Audible CANADA ouvre enfin ses portes!

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GRANDE NOUVELLE (roulement de tambours !) : Nous avons maintenant un Audible au Canada, en français et en anglais, où vous pouvez retrouver mes cinq livres :

https://www.audible.ca/

Vous y retrouverez un très grand nombre de titres écrits par des Québécois et des Canadiens francophones et lus par des Québécois et des Canadiens francophones. Le site est encore en phase de réorganisation, mais c’est un grand pas dans la bonne direction puisque nous ne sommes plus obligés de choisir entre le site américain et le site de France. Nous avons maintenant le nôtre. Voici un article intéressant sur le sujet : http://www.newswire.ca/fr/news-releases/audible-offre-le-meilleur-contenu-oral-qui-soit-au-canada-644147953.html

Je suis également fière de vous annoncer que je suis en première page dans les catégories « Nouveauté – Romans policiers et thrillers », ainsi que dans « Nouveauté – Science-fiction et fantasy » :

Première page - DivagationsPremière page - Causalité paradoxale

Je croise les doigts pour que le Québec et le Canada francophone se prennent d’engouement pour ce qui est de la lecture audio. Après avoir écouté « Doux souvenirs au temps de Duplessis » et « Point de rupture », je peux dire que je commence à aimer le principe, surtout lorsque j’ai envie de lire, mais que j’ai trop mal aux yeux. J’ai bien hâte d’écouter « Causalité paradoxale, Cover up 101 et Divagations ». Les extraits m’ont donné l’eau à la bouche.

Bonne lecture… ou plutôt, BONNE ÉCOUTE !

P.S. J’aurai sous peu des codes promotionnels disponibles en échange d’un commentaire sur Audible (si vous avez aimé le livre… dans le cas contraire, vous pouvez vous abstenir !). Veuillez noter qu’il n’est pas nécessaire de vous abonner pour télécharger un livre gratuitement avec un code promo. Il vous suffit de soit vous connecter avec les membres identifiants que votre compte Amazon soit ouvrir un compte sur Audible sans aucune obligation de votre part.

Critique Littéraire : Âmes en sursis

Critique littéraire - Âmes en sursis

Synopsis

Quel est ce souffle sur votre nuque, la caresse du vent, le frisson laissé par un cauchemar ou tout simplement un soupir de l’au-delà ?

Laissez-vous emporter à travers ces six nouvelles sur le chemin des sentiments ou de l’étrange…

Critique de l’œuvre

Ce livre est un recueil de nouvelles qui réchauffe nos cœurs. Une lecture d’été pour une pause entre deux séances de jardinage, une sangria à nos côtés, ou bien un coconnage en règle durant une froide matinée d’hiver, une tisane bien chaude à la main. Je dirais une lecture légère, si ce n’est que certains pourraient mal interpréter ce propos, car les textes sont remplis d’émotions profondes, mais notre lecture se fait facilement, sans s’empêtrer avec de grands mots qui font savants, mais qui coupent le rythme inutilement. Le titre est tout indiqué puisque les textes sont tous englobés d’une aura de surnaturel (j’hésite à adopter la terminologie de « fantastique », trop souvent rattachée à la fantaisie). J’ai lu ce recueil à un moment où j’avais lu plusieurs romans policiers, et ce fut un éclat de douceur entre deux lectures sombres. Les personnages nous touchent et l’on ne peut s’empêcher de s’y attacher. J’ai vu ce livre comme un espoir qu’il ne faut jamais lancer la serviette, même dans la mort.

Médium

J’ai bien sûr acheté le format électronique (Kindle). Le texte est bien monté, et nous avons la possibilité de connaitre notre avancée de lecture pour chacun des textes et non pas seulement pour la totalité du livre. Comme vous le savez peut-être, j’aime bien cette fonctionnalité afin de décider si je commence un autre texte/chapitre ou bien si j’attends d’avoir plus de temps pour m’y consacrer entièrement (je déteste laisser une lecture en plein milieu, dans un moment critique !). L’image de la couverture est très à propos avec un escalier en pierres qui monte vers on ne sait où sinon vers un mystérieux flou lumineux. J’adore les chemins qui se perdent à l’horizon, les ponts qui nous laissent présager une traversée vers l’aventure et les escaliers qui nous amènent vers l’inconnu. Une couverture prometteuse et sobre qui n’en reste pas moins accrocheuse.

Verdict

Un livre que je recommande à tous, principalement à ceux qui n’aiment pas les longues histoires qui n’en finissent plus avec un langage surélaboré ne servant qu’à démontrer que l’auteur sait se servir d’un dictionnaire. Ce n’est pas la première fois que je lis un Laurence Lopez Hodiesne, une dame de Nice qui écrit toutefois dans un français international, sans inclure de régionalisme à n’en plus finir. Une belle plume simple (et non pas simpliste, loin de là !), qui nous permet de nous consacrer à cent pour cent sur le texte lui-même et non pas sur des mots grandioses ne servant qu’à impressionner et volant ainsi la vedette à l’histoire.

Je vous invite à visiter le site web de Laurence ou vous trouverez l’information concernant toutes ses œuvres, quelques nouvelles gratuites, et bien plus.

Quelques points de vente

  • Amazon.ca
    • Livrel* : 1,40 $
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    • Livrel* : 0,99 €
  • Gratuit sur Amazon avec abonnement KindleUnlimited

Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Deux titres offerts en audio!

Deux titres offerts en audio

Je suis très heureuse de vous annoncer que « Point de rupture (Tome 1 – Dualités meurtrières) » et « Doux souvenirs au temps de Duplessis » sont maintenant offerts en format audio sur Audible.com et Audible.fr.

La voix du narrateur (acteur et chanteur) Jean Brassard vous ensorcèlera certainement! Une voix chaude et profonde qui vous fera apprécier ce nouveau mode de « lecture ». Vous pouvez également écouter un extrait d’environ quatre minutes totalement gratuitement. Il suffit de cliquer sur le lien « Écouter un extrait » (ou bien « Sample » si vous êtes sur le site américain) qui se trouve sous l’image du livre.

« Pourquoi donc écouter un livre? » vous demandez-vous certainement. Je vous invite à lire l’article que j’ai publié à ce sujet il y a quelque temps, Le livre qui s’écoute. Peut-être aurez-vous alors l’envie de tenter l’expérience?

Si l’envie vous dit de faire le saut vers l’audio, notez que j’ai quelques codes promotionnels à offrir, ce qui vous permettra de télécharger le livre gratuitement. Je ne vous demande que deux petites choses en retour : une critique du livre sur le site d’Audible ou bien d’Amazon (compagnie affiliée), et d’en faire mention sur un de vos médias sociaux.

Je vous rappelle que les auteurs autoédités n’ont pas les moyens des grandes maisons d’édition et que c’est le bouche-à-oreille qui nous permet de nous faire connaitre à travers le monde. Un petit commentaire ne prendra que quelques secondes de votre temps, mais ce sera suffisant pour possiblement faire une grande différence pour un auteur.

Merci à l’avance pour votre appui et votre aide à faire connaitre ce nouveau mode de « lecture »!

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Le portail au mille et une vies

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J’ai vécu mille et une existences : je fus une aventurière amoureuse en 1542, la propriétaire d’une richissime plantation dans le sud des États-Unis et, au contraire, une défenderesse des droits de la personne chez les Yankees du Nord au temps de la guerre de Sécession. J’ai tué de sang-froid, par obligation ou bien par pur plaisir. Je me suis fait assassiner, avec passion ou hargne. J’ai vécu avec les loups-garous et les vampires, j’ai passé cinquante ans de ma vie sur des terres magiques en compagnie des dragons. J’ai nagé avec des dauphins, fait du parachute, de l’escalade dans les Alpes. J’ai vécu dans une caverne à l’époque où le feu fut découvert par l’homo sapiens. J’ai connu la guerre et la faim, la richesse et les joies, la vie et la mort. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai été portée à la réflexion et mon cœur a battu au rythme de l’adrénaline. Pour l’instant toutefois, je suis une jeune femme rêveuse qui habite à l’Île-du-Prince-Édouard et une putain Montréalaise.

Où ai-je vécu tout ça ? Dans les livres. Je possède un énorme coffre bleu bordé de laiton, comme c’était en vogue il y a plusieurs dizaines d’années. Je ne les ai pas comptés, mais il doit facilement contenir une centaine de livres, si ce n’est pas plus. Je le traine comme un coffre de l’espérance depuis bien des années. Ces précieux bouquins sont enfermés dans le noir et l’humidité, en attente d’une nouvelle vie, que j’ai finalement décidé de leur offrir. J’ai commencé, quelques livres à la fois, à déposer mes précieux bouquins, témoins d’une vie d’aventure, dans des boites à livres privées (les bibliothèques étant trop snob pour accepter des livres en charité). Ça m’a pris du temps à me décider : tant de souvenirs y sont rattachés. J’ai pris la décision de ne pas les relire avant, presque à mon corps défendant. À quoi bon retourner dans le passé de toute façon ? Il y a tellement d’autres existences, d’autres aventures à vivre ! Je n’ai pas besoin de ces reliques — qui seront mieux ailleurs où elles pourront à nouveau procurer du plaisir au lieu de moisir dans une cave — pour me souvenir des heures de complicités que j’ai passées avec ma mère, assises côte à côte au salon, à la table de cuisine du chalet ou sur la galerie, à nous absorber dans la vie des autres. Les souvenirs sont dans notre esprit et notre cœur, et non pas dans les objets inanimés qui peuplent notre existence.

Certains disent qu’il y a trop d’auteurs, que tout le monde écrit. Il y en a effectivement beaucoup, mais JAMAIS trop. Ceux qui pensent ainsi sont incapables d’accepter de s’aventurer en terrain inconnu ; il retourne toujours aux mêmes routines. Des auteurs, il y en a pour tous les gouts, et il y a autant de gouts qu’il y a d’humains. La jeune fille romantique que j’étais n’est plus ; j’ai besoin d’autres choses maintenant, de suspense, de violence, de vérité. Parfois, je retourne vers des types d’histoires qui sont différents de mes préférences habituelles ; c’est une chance que les livres sont maintenant à la portée d’un simple clic de souris, par des auteurs tout aussi différents les uns des autres. Découvrir un nouvel auteur, un style, qui se démarque des autres, c’est comme découvrir une nouvelle contrée.

Maintenant, j’ai l’immense privilège de faire partie de ces artistes de l’esprit, de ceux qui nous font vivre des choses extraordinaires par les mots. J’ai rejoint les rangs des porteurs de rêves et de l’imagination, et j’en suis fière (malgré mon succès mitigé). J’aurais aimé que ma mère en soit témoin… mais je n’aurai probablement jamais écrit mon premier livre sans son départ de ma vie. Souvent, un événement en amène un autre. Comme le dirait Anne Shirley (série « Anne » de Lucy Maud Montgomery) :

« There is another bend in the road after this. No one know what will happen. »

(Il y a un autre virage sur la route après celui-ci. Personne ne sait ce qui arrivera ensuite.)

Dernièrement, j’ai acheté quelques livres papier, et j’en ai profité pour expérimenter un peu. Pourquoi le papier, vous demandez-vous, puisque je suis une fervente défenderesse de la lecture moderne ? Tout simplement parce qu’on m’a offert des cartes cadeaux de librairies. Je ne suis pas retombée en amour avec ce format : encombrant, écriture trop petite et lignes collées ; ça manque de souplesse, d’aération. « Chasse le naturel, revient au galop »… je suis tentée malgré moi de trouver un petit coin pour exposer tous ces bouquins. Je me retiens : j’ai lu, j’ai vu, j’ai vaincu… je peux maintenant donner au suivant.

Lorsque votre vie est morne, sans saveur, il suffit de se plonger dans un livre, peu importe le format, pour se voir transporter ailleurs et oublier tous nos soucis. Après, de toute façon, ils paraissent souvent presque qu’insignifiants. Je plains ceux qui ne savent pas savourer ce plaisir ; ils se privent d’un divertissement précieux. Ne soyez pas avare de vos trésors, qui prennent la plupart du temps la poussière dans votre bibliothèque de toute façon, et faites découvrir votre passion aux autres : Donnez au suivant.

J’ai vécu mille et une vies… et il m’en reste tout autant à vivre !

Bon été et, surtout, bonne lecture !

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : Salamanca

Critique littéraire - Salamanca

Synopsis

Une ancienne route abandonnée, au cœur d’une inquiétante forêt…

Le seul murmure du vent pour rompre le silence et la solitude la plus absolue…

Une ville à la consonance étrange, perdue au milieu de nulle part…

Que feriez-vous si vous n’aviez aucun souvenir de la façon dont vous avez atterri en un tel endroit ?

Que feriez-vous si le seul choix qui se présentait à vous était de vous rendre dans cette petite ville isolée ?

Que feriez-vous si vous découvriez ce que cache réellement cette ville ? Ce qui s’y dissimule dans l’ombre ?

Seriez-vous alors capable de résister au déferlement de folie et de terreur ?

Et surtout, seriez-vous capable de faire face à l’effroyable vérité ?

Quels que soient les choix que vous serez amené à faire, prenez bien garde à ce qu’aucun d’entre eux ne vous mène à SALAMANCA…

Critique de l’œuvre

C’est une histoire à lire rapidement, c’est-à-dire à ne pas étirer sur plusieurs semaines. De toute façon, lorsque vous commencerez votre lecture, vous n’aurez plus envie de vous arrêter ! Pour apprécier « Salamanca », il faut s’absorber de l’atmosphère décrite par l’auteur, avec grande habileté d’ailleurs. Ce que j’ai particulièrement apprécié est de ne pas être privée de ce qui arrivait aux autres personnages tandis que les aventures de l’un nous étaient contées. Je vous explique : un chapitre traite, par exemple, des évènements survenus par deux des personnages, qui se terminent par leur décision d’aller frapper à la porte de leur compagnon d’infortune. Le chapitre suivant nous retourne en arrière de quelques heures, pour nous faire vivre la misérable aventure de ce même compagnon, chapitre qui se termine lui aussi avec les deux autres personnages qui frappent à sa porte. Si cela peut vous sembler redondant, laissez-moi vous dire que, au contraire, cette façon de procéder nous permet de ne rien rater de l’action des personnages et de nous plonger plus profondément dans l’histoire. Bien que le principe de l’histoire ne soit pas nouveau (des gens sont incapables de quitter une ville puisque, peu importe la route qu’ils empruntent, ils se retrouvent toujours au même croisement), le traitement des évènements ayant amené à ce mauvais sort est bien différent de ce que j’ai vu ou lu jusqu’à maintenant. La fin (en plusieurs chapitres) m’a surprise et ravie à la fois. C’est là que nous reconnaissons l’excellent travail d’un auteur autoédité : il n’a pas peur d’être différent et, par le fait même, de nous jeter en bas de notre chaise par la même occasion. La fin est en lien direct avec les évènements du début, d’où l’importance de ne pas prendre un mois pour lire le bouquin.

Médium

La couverture présentée en début d’article n’est pas celle qui illustrait le livre lors de mon achat. Bien qu’elle représente très bien un élément clé de l’histoire, là où tout commence, je dois avouer que je fus attirée par la couverture noire, montrant simplement un visage squelettique dans l’ombre portant un doigt à ses lèvres en un « chut » silencieux.  Toutefois, la couverture actuelle est probablement plus représentative de l’histoire. J’ai acheté le livrel* en format Kindle. J’aurais aimé pouvoir vérifier mon temps de lecture par chapitre, mais ce n’était malheureusement pas possible. Toutefois, je l’ai lu tellement rapidement que ce n’était pas vraiment applicable dans le cas présent de toute façon.

Verdict

Une histoire dans laquelle on se laisse facilement embarquer, et qui n’est pas sans rappeler les romans à la Stephen King. La fin consiste en quelques retours en arrière qui nous permettent de faire la lumière sur la raison pour laquelle ces gens furent « victimes » de la petite ville étrange de Salamanca. Si un livre me tient en haleine du début à la fin, c’est qu’il est réussi et c’est le cas avec « Salamanca » d’Alexis Arend.

Quelques points de vente

  • Amazon.ca
    • Livrel* : 5,55 $
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  • Gratuit sur Amazon avec abonnement KindleUnlimited

* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire – Prix du récit Radio-Canada 2016

Critique - Lauréats prix de la nouvelle

Source: ici.radio-canada.ca

Je sais, le prix du récit Radio-Canada a été décerné à la mi-septembre 2016. Toutefois, je préfère toujours prendre quelques semaines voire mois avant de me prononcer sur les textes gagnants. Ma première lecture n’est pas toujours la bonne : je préfère relire le tout quelque temps plus tard, pour voir si mon état d’esprit et mon opinion ont changé.

Je vous invite à cliquer sur le titre de chaque histoire pour aller lire le texte complet.

Le réfrigérateur (Cynthia Massé – Gagnante)

Bon… je ne vous parlerai pas de ma première lecture puisqu’elle m’a presque fait promettre de ne plus tenter de participer à ce concours (en fait, j’ai vraiment hésité à envoyer mon dernier texte au concours de nouvelles de Radio-Canada — dont les gagnants seront dévoilés en 2017 —, de plus en sachant que Biz en était l’un des juges). Je n’ai pas presque battu en retraite parce que je crois que je n’arrive pas à la cheville des participants (il ne faut pas non plus se vautrer dans la fausse modestie), mais bien parce que c’est décourageant de voir ce genre de texte en haut du podium. Ce qui m’a le plus dérangée (à part le fait que le texte était décousu et sans fluidité) ce fut le fait que les textes soumis au Prix du récit doivent être des faits vécus, ce qui n’est pas totalement le cas ici. D’un point de vue pragmatique et cartésien, ça me surprendrait grandement que la colocataire dont il est question ici se soit véritablement cachée dans le frigo pendant des jours. À ma deuxième lecture, j’ai toutefois accepté la métaphore (bien qu’assez grossière) de bonne grâce en me disant que c’était tout de même politiquement correct (et que j’en vois un oser dire que je ne fais jamais de concessions, hein ?). L’auteure a exposé, quand même avec adresse, la compulsion maladive d’une personne souffrant de troubles alimentaires en rédigeant un paragraphe rapide et sans ponctuation (donc sans pause), ce qui était en soit une bonne idée. Toutefois, elle aurait pu le faire avec un exemple plus logique qui ne fait pas passer les filles souffrant de troubles de ce genre pour des cinglées mures pour la camisole de force et une belle petite chambre capitonnée. Remarquez que « l’équilibrée » de l’histoire n’est pas mieux en versant son contenant de lait sur ses fruits qu’elle a cachés dans le fond de la garde-robe. S’il y a une métaphore à cette action, elle m’élude complètement, et ce, après plusieurs lectures. Je comprends qu’elle voulait vider le frigo pour s’y cacher… mais pourquoi faire un tel dégât ? L’ajout de titres de paragraphe aide heureusement à nous retrouver dans ce texte qui passe du coq à l’âne. Certains passages, comme le paragraphe nommé « Biocommunicationologie », semblent être du pur remplissage. L’auteure aurait probablement pu en dire plus sur le sujet principal au lieu de divaguer complètement. Donc, selon moi, un texte qui ne méritait pas du tout d’être en finale et encore moins le grand gagnant.

Grand-père et capitaine (Yann Fortier)

Dans mon cœur, c’est le grand gagnant. Un texte bien écrit, qui se suit bien. Une plume qui nous fait entrer dans l’univers d’un grand-père (en l’occurrence, le sien), qu’il dépeint si bien qu’on le voit. On comprend et compatis de tout notre cœur à sa dure recherche de l’objet sacré, nécessaire au bonheur complet du vieil homme. On devient aussi obsessif que l’auteur dans sa quête. On pousse un cri de soulagement lors que le but, qui semblait si simple au départ, est finalement atteint. De plus, on en apprend un peu plus sur la marine canadienne et on se rappelle de « bons » souvenirs avec les plaisirs de la recherche AVANT l’époque de l’internet. On vit ce qu’il a vécu comme si nous y étions ; nous y participons presque. De l’émotion, du suspense, un brin d’humour pour pimenter le tout… quoi demander de plus ?

La fille qui veut marcher sur la lune (Philippe Garon)

Le premier mot qu’il me vient : pénible. On dirait que l’auteur a acheté un voyage de point (à la ligne) dans une vente chez Costco. Tu peux faire des phrases courtes pour montrer un empressement, une certaine finalité nue. Tu peux faire une phrase d’un mot (même si, théoriquement, ce n’est pas une phrase). Je vous en conjure. Ne. Pas. Le faire. Pour. Tout un texte. Vous voyez combien c’est agaçant ! Le type voulait faire une histoire de dix pages, mais bon, le concours ne permet qu’un maximum de 1800 mots. Aucun problème : on coupe dans le gras. Il aurait pu faire un texte aussi dynamique en harmonisant un peu plus les passages. Déjà que d’enlever son paragraphe sur « Chambre en ville » aurait donné de la place à quelques articles et verbes additionnels. Vous l’aurez deviné, un texte que je n’ai pas aimé et dont je considère la seule présence comme finaliste du concours comme une usurpation, puisqu’il a volé la place d’un autre texte qui était très certainement excellent.

La chasse à la biche (Bianca Joubert)

Un texte poignant et touchant qui ne nous laisse pas indifférents. Un récit qui nous trotte dans la tête de temps à autre par la suite, en pensant aux pauvres filles de là-bas. Un destin qui aurait pu être tragique pour trois jeunes femmes canadiennes. Et si, se dit-on parfois. C’est le cas ici. L’histoire se passe en 1993, mais ça n’a pas changé, j’en suis certaine. Si ce n’est pas Ciudad Juárez, c’est une autre ville, un autre pays. Les femmes : proies idéales depuis la nuit des temps. On nous promet l’égalité, mais notre sexe sera toujours notre faiblesse. Marchandises on était, marchandises nous resterons. Un texte qui, dans sa structure et son sujet, mérite pleinement sa place dans le palmarès. Lui aussi j’aurais aimé le voir en haut du podium.

Souvenir de Catatonie (Hugo Léger)

Un texte d’une beauté douloureuse. Ici, c’est le bon exemple des phrases très courtes utilisées de temps à autre pour exprimer une pensée avec précision, sans flafla. L’auteur nous fait voyager en Catatonie, le pays de la maladie mentale. Ses métaphores sont sublimes et percutantes. C’est troublant de trouver belle une histoire si tragique. Une maladie qui pourrait toucher n’importe quel d’entre nous, une histoire qui pourrait être la nôtre. La Catatonie ouvre ses frontières toutes grandes aux gens malades… mais elle ne délivre pas de visa de sortie aussi facilement ; comme dans une bureaucratie gouvernementale, on doit se battre pour l’obtenir. On ne peut pas mettre tous les textes sur la première marche du podium, mais ce texte-ci y mériterait toutefois une place tout en haut.

CONCLUSION

C’est connu, c’est pratiquement toujours le texte le plus étrange et le moins structuré qui gagne à ces concours Radio-Canadiens. Malheureusement et à mon avis, être original n’est pas toujours le signe d’une bonne écriture. J’ai souvent l’impression que les juges oublient que c’est ce dont il est question ici : d’écriture. Le cas de l’originalité primée est souvent synonyme de snobisme : « C’est bizarre, décousu, sans structure… ce type doit être un génie ! ». On a qu’à penser à Picasso, un des rares peintres devenus riches de son vivant (je mets au défi qui que ce soit de me dire que ce qu’il faisait était beau ! Original et différent, certes, mais joli ? Il ne faut quand même pas pousser le bouchon trop loin). Mais bon, on dit que l’art ne se discute pas.

Bonne lecture!

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Le livre qui s’écoute

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Lorsqu’on pense « livre audio », notre esprit bifurque immédiatement vers les personnes possédant une défaillance visuelle partielle ou totale. La réalité est tout autre… et bien plus excitante !

Comme on le dirait au Québec, je mets la charrue avant les bœufs : vous vous demandez certainement quelle est la raison de mon intérêt soudain pour le livre audio. Sachez que j’y pense depuis quelque temps, plus précisément depuis une discussion sur l’avenir du livre que j’ai eu avec Pierre Corbeil au Salon Boréal. Comme si le destin pouvait lire dans mes pensées, Audible m’a contacté il y a quelques semaines avec une offre des plus intéressante : un contrat de dix ans pour la production en studio (avec narrateurs professionnels) et la distribution de mes cinq livres ; je n’aurai rien à débourser du tout (au contraire même !). Vous retrouverez donc mes livres en version audio d’ici les douze prochains mois (une grande main d’applaudissements !).

Revenons donc à nos moutons et au tout nouveau monde s’offrant à nous, gens d’une aire moderne qui roule à cent kilomètres-heure :

Selon la revue Forbes, l’avenir des gens pressés et des adeptes du multitâche passe par le livre audio. Ce que j’entends très souvent comme excuse pour ne pas lire est « je n’ai pas le temps », « j’ai mal aux yeux » ou « je m’endors lorsque je lis ». Pour plusieurs, c’est la raison principale pour laquelle ils préfèrent écouter de la musique pour relaxer. Ils peuvent se fermer les yeux, et voilà ! Ou bien, ils peuvent effectuer leurs tâches quotidiennes simultanément. On peut donc dire que les gens considèrent souvent la lecture comme un luxe qu’ils ne peuvent pas se permettre, par manque de temps ou par fatigue. C’est donc là que le livre audio fait sont entrées fracassantes dans une nouvelle routine de vie : voyager de la maison au boulot, travailler sur la route, faire du jardinage, la cuisine, le repassage, passer la tondeuse, courir sur le tapis roulant ou pédaler sur le vélo stationnaire (et bien plus !) tout en écoutant son livre. Un article que j’ai lu (et dont j’ai malheureusement égaré le lien) spécifie d’ailleurs que le livre audio s’apprécie encore plus lorsque, justement, on effectue une tâche plutôt inintéressante, comme plier du linge ou couper des légumes.

Un des plus gros joueurs du marché est bien sûr Audible, une filiale d’Amazon et le distributeur exclusif de livres électroniques sur Amazon et iTunes. Si vous avez un compte Amazon où vous effectuez vos achats, vous n’avez même pas besoin de créer un nouveau compte.

Sur les plateformes Française et Américaine d’Audible, l’offre actuelle est un essai gratuit d’un mois (ce qui donne droit à un livre audio totalement gratuit). Ensuite, sans obligation, vous pouvez décider de vous abonner afin d’avoir droit à un livre gratuit par mois, pour un montant mensuel fixe. De plus, cette offre vient avec un rabais additionnel de 30 % si vous décidez d’acheter d’autres bouquins durant le mois en cours. Compte tenu du taux de change actuel, la plateforme européenne reste plus avantageuse pour les audiolecteurs Canadiens (environ 15 $ CA sur la plateforme européenne au lieu de 20 $ CA sur le site de nos voisins du Sud). Notez que c’est une question de choix, la même sélection étant offerte aux deux endroits. Je vous invite d’ailleurs à aller écouter un extrait (de cinq à dix minutes) ; vous allez apprécier l’expérience !

« Et le livre québécois dans tout ça », me direz-vous. Bon, comme d’habitude, le Québec est un peu en arrière côté technologie. Ma recherche (non exhaustive, je l’avoue) ne m’a pas permis de trouver de livre natif d’un auteur du Québec. On ne sait jamais : je serai peut-être l’une des premières !

Même si je ne suis pas une des auteures indépendantes les plus populaires de la francophonie mondiale (je l’avoue sans dénigrement), je me considère tout de même comme une pionnière dans ce que j’estime être l’avenir de la littérature : des ouvrages de qualité publiés par les auteurs eux-mêmes (et qui leur ressemble), des livres en version électronique qui se lisent sur tout type d’appareil, allant de l’ordinateur traditionnel à la tablette en passant par la liseuse électronique et le cellulaire et, finalement, de la littérature qui s’écoute en tout temps à notre plus grand plaisir.

Nous vivons à une époque extraordinaire où tout est à la portée de notre main et dont la technologie s’adapte à notre train de vie personnel.

Je vais peut-être changer mon slogan pour « Authenticité. Indépendance. Avant-gardisme. » Qu’en dites-vous ?

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire : Un sac

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Synopsis

Oserez-vous regarder dans le sac ?

En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale.

Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l’insu du reste du monde, l’éducation de la petite Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, elle n »imagine pas encore le monstre qu’elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement.

Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d’importance ?

Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle.

Critique de l’œuvre

Je dois dire que je ne connais pas du tout cette auteure, et que c’est une amie qui m’a incitée à la lire. Je n’ai été attirée ni par la grosse mention « Prix spécial du jury 2015 » ni par les dithyrambiques commentaires (remarquez que certaines rétroactions sont plutôt assassines sur la plateforme française d’Amazon). C’est la couverture (j’en parlerai un peu plus bas dans la section « médium ») qui a attiré mon regard, et aussi, étonnamment, les commentaires négatifs.

Je commençai donc ma lecture en me disant qu’une récompense « française » voulait certainement dire ennuyeux, soporifique, voire une auteure qui s’écoute parler pour avoir l’air intelligente et cultivée (je sais, je suis pleine de ce genre de préjugés). Je l’avoue humblement, j’avais tort sur tous les tableaux. Difficile de vous parler des moments forts, de ce qui nous pousse à continuer notre lecture comme si notre vie en dépendait (ou presque) sans dévoiler aucune des intrigues. Ce livre comporte deux types de sections, ce qui garde le suspense actif : les « interludes » qui nous exposent, par brides et à la troisième personne, une nuit dans la vie d’une mystérieuse femme et de son sac (que contient-il ? Il faut lire jusqu’au bout pour le savoir !), puis il y a les chapitres, écrits à la première personne, qui nous font pénétrer dans l’esprit plutôt lucide, bien que parfois troublé et glauque, d’une jeune femme qui nous dévoile sa vie et son âme, sans aucune retenue.

Texte parfois violent qui nous amène toujours vers un chemin que nous n’attendions pas. Pour savourer cette histoire à la fois touchante et dure, il faut prendre son temps, ne pas lire à la « va vite ». Il faut savourer les mots et leur mode d’expression. En effet, les phrases sont parfois longues… très longues. Ce qui nous sauve d’une lecture pénible — qui ressemblerait davantage à une tâche équivalente à prendre connaissance d’un rapport sur le réchauffement climatique au lieu d’un plaisir certain — est la maitrise quasi parfaite des virgules par l’auteure. Sans cette distinction, il serait facile de s’emmêler les pinceaux dans une phrase qui a une longueur équivalente à un paragraphe. Au contraire, on embrasse le rythme des pensées de notre personnage et on l’accompagne dans son périple vers… vers quoi au juste ? Disons la réalisation qu’il n’y en aura jamais de facile pour elle et que, dans la vie, il faut suivre le courant avec lucidité et transparence en espérant que le satané destin jouera en notre faveur de temps à autre ; il faut prendre à la figure ce qu’il nous lance en gardant la tête et les épaules droites, sans plier.

L’auteure ne nous pousse pas vers une petite morale facile, comme quoi la pauvre môme n’est pas coupable de ses actes, que c’est la vie qui lui a balancé ces ordures aux visages, etc. Non. Le personnage est transparent avec nous, parfois trop même ; on aurait envie de lui dire d’arrêter, de ne pas souiller notre image de la fillette faible et sans ressource par l’aveu que ses actes étaient les siens, que ce fut consciemment ou durant un épisode de conflit intérieur. On voudrait la prendre dans nos bras pour la bercer… tout en s’assurant qu’il n’y a aucun objet tranchant ou contondant à sa portée et que, bien sûr, elle ignore où nous vivons.

Médium

Comme je l’ai mentionné plus haut, c’est la couverture, toute simple et sans flafla, monochrome, si ce n’était pas de la mention spéciale qui dérange l’œil, qui m’a attiré en premier. Une petite fille innocente qui marche sur un chemin sans fin, dans la pénombre, ayant pour seule lumière ce qui semble être l’éclairage de la lune. Mystérieux, intrigant. Un titre simple et court qui ne veut rien (et tout) dire : « Un sac » (qui aurait éclaté écrit en rouge sang au lieu du noir). Je comprends cependant que l’auteure soit fière de mentionner le prix qu’elle a reçu, qui est tout de même notable dans le monde de l’édition électronique. Il va de soi que j’ai lu le format électronique Kindle. Les fichiers sont bien montés, les chapitres correctement définis. Notez que le livre est également offert en format papier sur Amazon. De plus, en ce qui concerne ce dernier format, vous n’aurez aucuns frais de livraison advenant le cas où votre achat total atteindrait 25 $.

Verdict

En bref, j’ai adoré, et je suis même triste que ma lecture soit terminée. L’auteure nous expose un personnage troublé comme je les aime sans tomber sans un sentimentaliste qui serait facile, voire déplacé, dans les circonstances. Un personnage nuancé entre l’amour et la haine, qu’elle éprouve, envers elle-même et son entourage, et qu’on ressent pour elle en retour. Si c’était une histoire vécue, on ne pourrait pas avoir un plus grand dévoilement de l’âme, une mise à nue si complète. Je ne crois pas qu’on pourrait même être aussi honnête envers soi-même dans des conditions semblables. La fin nous permet de projeter l’histoire dans le temps, et ainsi imaginer la suite du chaotique destin d’Anna.

Quelques points de vente

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* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique Littéraire : Fallait pas l’inviter / Fallait pas craquer

Critique littéraire - Fallait pas l'inviter

Synopsis

Fallait pas l’inviter :

Agathe, jeune trentenaire au caractère bien trempé, célibataire (apparemment) assumée, en a plus qu’assez des allusions de ses parents sur son statut de supposée “vieille fille”. Lors d’une grande réunion familiale en vue de préparer le mariage de son frère Philippe, quand la sempiternelle question tombe une nouvelle fois : “Viendras-tu accompagnée ?” la réponse fuse comme une balle : oui, elle sera accompagnée ! De son fiancé, Bertrand, jeune publicitaire en vogue doté de toutes les qualités du monde !

Seul problème : pour le moment, le beau Bertrand n’existe que dans son imagination. Il va donc falloir lui donner vie, et par tous les moyens ! Défi relevé aussitôt par une Agathe déterminée, qui n’a que quelques jours devant elle pour que la réalité colle à la fiction. Dès lors, elle va se retrouver emportée dans une folle histoire aux répercussions aussi insoupçonnables qu’imprévisibles. Pour le meilleur… et pour le pire !

Fallait pas craquer :

Retrouvez la suite des aventures d’Agathe, entourée de sa famille haute en couleur, de ses amis Sylvie et Tibor, toujours aussi décalés, et de quelques nouveaux venus pour le moins surprenants…

 » Après le désastreux épisode du mariage de mon frère, je pensais réintégrer mon petit quotidien bien tranquille (et un peu morne, pour ne rien vous cacher…), tout en essayant de me rabibocher tant bien que mal avec ma famille… » […]

Critique de l’œuvre

Comme la dernière fois, je me suis fait avoir au jeu. Je m’étais pourtant promis de ne lire que le premier livre, soit « Fallait pas l’inviter ». Eh bien non, je n’ai pas pu résister à acheter « Fallait par craquer ».

C’est un livre indéniablement « Français » : expressions et références. Toutefois, il est écrit de façon fluide et les dialogues sont crédibles, c’est comme si on y était. On se laisse embarquer par le mouvement de la vie houleuse du personnage. Personnellement, j’ai adopté dans ma tête une voix de Française pétasse, et je me suis follement amusée ! Bien que l’auteur spécifie que les deux livres peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre, je ne crois pas qu’on puisse réellement apprécier le volume 2, « Fallait pas craquer », à sa juste valeur sans avoir au préalable lu le volume 1. Aussi, le deuxième commence exactement où le premier se termine, je vous suggère donc d’acheter les deux volets et de les lire comme un livre unique. De toute façon, après avoir savouré le premier, vous voudrez lire le second tome, et ce, à votre corps défendant (j’en suis la preuve !).

J’ai savouré le premier comme un bonbon fondant qui coule dans la bouche et je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire à haute voix, avec des figures de style comme :

« Il pose sa main sur ma cuisse et je pousse un cri strident, comme le jour où j’ai découvert une énorme araignée velue qui courait sur mon édredon. »

« Il est tout rouge, les yeux à deux doigts de l’expulsion orbitale et sa mèche, traditionnellement rangée à l’horizontale, s’en vient battre dans un mouvement anarchique la base de son nez. Il me fait penser à un chien enfermé dans une voiture et qui aboie sur tous les passants en maculant les vitres de bave. »

« Quant à la principale accusée, après avoir imité durant une poignée de secondes le brochet agonisant dans une épuisette […] »

Avouez que l’image est là !

Un mariage de rêve qui tourne à la débandade et à l’anarchie ; un disc-jockey dépressif qui pleure en écoutant Le bal masqué de la Compagnie Créole… c’est succulent ! J’ai adorée Agathe, qui est humaine et qui ne s’en fait pas croire. Elle est imparfaite, elle le sait et elle emmerde tout le monde.

Ce personnage et le type d’histoire ne sont pas sans rappeler le style « Le journal de Bridget Jones ». D’ailleurs, pour moi, Agathe est une Bridget Française. Ses déboires amoureux, ses plans qui ne tiennent pas la route, ses questionnements constants au lieu de simplement profiter du moment présent.

Le tome 2 s’étend sur une année complète au lieu de se confiner à un seul évènement, comme c’était le cas dans le tome 1. Bien que j’aie adoré les deux volumes, j’ai un faible pour le premier qui se passe durant une seule journée. Le rythme est plus rapide et l’auteur ne nous laisse pas une minute de répit.

Médium

Comment résister à ces savoureuses couvertures plutôt inusitées (mais qui veulent tout dire) ? Dès le départ, le ton est lancé. Il va de soi que j’ai lu le format électronique Kindle. Les fichiers étaient bien montés, les chapitres correctement définis. Je suis toujours pointilleuse sur la question des chapitres, car j’aime savoir combien de temps il me reste pour finir mon chapitre (je déteste arrêter en plein milieu, car il est temps de retourner au boulot). Notez que les deux livres sont également offerts en format papier. De plus, en ce qui concerne ce dernier format, vous n’aurez aucuns frais de livraison si vous achetez les deux volumes (voilà, vous n’avez plus aucune excuse les amis !).

Verdict

Que ces histoires aient été écrites par un homme me renverse (il doit bien connaitre les femmes… enfin, certains types de femmes !). Si vous voulez vous détendre et profiter d’une bonne sangria et du soleil en savourant un livre drôle et léger, je vous suggère très fortement ces deux livres. Ce sont, à mon avis, des œuvres d’été allant de pair avec l’insouciance de cette saison et notre envie de nous laisser aller à lire quelque chose de rafraichissant.

Quelques points de vente

« Fallait pas l’inviter » — 212 pages :

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    • Ebook (environ 4 $)
    • Papier (environ 14 $)
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« Fallait pas craquer » — 272 pages :

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    • Ebook (2,99 €)
    • Papier (environ 11 €)
  • Gratuit avec abonnement KindleUnlimited

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Critique littéraire — Prix de la nouvelle Radio-Canada 2016

Critique - Lauréats prix de la nouvelle

Source: ici.radio-canada.ca

Je sais, je suis un peu en retard avec cet article puisque les gagnants ont été dévoilés au mois d’avril. Vaux mieux tard que jamais, non ? Je voulais également prendre la peine de tout relire avec un œil nouveau. Voici donc mon opinion sur les textes en lice.

Je t’écrirai dans l’air de Johanne Alice Côté (gagnante)

Trop poétique et cahoteux à mon gout. À mon avis, elle aurait dû mettre l’accent sur ce qui se passe dans la tête du personnage (une femme qui fait le deuil de son enfant décédé) au lieu de pointer de petits détails sans importance. C’était pourtant bien parti. Le fond est bon, mais un peu trop ésotérique pour rien et, surtout, sur des points dont on n’a rien à cirer. Comme beaucoup le savent, je n’ai pas l’âme poétique ; ce texte est peut-être un chef-d’œuvre que j’ignore. Je m’étais dit que j’aurais avantage à relire consciencieusement, à tête reposée. Ce que j’ai fait plusieurs semaines plus tard. Malheureusement, même résultat. Trois étoiles.

Séparation de corps de Mathieu Blais (finaliste)

Déjà, un homme qui se met dans le corps et l’âme meurtrie d’une femme, j’aime bien. Le texte, les mots et la forme sont simples, parfois brusques, mais je crois que c’était nécessaire dans cette histoire. La violence conjugale d’une longue relation explorée en quelques minutes arrachées à la peur de le voir revenir avant qu’elle n’ait pu partir. On sent la détresse de cette femme meurtrie, pure et sans flafla, et nous avons juste envie de la prendre dans nos bras pour la réconforter. Cinq étoiles.

Tout le monde tout le temps par Victor-Olivier Hamel-Morasse (finaliste)

Une étrange histoire de science-fiction et qui se passe au Québec. Cette nouvelle se démarque par le fait qu’elle nous amène dans un futur où l’environnement a foutu le camp. Le langage utilisé est très simple et minimaliste, mais il nous permet d’entrer dans l’esprit d’une personne qui, au fond, n’en sait pas plus que nous. Le personnage se promène dans une ville qui jadis (notre présent) était vivante et électrique et qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. C’est l’histoire de quelqu’un qui est perdu, autant dans son esprit que dans le monde qui l’entoure. Quatre étoiles.

Long-courrier de Laurent Duval (finaliste)

Encore un homme qui utilise un personnage féminin et qui réussit à nous le faire croire. Ce qui semble de prime abord être une petite histoire d’amour se transforme rapidement en suspense qui nous fait nous tenir au bord de notre chaise. Un rythme rapide très bien maitrisé. Je serais curieuse de lire une version plus longue pour en avoir encore plus. Une chute en queue de poisson comme je l’aime. Cinq étoiles.

L’anguille de Brigitte Trudel (finaliste)

Un texte bien québécois écrit avec simplicité, mais avec une habileté certaine. J’ai beaucoup aimé le parallélisme entre l’histoire toute bonasse de l’anguille et la séparation sous-entendue des parents des deux fillettes. Un texte doux qui montre bien que les enfants, même si nous croyons être subtiles dans nos propos, comprennent toujours plus que l’on croit. Quatre étoiles.

CONCLUSION

J’aurais aimé lire l’histoire de Polly-Lee Moore (l’une des vingt finalistes), car je suis presque certaine que c’est une des ingénieures avec laquelle j’ai travaillé à la fin des années 90. À dire vrai, j’aurais aimé lire tous les textes pour voir lesquels auraient mérité, d’après moi, bien sûr, d’être l’un des cinq finalistes du concours « Prix de la nouvelle » 2016. Mais bon, avoir une vitrine est l’un des privilèges des gagnants, non ?

Pour ma part, j’ai déjà écrit un premier jet pour le prochain Prix de la nouvelle (septembre 2016) et le Prix du récit (janvier 2017). Des histoires remplies de bonheur et totalement positives (c’est ironique au cas où vous ne l’auriez pas encore compris !). Le syndrome de la page blanche… qu’est-ce que c’est ?

Je vous laisse vous faire votre opinion en ce qui concerne les histoires des derniers finalistes.

Bonne lecture !