublethink » (ou « doublepensée »), qui décrit l’acte de croire simultanément à deux idées mutuellement contradictoires.

J’espère que je n’ai perdu personne en cours de route ? Accrochez vos tuques, je me lance !

Il est évident que le Parti menant la population d’Océania à la baguette décrit un régime totalitaire fortement inspiré du nazisme ; même le portrait de Big Brother semble être le visage de Hitler. N’empêche, la philosophie derrière le régime du parti est applicable à plusieurs réalités de notre société moderne. Par exemple, le « crimethink » (ou le « crime de la pensée ») est l’action intellectuelle d’une personne qui a des idées politiquement inacceptables. Ça ne vous rappelle rien dans le contexte de censure que nous subissons actuellement au Québec ? La mise à l’index par l’Association des libraires de la liste de lecture du premier ministre, François Legault, qui ose proposer un ouvrage considéré comme subversif (« L’empire du politiquement correct » de Matthieu Bock Côté) par les wokes… le lynchage d’une professeure de l’Université d’Ottawa pour l’utilisation du mot « nigger » — et ses profondes excuses, demandant même à ce qu’une liste des mots n’étant autorisés soit fournie par le recteur —, bien que le terme fût employé dans un contexte intellectuel et pédagogique… la suspension d’une professeure de l’Université Concordia pour avoir cité l’ouvrage de Pierre Vallière « Nègres blancs d’Amérique » dans son cours, et le renvoi déguisé d’une animatrice de la CBC pour avoir également cité cette œuvre lors d’une réunion de travail… le fait que nous sommes catégorisés comme racisme si l’on adhère pas à la théorie du racisme systémique de la société blanche canadienne et québécoise… le fait que nous ne pouvons plus utiliser des termes comme « madame » et « monsieur » pour ne pas froisser ceux ne s’identifiant pas à l’un de ces groupes (ou bien s’identifiant au groupe opposé à leur désignation de naissance) et que nous devons favoriser les termes épicènes, etc.

Dans le contexte actuel, on peut considérer que les wokes (c’est-à-dire les militants de toutes formes d’injustice et d’inégalité, allant de l’oppression qui pèse sur les minorités en passant par le fascisme, le sexisme, les préoccupations environnementales, etc.) remplacent facilement le Parti d’Océania, les membres du Parti (les deux paliers se trouvant au-dessus des gens du peuple) sont tous les membre de la classe politique, les membres des médias, les artistes, les recteurs et les enseignants qui s’insurgent haut et fort contre toute possible forme d’oppression à la mode (réelle ou imaginaire) afin de se conformer au dogme du jour en espérant que personne n’est en mesure de lire leurs pensées ambivalentes sur le sujet, digne d’un impardonnable « crimethought ». Même le département dans lequel travaille notre Winston Smith (si vous avez suivi, c’est notre personnage principal), le « minitrue » (le « ministère de la vérité », qui est lui-même son contraire, car il fait dans la falsification du passé) me fait penser aux tentatives du « reste » du Canada de minimiser l’apport canadien-français dans l’histoire du pays afin de le réduire à non pas un peuple fondateur, mais simplement un autre peuple oppressif blanc et minoritaire ne devant pas avoir plus de droits que les autres groupes minoritaires, incluant la place du français au pays.

Bon, je vais m’arrêter là, car je m’échauffe un peu trop !

Verdict

Donc, un livre très intéressant à lire en gardant en tête sa date de parution tout en l’appliquant à des évènements du présent. Une œuvre qui restera en quelque sorte d’actualité, mais dont la lecture n’est pas donnée à tous par son contexte politique et philosophique. Il y a bien sûr la version originale anglaise ainsi que deux versions en français, soit l’originale rédigée au passé simple et la nouvelle version de Gallimard, rédigée au présent ; à vous de choisir ce qui vous convient !

La beauté de la lecture version livrel*

Pikrepo.com

Je vous prépare mentalement, car j’ai des problèmes logistiques avec le programme de création de livres brochés d’Amazon et il est possible que le dernier tome de ma trilogie, Malaimés, ne soit malheureusement pas disponible en ce format (mais il est PRÉSENTEMENT offert en version électronique sur Amazon et Kobo.

D’accord, je sais, je sais : l’odeur du papier, sa texture, etc. Ahhhh, l’éternelle bataille épique entre la modernité et la nostalgie d’un temps révolu (ou presque… si les disques vinyle existent toujours, alors je présume que les livres papier sont là pour rester encore quelque temps !). Je vous déclare cependant une chose : essayer la lecture électronique c’est l’adopter (et votre portefeuille vous en remerciera !). Ayant des douleurs aux mains dues à l’arthrose, je ne me vois plus tenir un lourd roman pendant des heures ; vivre le livrel !

Il n’est pas nécessaire de posséder une liseuse pour lire en version électronique, surtout si vous n’êtes pas un·e grand·e lecteur·trice ou si vous n’êtes pas encore certain·e de vouloir faire inconditionnellement le saut vers le livrel. Je vous invite d’ailleurs à relire un article que j’ai écrit à ce sujet en 2015 : Entre les deux, mon cœur balance. En lecture électronique, vous avez principalement le choix entre l’EPUB (Kobo) et le MOBI (exclusif à Kindle). Pour ce qui est de la version EPUB, il vous suffit de télécharger un lecteur adapté afin de pouvoir lire sur votre ordinateur, votre tablette ou bien votre téléphone intelligent. En ce qui concerne le format Kindle, il vous suffit d’ouvrir un compte Amazon (facile à créer si vous en avez pas déjà un), et voilà ! Vous n’avez qu’à vous brancher sur le « Kindle Cloud Reader » pour livre sur votre ordinateur ou bien télécharger l’application Kindle sur votre tablette ou votre téléphone intelligent pour avoir accès à votre bibliothèque. Une fois branché, vous pouvez activer la lecture hors ligne pour lire sans être connecté à l’internet.

Habituellement, tous les lecteurs de livrel permettent de modifier l’éclairage du programme, parfois en rajoutant une couleur crème ou rosée afin d’atténuer le contraste noir sur blanc qui peut être difficile pour les yeux à long terme. Il est certain que si vous n’avez pas de problème à investir un peu, la liseuse, avec son encre électronique douce pour les yeux, est l’idéal (voir : E-ink, mon amie !, également publiée en 2015).

Au Québec, les éditeurs traditionnels ne baissent généralement pas le prix de plus de 30 % pour un livrel par rapport à son équivalent papier. Toutefois, si vous désirez varier vos lectures au-delà des auteurs traditionnels ou des traductions de livres anglophones, je vous invite à ouvrir votre champ d’intérêt aux auteur·trice·s indépendant·e·s. Le cout des livres offerts est généralement sous les six dollars (plusieurs d’entre eux font des promotions à moins d’un dollar ou offrent même leurs œuvres gratuitement pour quelques jours) et la grande partie des redevances va à l’auteur.

Il faut vivre avec son temps et s’adapter à la technologie à défaut de quoi on reste ancré dans le passé. Ne condamnez pas le livrel à un rejet catégorique par pure idéologie sans même lui laisser une chance de gagner votre cœur !

* Le livrel est à la fois le support électronique sur lequel le livre est lu et son format. Afin de simplifier le texte, le terme conventionnel « liseuse » été employé pour décrire le support sur lequel le livre électronique est consulté.

L’écriture inclu·QUOI ?

Écriture inclu-QUOI

Comme vous le savez, je m’intéresse beaucoup à la modernisation de la langue française. Je préfère utiliser le terme « modernisation », car lorsque l’on parle de « rectification », les gens s’emballent et s’imaginent qu’on a fait une réforme. Vous pouvez recommencer à respirer et cessez de trembler : la graphie traditionnelle est encore acceptée et a toujours bon usage ; personne ne vous mettra en prison ou ne vous traitera d’inculte parce que vous écrivez encore « nénuphar, goût et coût » au lieu de « nénufar, gout et cout » (voir mon texte « Connaitre le gout du nénufar »).

Comme vous pouvez désormais le constater sur la page d’accueil de mon blogue, j’utilise désormais le terme « autrice » au lieu de « auteure » (l’adresse web ne changera pas, il y a trop d’implications pratiques !). Pour les fervents de la racine latine des mots (qui sautent souvent sur leurs grands chevaux — et non pas chevals ! — en ce qui concerne toute modernisation de la langue), sachez que les noms passent de –teur à –trice lorsqu’ils viennent de noms latins se terminant par –tor et –trix (dixit le site de l’Office québécois de la langue française). Nous parlons donc ici de la rectification d’une erreur orthographique instaurée volontairement par pur sexisme.

D’accord, d’accord, je commence à entendre certaines gens ronfler, d’autres se prendre la tête à deux mains en regardant leur écran d’ordinateur ou de téléphone intelligent et quelques-uns se servir un verre de vin avant de relire le paragraphe précédent. Ne vous en faites pas, je ne suis pas très (pas du tout même) latin ; c’était pour satisfaire les puristes.

Retournons à nos moutons·brebis (on est inclusif ou on ne l’est pas!).

Qu’en est-il des déclarations comme « Le masculin l’emporte sur le féminin », « Le masculin inclut le féminin dans ce texte », et autres inepties venant d’une époque révolue ? Elles prennent doucement, mais résolument, la porte, parce que les femmes n’étaient rien (ou si peu) et que nous avons décidé, tout récemment d’un point de vue historique, de changer les choses et de prendre notre juste place. Je sais, ce n’est pas très scientifique ou intellectuel comme explication. Eh oui, l’égalité des sexes passe par la présence égalitaire de notre genre dans l’écriture française. Purement et simplement. On pourrait se partir un beau débat, mais ce n’est pas mon intention. Je suis féministe et je suis en accord totale avec une modernisation de notre langue. Il y a aussi notre société moderne qui évolue vers la non-discrimination des genres. Dans la vie, si tu ne t’adaptes pas, tu meurs, point à la ligne. Ronchonner ne vous donnera rien, juste à avoir l’air idiot dans quelques années.

Mais, tout d’abord, qu’est-ce que l’écriture inclusive ?

Comme souligné plus haut, c’est un type d’écriture axé sur la minimisation de la discrimination sexuelle. L’une des options est de rédiger les textes en incluant les deux genres, soit à l’aide de points médians par exemple, soit avec des tirets, des parenthèses ou des barres obliques. Toutefois, le point médian semble gagner la course jusqu’à maintenant, au grand damne des vieux croutons de l’Académie française. En voici un exemple :

Cher·e·s lecteur·rice·s, je vous invite dans le merveilleux monde de la langue française. Peu importe votre métier : instituteur·rice, camionneur·euse, conseiller·ère en finance, adjoint·e administratif·ive.

La plupart des textes ne seront pas modifiés aussi drastiquement, ceci est une dramatisation. Un autre bon moyen de pratiquer l’inclusion est de rédiger de manière épicène, c’est-à-dire en utilisant un langage neutre ou dégenré (et non pas « dégénéré » … décidément, MS Word et Antidote sont contre moi sur ce sujet). Cette méthode de rédaction vise à remplacer des termes genrés par des termes neutres, comme ci-dessous :

Des gens de toutes nationalités travaillent au projet.

En rédaction inclusive, nous écririons donc :

Des travailleur·euse·s de toutes nationalités travaillent au projet.

Mais, comment ça se prononce cette bibitte-là? Au choix. Pour reprendre l’exemple susmentionné, on peut prononcer « travailleureuses » ou bien « travailleurs et travailleuses ». Donc, acteur·rice·s devient soit acteurices ou bien acteurs et actrices, etc. Personnellement, je préfère la seconde option afin de ne pas faire faire une dépression ou une crise de nerfs à qui que ce soit. Soyons indulgents! Et pour ceux qui semblent tomber des nues, je vous ferai remarquer que l’écriture inclusive fait partie de la langue française du Québec depuis un bon bout de temps, soit avec l’utilisation des parenthèses au lieu du point médian ou par l’utilisation du mot masculin suivi du mot féminin.

Là, je vous le dis tout de suite, même le correcteur Antidote en perd son latin! Une petite mise à jour serait de mise.

Quelques ressources intéressantes sur le sujet :

  • Étonnement, la première source d’information vraiment utile que j’ai trouvée sur le web en un seul clic provient du site de l’Université McGill (c’est à n’y rien comprendre…). Dans les ressources rapides, vous y trouverez un lien vers le Manuel de l’écriture inclusive, ce qui est un très bon point de départ. Vous y dénicherez une foule d’exemples pratiques ainsi que la façon de modifier votre clavier afin d’éviter de devoir faire dix fois de suite « ALT + 0183 » (ça vous coupe l’inspiration mes ami·e·s).
  • L’Université de Montréal a également mis son grain de sel avec son Guide de rédaction inclusive.
  • Vous trouverez aussi de l’information additionnelle complète sur le site web de l’Office québécois de la langue française (personnellement, ma bible lorsque je me pose des questions sur l’utilisation de notre belle langue).
  • Si vous désirez vous plonger plus dans le sujet, il y a aussi ce petit bijou de Nicolas Mantran qui traite en partie de la mise en pratique sur le marché du travail des différentes formes d’écritures inclusives.

Quand on commence à fouiller sur le web, on peut y passer des heures ! Que faisions-nous avant l’arrivée du World Wide Web ? Ah oui, on cherchait de l’information dans les revues mensuelles du Reader’s Digest !

Mon seul regret dans toute cette nouvelle évolution de la langue française est que je ne peux pas faire étalage de tout mon savoir et de ma passion sur mon lieu de travail, puisque, à quelques exceptions près, tout se passe exclusivement en anglais. « Well, we can’t win them all! », comme le dirait ma patronne !

Les lectures autorisées du clergé populaire

Censorship round

Je sors aujourd’hui de mon silence des derniers mois à la suite de la lecture d’un texte de Richard Martineau intitulé « Scoop : la fiction N’EST PAS la réalité », où il nous apprend que l’auteur Yvan Godbout (et son éditeur) fera prochainement face à la justice pour pornographie juvénile parce qu’il a décrit le viol d’une fillette dans l’un de ses romans. Vous trouverez également d’autres articles sur le sujet sur le web, dont « Pornographie juvénile : auteur et éditeur seront accusés » datant du mois de mars. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Yvan Godbout est l’un des auteurs qui reprennent à la sauce horreur des contes pour enfants dans la série de livres « Les contes interdits ».

Étrangement, cette accusation des plus loufoques n’a pas été mise en première page dans les médias, ou trop peu. Nous avons tous entendu parler du drame énorme de la pauvre Safia qui s’habille en chienne à Jacques à un gala, les artistes ayant montés aux barricades comme si rien de plus important au monde n’existait (et je passe tous les articles insignifiants sur Occupation Double), mais j’ai à peine entendu parler du fait qu’un auteur de fiction (et d’horreur de surcroit) ne devrait écrire que sur les petites fleurs dansant au vent et les oiseaux chantonnant dans le ciel. Sans vouloir dénigrer qui que ce soit — puisque l’appréciation de l’art est une question de choix personnel — je vous apprends en grande primeur que ce n’est pas tout le monde qui veut lire du Marie Laberge.

Nous sommes donc revenus à l’époque où le clergé autorisait les lectures de ses ouailles, mais au lieu que ce clergé soit religieux, il est maintenant populaire.

Je crois que je devrais me mettre à la recherche d’un avocat-criminaliste, juste au cas où. Un des sujets principaux d’un de mes livres (Point de rupture) concerne l’abus sexuel d’une adolescente par son beau-père, décrit en détails. Une de mes nouvelles (Viande hachée) parle de la torture de deux personnes âgées avant que la grand-mère soit tuée, découpée en morceaux et réduite en viande hachée avant d’être servie comme plat de résistance à son pauvre mari, nourrit de force par son petit-fils (qui fini par le laisser de faire dévorer par les cochons de la ferme). Dans « Succès assuré », une pièce maitresse de mon recueil Divagations, une femme décrit comment elle ouvrira le ventre de sa collègue enceinte pour en sortir le fœtus et l’étranglée avec le cordon ombilical… pour ensuite assassinée tous ses collègues avec du cyanure. Et j’en passe d’autres, beaucoup d’autres.

Qu’attendent tous les auteurs du Québec (et leurs éditeurs) pour se mobiliser sur la place publique à grands cris, pour dénoncer le fait que nous devons maintenant respecter le code moral du clergé populaire, des petites madames qui s’excitent le poil des jambes en lisant « cinquante nuances de Grey » en cachette et qui ne comprennent pas que les livres de suspense et d’horreur ne sont pas dans la même catégorie que « La grosse femme d’à côté est enceinte » de Michel Tremblay ? Ce jugement fera jurisprudence et il est important pour la liberté d’expression, la liberté de l’art (sous toutes ses formes), qu’il soit rendu dans le bon sens et, malheureusement, seule une prise de position forte dans les médias pourra nous assurer que nous ne retournerons pas en arrière, à une époque où plusieurs œuvres étaient mises à l’index puisqu’elles ne respectaient pas les critères du clergé.

Nous vivons dans une société où les vrais criminels restent en liberté ou reçoivent des sentences bonbon, mais où les auteurs de fiction se retrouvent devant le tribunal pour avoir utilisé leur art. Comme le dit si bien Richard Martineau :

[nos petits lapins] veulent des œuvres d’art « positives » qui « élèvent » l’âme humaine. Comme les curés dans les années 1950 !

Je suis découragée — eh oui, dégoutée — de notre société de misère qui tape sur la tête des mauvaises personnes afin d’éviter de froisser ceux qui le méritent vraiment.

J’ai mal à mon pays

Censorship round

Pays de la liberté et des grands espaces. Comme toute nation, pays bâti sur les guerres et les conflits. Petit enfant repentant, il veut faire amende honorable. Il ouvre les bras, il accueille, il cajole. Il veut faire oublier qu’il n’est pas mieux que le voisin, qu’il n’est pas plus pur. Voulant trop bien faire, le pays oublie ses citoyens. Il oublie les principes pourtant si cher à son cœur et fait la promotion de l’autre au détriment de lui-même. La nation n’a pas compris la différence entre l’ouverture et l’acceptation envers autrui et la promotion d’un mode de vie qui va la plupart du temps à l’encontre de ses valeurs, celles qui ont pourtant fait sa réputation. La liberté d’expression n’existe plus pour ces citoyens qui chérissent leur liberté, leur droit de parole, leur droit à leurs idées, parfois exprimées maladroitement — par passion, par colère, par peur. Ils se sont pourtant battus, jadis, contre l’Église voulant les maintenir dans le noir, les forçant à obéir à des idéologies complètement dépassées. Ces gens qui ne veulent pas troquer un veau d’or pour un autre sont automatiquement étiquetés racistes, islamophobes, petit peuple sans scolarisation. La promotion d’un multiculturalisme ciblé n’a pour but que la valorisation de tout ce qui n’est pas Canadien. Le citoyen doit se cacher, doit se taire et demander pardon bien bas de ne pas promouvoir l’une des plus grandes causes de discorde et de guerre à travers la planète. La liberté de conscience a été bannie, rejetée par ses élus.

L’enfant repentant, voulant faire au mieux, a troqué peu à peu sa ceinture fléchée pour un voile, la liberté de son peuple pour les revendications d’un autre. « Peur inconsidérée », certains avaient clamé. Changement subtil, mais non moins présent. Je viens d’un peuple ouvert de nature, qui est devenu sélectif par nécessité, par peur (justifiée) de perdre ce dont il a travaillé si fort à obtenir : la liberté de penser et d’agir, l’égalité entre les genres, la neutralité face à des croyances qui n’ont plus leur place. Avec un peu de chance, moi qui ai quelques décennies au compteur, je ne verrai pas l’enfant des grands espaces devenir celui d’une grotte sans espoir.

J’ai tenté — parfois à mon corps défendant — d’éviter l’anxiété découlant des conflits d’opinion, de déplaire ou de blesser des gens par inadvertance en publiant mes opinions et mes idéologies sur ce blogue, censé être dédié uniquement à l’écriture. Je me censure, je me prive de ma liberté d’expression pour ne pas déplaire. Ce sont pourtant ces mêmes points de vue et prises de position qui me définissent en tant que personne et auteure. C’est grâce à ces valeurs que j’ai la liberté d’écrire tout ce qui me passe par la tête, de publier mes textes et de vivre ma vie sans avoir à craindre que mes pensées se soldent par des représailles. Tellement de gens — de femmes ! — à travers le monde n’ont pas cette chance de liberté de conscience et d’expression. La femme — et l’auteure — que je suis tremble d’angoisse face à l’avenir incertain qui se dévoile lentement devant ses yeux tristes. Serai-je également persécutée un jour parce que je suis une athée issue de colons francophones ? Que mes racines sont trop profondes pour être honnête ?

Cet avenir, aussi incertain soit-il, est le seul qui pourra le dire.

Critique littéraire : Josh

Critique littéraire - JOSH

Synopsis (provenant d’Amazon)

Derrière toute grande histoire se cache une grande blessure.

Pourquoi cette petite ville du Middle West est-elle soudain frappée d’épouvante en cet été 1953 ? Qui diable a intérêt à semer la panique et la mort parmi cette population sans histoires ? Et enfin, pourquoi le jeune Josh et son frère Simon sont-ils observés par les uns et méprisés par les autres, comme si un mauvais sang coulait dans leurs veines ?

Critique de l’œuvre

Il serait difficile pour moi de dire que je n’ai pas aimé ce livre, puisque je suis restée allongée confortablement sur le divan toute la journée dimanche dernier, et que je me suis tapé tout le bouquin en moins de cinq heures intenses et de purs plaisirs. Ce livre, dont l’histoire coule comme de l’eau, venait d’ailleurs à ma rescousse après un bouquin ennuyeux que je n’ai pu me résoudre à continuer malgré ma respectable avancée dans l’histoire.

L’écriture d’Alexis Arend (dont j’avais également fait une précédente critique, Salamanca) a de particulier le fait qu’il écrit dans un français international, qu’il ne s’amuse pas à mettre de grands mots sans intérêts seulement pour démontrer sa grande connaissance de la langue et qu’on a l’impression de lire un Stephen King sans avoir trois tonnes de détails inutiles. Alexis sait décrire les émotions de ses personnages de façon précise et concise, avec une adresse qui fait en sorte que ces mêmes sentiments sont les nôtres. Un mélange de drame psychologique, de suspense, une légère (à peine) pointe de fantastique et hop ! on est parti pour des heures accrochées à notre liseuse, ne s’accordant une pause bio que par nécessité. Cette histoire, racontée avec soin, me donnait l’impression d’un mixte entre The Green Mile et Sometimes They Come Back, deux films tirés de nouvelles de Stephen King d’ailleurs.

Je vous suggère donc de lire JOSH dans les plus brefs délais afin de découvrir tout le talent de cet auteur, dont vous pouvez en apprendre plus sur son blogue : https://alexisarend.com/a-propos/.

Quelques points de ventes

* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : Givrées

Critique littéraire - Givrées

Synopsis (provenant d’Amazon)

Il vous trompe, vous en avez la certitude… Et vous ne comptez pas en rester là ?

Il vous ment, vous en avez la preuve… Et vous avez la ferme intention de le lui faire payer ?

Il vous humilie, vous en avez assez… Et vous cherchez de l’aide pour concocter votre vengeance ?

Il vous tarde de le voir ramper, vous supplier… Et vous êtes prête à en payer le prix ?

Contactez-nous à l’adresse suivante: « helpme@GIVREES.com »

 Critique de l’œuvre

Une histoire tordue qu’il faut lire d’un seul trait lors d’une journée de neige ou de pluie. De toute façon, vous serez incapable de vous arrêter. Une héroïne (peut-on vraiment l’appeler comme ça ?) qui est imparfaite — très imparfaite — mais qu’on ne peut s’empêcher de prendre en pitié, de comprendre et d’aimer. Une histoire qui a pris une direction complètement différente de ce à quoi je m’attendais, à mon plus grand bonheur. Lorsqu’il ne reste qu’à peine huit personnes entre vous et la fortune (et la liberté), il ne suffit que d’un peu de planification, non ?

La page couverture est aussi succulente que l’histoire, écrite de mains de maitre à la « pince-sans-rire ». Des commentaires savoureux comme : « Je ne dirais pas que je le hais. Seulement, s’il était en feu et que j’avais une bassine d’eau, je la boirais à la paille à m’en faire péter le bide plutôt que de gaspiller une seule goutte à essayer d’éteindre le brasier ». L’auteur met également des phrases avec des mots biffés (pour faire plus politiquement correcte, comme on s’auto censure de temps à autre) ce que j’ai adoré ! Un livre divertissant (présenté sous la forme d’une recette de cuisine… c’est juste pour dire !) qui vous fera assurément passer du bon temps.

C’était la première fois que je lisais du Gina Dimitri — qui m’a d’ailleurs fait découvrir dans ce livre ce qu’était une « licornasse »… 50 % licorne, 50 % connasse — mais ça ne sera certainement pas la dernière !

Quelques points de vente

  • amazon.ca
    • Livrel* : Environ 5.00 $
    • Papier : Environ 20,00 $
  • amazon.fr
    • Livrel* : 3,99 €
    • Papier : 12,99 €
  • Gratuit sur Amazon avec abonnement KindleUnlimited

* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : La maison de poupées

Critique littéraire - La maison de poupées

Synopsis

 Voici 19 nouvelles courtes, certaines déjà publiées ici ou là sur Internet, primées ou inédites, qui vous mèneront de portes en portes, de fenêtre en culs-de-sac, dans tous les recoins de cette maison de poupées.

Vous pouvez entrer.

Critique de l’œuvre

Ce livre est un recueil de nouvelles qui vous divertira à coup sûr, peu importe votre état d’esprit du moment. Pour ce livre, j’ai tenté une expérience différente. Imaginez un feu de camp durant une fraîche soirée d’automne. La seule lueur : celle de ma liseuse. Chose que je n’avais jamais faite avant : lire des histoires à voix haute à une autre personne, dans le cas présent à mon mari, qui est littéralement tombé en amour avec Azel Bury (j’en suis d’ailleurs un peu jalouse !). Du suspense, du fantastique, de l’horreur (à peine), de la romance (toujours un peu humoristique) et même carrément de l’humour. Une chose est certaine, on ne s’ennuie pas du tout avec ce livre.

Médium

J’ai bien sûr acheté le format électronique (Kindle). Le texte est bien monté, et nous avons la possibilité de connaitre notre avancée de lecture pour chacun des textes et non pas seulement pour la totalité du livre. Comme vous le savez peut-être, j’aime bien cette fonctionnalité afin de décider si je commence un autre texte/chapitre ou bien si j’attends d’avoir plus de temps pour m’y consacrer entièrement (je déteste laisser une lecture en plein milieu, dans un moment critique !). L’image de la couverture représente principalement une seule nouvelle, soit, vous l’aurez deviné, « La maison de poupées ». La couverture et le quatrième de couverture (pour la version papier) sont d’ailleurs magnifiques et nous donnent l’envie d’acheter le bouquin à coup sûr.

Verdict

Un livre que je recommande à tous, principalement à ceux qui n’aiment pas les longues histoires qui n’en finissent plus. Azel sait nous tenir en haleine du début à la fin. Ses personnages sont vrais, imparfaits et l’on apprend vite à les connaitre, ce qui n’est pas facile avec une histoire courte où on laisse très peu de place aux descriptions pour nous plonger directement dans l’histoire.

Je vous invite à visiter le site web d’Azel Bury où vous trouverez l’information concernant toutes ses œuvres (car il est certain que vous aurez encore envie de tâter du Bury une fois votre lecture terminée).

 Quelques points de vente

  • Amazon.ca
    • Livrel* : 3,99 $
    • Papier : environ 25$
  • Amazon.fr
    • Livrel* : 0,99 € (rabais d’octobre)
    • Papier : 12,00 €

Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire – Prix du récit Radio-Canada 2017

Critique - Lauréats prix de la nouvelle

Source: ici.radio-canada.ca

Cette année, je dois avouer que le niveau littéraire se maintenait pour tous les participants : aucun des heureux élus dont le texte est tellement étrange qu’on se demande ce qui est passé par la tête des juges de le choisir. Textes bien écrits, sans flafla inutile pour avoir l’air unique et intello. Particularité cette année : les textes concernent presque tous soit une autre culture ou bien sont à saveur étrangère. Tous de bons récits, mais je suis bien heureuse du choix de la grande gagnante.

Je vous invite à cliquer sur le titre de chaque histoire pour aller lire le texte complet.

Deux villages (Sarah Walou) – Gagnante

Un texte émouvant d’une jeune femme dont le cœur et l’âme balancent entre deux origines. On entend son cri : « Où est ma place ? Qui suis-je ? », mais nous n’avons, malheureusement, aucune réponse pour elle. Pour ce texte, il faut passer par-dessus notre opinion personnelle sur les tensions entre les Québécois et les musulmans pour tenter de comprendre un autre point de vue. Un texte qui fait réfléchir et qui ne nous laisse pas indifférents.

L’Ogre (Christine Gonthier)

En lisant ce texte, j’ai compris sa peur de parler anglais, de répondre à une simple question qu’on n’est pas certain d’avoir compris au fond. J’ai vécu ce phénomène lorsque j’ai obtenu mon premier emploi en Ontario et, ensuite, dans le cabinet d’avocats où je travaille présentement. Cette impression d’être une enfant devant un ogre, d’être minuscule (d’être prise pour une idiote, quoi !), je la connais très bien. Un texte qui nous amène au cœur d’une femme aux racines variées qui se cherche une identité. Elle ne sait pas encore que ces quelques secondes à rester plantée devant un ascenseur qui n’arrive pas assez rapidement, avec un homme lui posant une question à laquelle elle aimerait bien éviter de répondre — car n’est même pas certaine de ce qu’il veut dire ! —, sera la prémisse à quelque chose de plus grand. On ne sait jamais ce qui nous pend au bout du nez !

 

Chronique d’une odyssée enfantine (Thérèse Yelle)

Tout simplement touchant. Un clin d’œil à l’enfance que nous laissons derrière, le plus souvent à notre grand regret. Le temps d’un moment, nous y sommes, là où l’auteure le veut : un après-midi ensoleillé dans une contrée lointaine, à un moment où il n’y a aucun souci. Ce texte me rappelle « Anne of Green Gables » de Lucy-Maude Montgomery ainsi que la chanson « Berceuse pour adulte » de Lynda Lemay : « Depuis qu’on a vieilli, qu’on est plus fille et garçon, on aime bien se rappeler qu’on a vaincu les dragons ». Ce texte nous ramène à nos souvenirs, nos propres escapades, dont la seule limite était notre imagination. Le genre d’histoire qui nous rend nostalgiques, un léger sourire de regret sur les lèvres.

Au bar de l’hôtel, l’autre voyageur (Joan Sénéchal)

Je ne comprends pas trop le but de ce texte, à part nous faire partager la rencontre pompeusement inutile de l’auteur avec un égocentrique imbu de lui-même. C’est tout de même bien écrit, la rythmique est au rendez-vous, mais le but est nébuleux… c’est probablement ce que les juges ont aimé d’ailleurs. Un texte, même basé sur un événement vécu, doit avoir une raison d’être, une sorte de morale à la fin, une phrase qui mène à l’introspection ou bien une clôture quelconque, qu’elle soit drôle ou sérieuse. Si l’auteur avait terminé avec une réflexion de son propre cru sur l’énergumène en question, ça aurait pu changer mon opinion sur la totalité du texte.

Porcelaine inuite (Mathieu Vincelette)

Le but est sommes toutes atteint : nous faire découvrir la gastronomie d’une contrée éloignée et très peu connue de notre pays. Toutefois, ce texte aurait plus eu sa place dans un blogue ou dans un article traitant de la nourriture et du tourisme. Pour un concours ? Je ne suis pas certaine que c’est sa place. J’ai toutefois probablement tout faux puisqu’il fut choisi dans les cinq finalistes.

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.