Nouvelle : Viande hachée

Viande hachée

**** AVERTISSEMENT : Langage pour public averti. Descriptions graphiques pouvant ne pas convenir aux cœurs sensibles. ****

Ces satanés trous de serrure… ils nous montrent ce qu’on veut bien y voir. J’y ai vu des trucs, mais ma grand-mère n’y apparemment rien aperçu. Un trou de serrure magique, sélectif. Plutôt de l’aveuglement. Qu’ai-je entraperçu, vous demandez-vous, à travers ce minuscule trou de métal brossé, encastré dans une vieille porte de la ferme de mes grands-parents ? Cette porte était pourtant identique aux autres, à la différence qu’elle portait la mention « Léa » écrite en rose sur une petite plaque de bois bordée de papillons en papier. Lorsque je repasse les films de ces visions volées à la nuit, ils ont la forme d’un triangle surmonté d’un cercle.

C’est le cri étouffé qui m’a réveillé. Était-ce simplement un hibou dans la nuit, les réminiscences d’un cauchemar dont je ne me souvenais déjà plus, les ronflements de mon grand-père ? Je l’entendis à nouveau. C’était peut-être Léa qui faisait un cauchemar ; elle en faisait beaucoup depuis la mort tragique de nos parents (comme si le mot « mort » n’allait pas toujours avec « tragique »… quel beau pléonasme). Je m’approchai à pas de loups, tentant de ne pas faire craquer les vieilles planches de la maison centenaire, et collai mon œil sur le trou sans clé (il n’y avait que le garde-manger qui en avait une, bien gardé dans la poche du tablier de mamie). C’était la pleine lune, et la lumière de l’astre illuminait la chambre par la fenêtre sans rideau. Elle avait la caresse de la lune et moi l’arrogance du soleil… j’aurais préféré le contraire afin de pouvoir faire la grasse matinée. Au fond, quelle en aurait été l’utilité puisqu’il avait les œufs à ramasser, les vaches à traire, les cochons à nourrir… mais je m’égare, je tente de retarder le moment de vous en parler, de me rappeler, de voir, encore et encore.

Donc, par la petite ouverture, j’entrevis tout d’abord la jambe de Léo, ensuite celle de mon grand-père. J’étais confus. Je tournai encore un peu la tête, tentant de comprendre ce que je voyais : papi était étendu sur Léa. Il lui tenait le visage enfoncé dans l’oreiller et il bougeait au-dessus d’elle. Je n’y ai bien sûr rien compris… À cinq ans, c’est normal. J’ai cru… je ne sais pas quoi exactement. Je courus réveiller ma grand-mère, pensant qu’elle pourrait les aider, peu importe quel était leur problème. Parce qu’il y avait assurément un problème quelque part. La nuit on dort, on ne joue pas à saute-mouton. Au pire, on les compte pour s’endormir, sans plus. Grand-mère regarda à son tour, et me dit, après un soupir par le nez : « retourne dans ta chambre Benoit. Oublis tout ça. ». J’ai compris… beaucoup plus tard. Grand-père était en train d’enculer vigoureusement Léa. Mille pardons ! Je vous choque par mes propos trop crus pour vos chastes oreilles ? Je pourrais, bien sûr, être plus diplomate et dire « sodomiser », mais lorsqu’un homme de soixante ans introduit son pénis de force dans le rectum de sa petite-fille de dix ans, c’est de l’enculage pur et simple, n’êtes-vous pas d’accord avec moi sur ce point ? Où en étais-je déjà ? Ah oui, le fameux soir. Je tentai bien d’interroger ma sœur sur le sujet le lendemain, mais elle éclata en sanglots en me disant de fermer ma grande gueule. Je fus choqué : elle ne m’avait jamais adressé la parole de cette façon. Je me retournai, la gorge serrée, et me promis de ne plus jamais mentionner quoi que ce soit. Je l’aimais trop pour qu’elle me haïsse en retour. Même lorsque je saisis enfin ce dont il avait été question, plusieurs années plus tard, les images en trou de serrure gravée à toujours sur ma rétine, je ne pipai mot. J’ai tenté d’oublier, comme elle semblait avait fait et, surtout, comme elle me l’avait ordonné. C’est si petit un trou de serrure, j’aurais pu mal voir… des dizaines de soirs. C’est à l’overdose fatale de Léa, qui se vendait comme une sale marchandise pour avoir sa dose qui lui ferait tout oublier pour quelques heures, que j’ouvris enfin les yeux.

Ce qui m’amène à mon dévouement des deux derniers mois à m’occuper de mes grands-parents sur leur ferme (presque vide d’animaux maintenant, la santé des octogénaires n’étant plus trop au rendez-vous). Je suis debout face à papi, une pince à linge sur le nez, en train de lui faire manger sa viande hachée. Pourquoi la pince ? C’est qu’il baigne dans ses excréments, son urine et son sang depuis quelques jours maintenant. Il ne peut pas aller aux toilettes puisqu’il est attaché, nu, sur une vieille chaise en bois au milieu de la cuisine. L’hygiène n’est plus au rendez-vous ; c’est ça la vieillesse, je suppose. Je le regarde vomir une autre portion de viande et, à l’aide d’une cuillère et de toute ma patience, je ramasse la substance sur son torse et son menton et la lui remets dans la bouche. Comme on le fait à un bébé de quelques mois. Si à la naissance on savait qu’on finirait notre vie comme on l’a commencée, merdeux et baveux, on ne perdrait peut-être pas tant de temps à apprendre à se mettre propre. Il n’est pas question que le vieux gaspille le repas que je lui ai préparé de mes blanches mains. Mes grands-parents détestaient le gaspillage de nourriture lorsqu’on était enfant, au point de m’avoir laissé poireauter à la table de la cuisine, du souper jusqu’au déjeuner le lendemain matin, devant des rognons répugnants. Maman avait une cuisine raffinée… mais un accident de la route nous a parachutés chez nos aïeuls. Si au moins papa s’était pas fait sauter la cervelle par désespoir. Pfiou ! Mélancolie, quand tu me tiens.

Où en étais-je ? Ah oui : Grand-père étant déjà à moitié gaga, j’ai commencé par grand-maman. Il faut punir les enfants qui ont été méchants, non ? J’ai donc pris une cuillère — eh oui, la même que celle que je tiens actuellement à la main — et je lui ai lentement insérée au-dessus de l’œil en pressant jusqu’à ce que sa peau ridée et séchée se brise. J’ai continué mon chemin en poussant légèrement vers le bas afin de détacher son globe oculaire du nerf optique.

« Mamie, arrête de bouger ! Je l’ai crevé, là… »

L’humeur aqueuse se mêla au sang et aux larmes ; c’était d’un gâchis sans nom. Moi qui voulais les mettres dans un joli bocal, c’était raté maintenant. Je déteste exécuter une tâche minutieuse dans un environnement non propice. Leurs cris m’ont donné une de ces migraines ! Au fait, retenez vos récriminations outrées : je vous rappelle que ses yeux étaient déjà défaillants à l’époque : elle n’a rien vu par le trou de la serrure. À quoi bon les garder alors ? Papi dans sa chaise, criant et pleurant toutes les larmes de son corps, se débattant comme un diable dans l’eau bénite. Quel comédien celui-là ! Il se foutait bien de sa très chère épouse lorsqu’il baisait ma sœur, soir après soir. J’ai essayé de lui faire avouer la vérité à l’aide de quelques taloches, mais la seule réponse intelligible que j’ai reçue fut : « Heu… Léa ? Qui est-ce ? » J’aurais dû me réveiller et agir avant son Alzheimer, ça aurait été plus drôle… enfin, plus si-gni-fi-ca-tif (je vois bien que vous me détestez déjà ; je ne vais certainement pas en rajouter avec des mots inappropriés !).

Malgré le mal de caboche qui me tenait, je n’en avais pas terminé avec la pécheresse. Après les yeux, ça allait de soi : la langue. La vérité, elle ne l’avait jamais dite de toute façon. À quoi bon garder un organe qui ne sert à rien ? Je pensais pas qu’une langue (même de bois !) saignait autant. Elle s’est malencontreusement étouffée dans son sang. Quelle idée aussi de s’évanouir la tête en arrière ; quelle stupidité de sa part. Elle était morte à mon retour du ciné. Eh ! Oh ! J’ai tout de même droit à une vie ! Je m’occupe d’eux gratuitement, alors vous repasserez pour la culpabilité les amis. J’ai tout de même droit à une pause divertissement de temps à autre… j’ai même rencontré une de ses petites dames, je ne vous dis pas. Dans le domain de l’éducation, comme moi. Je dois d’ailleurs la rappeler lorsque je retournerai en ville. Mais, bon, assez potiné ! Retournons à nos deux oiseaux rares.

Le vieux maintenant. Vous croyez que je lui ai coupé la queue, hein ? Eh bien… oui. Je l’avoue, c’est cliché. N’empêche que c’était le gros péché de l’histoire (ou plutôt, un petit péché tout mou et rabougri). Au moins là, il n’aurait plus de fuite urinaire. J’ai bien pensé à lui enfoncer un truc dans le cul, pour faire bonne figure, mais je dois avouer que je trouvais ça dégueulasse. Il était déjà plein de merde… pas envie d’y mettre les mains, même si je le lavais à l’aide du boyau de jardin. Et feu mamie là-dedans, vous demandez-vous ? Je l’ai découpé avec une scie à main… une tronçonneuse aurait plus adéquate, mais on fait avec les moyens du bord. Rassurez-vous, je ne l’ai pas fait devant lui, mais bien dans la grange… il y a une limite à tout saloper ! Quelle besogne astreignante, je vous dis pas ! J’en avais partout. C’est une chance que la vieille auge était encore là, parce que ça suinte des viscères. Je suis retourné à la maison avec les fragments dans un sac à déchet, et je me suis installé au comptoir face à lui afin qu’il ne manque pas tout du spectacle. J’ai pris soin de détacher la peau parcheminée de la chair à l’aide d’un petit couteau à dents. Ça ne fait pas des masses une vieille mamie toute chétive, je vous le dis. Pas un festin pour vingt, ça, c’est certain. J’ai ensuite passé les morceaux au hachoir électrique. Enfin, un équipement moderne et performant ! J’ai toutefois dû séparer la chair des os ; ce n’était quand même pas d’une qualité industrielle ce truc. Je me suis servi un petit verre de rouge, trouvai un poste de jazz et je m’attelais à apprêter cette belle viande rouge, plein de fer. Ça manque parfois de minéraux essentiels ces vieux débris. Qu’est-ce que vous pensez ? J’allais quand même pas lui faire manger de la viande crue, je suis pas un monstre ! Et c’est là que le vieux fou ingrat s’est mis à me vomir dessus. Moi, je lui cuisine un truc délicieux et lui il me fout tout sur le plancher en guide de remerciement. J’avais même pris la peine de mettre des petits morceaux d’oignon et un soupçon de coriandre.

« Là, t’es content ? Je donne tout aux cochons alors ! »

Ce n’est pas moi qui boufferais les restes de ça, il y a des limites à tout ; je suis végétarien depuis plus de trois ans, presque une religion. De toute façon, si ça va aux porcs, c’est comme un retour à la terre au fond, non ?

***

Désolé pour la pause, j’étais plus capable de ses cris et ses pleurs, comme s’il ne méritait rien de sa punition. Et moi les coups de ceinture sur le popotin, je les méritais toujours tu crois ? Bah, je l’ai mis avec les cochons finalement ; entre frangins, ils devraient s’entendre, non ? Blague à part, vous pouvez peut-être me dire : est-ce que ça mange des animaux toujours vivants ces bestioles-là ? J’aurais bien vérifié sur l’Internet, mais bon, il n’y a pas de réseau dans ce coin perdu. Au cas où, je lui ai cassé les deux bras et les deux jambes avec une petite masse que j’ai trouvée dans la grange. Il ne fallait tout de même pas qu’il se sauve à travers champs : il aurait pu tomber sur de pauvres enfants et les traumatiser pour le reste de leur vie. Je devrais peut-être garder la baraque et en faire un foyer pour personnes âgées : je crois que j’ai quand même la fibre, non ?

Bon là, c’est bien beau s’amuser et prendre soin de ses vieux, mais j’ai mon nouveau boulot qui commence lundi : éducateur en garderie. J’ai tellement hâte ! Je sais que je suis la personne parfaite pour m’occuper de jeunes enfants avec amour et attention, et, surtout, aider à leur éducation.

Il faudra d’ailleurs que je les mette en garde contre les trous de serrure : ils ne dévoilent pas toujours la vérité et, un jour, ils peuvent vous trahir.

FIN

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Toute une aventure!

Congrès Boréal

Eh oui, le Congrès boréal qui avait lieu la fin de semaine dernière à Mont-Laurier est terminé. Je remercie chaleureusement l’organisateur de Mont-Laurier, Joris Lapierre-Meilleur, de m’avoir invitée. Je lui souhaite bonne chance pour son bouquin de science-fiction qui est actuellement en phase de relecture.

Bien que la participation à l’évènement fût tout de même modeste (le coupable étant très probablement le beau temps, mais on ne s’en plaindra pas !), je suis très satisfaite du résultat et j’ai amplement atteint mes objectifs, qui étaient :

  • Vendre quelques livres
  • Faire connaitre la lecture électronique à travers différents médias (cellulaire, tablette, liseuse et ordinateur)

Je fus très choyée puisque j’ai eu droit à un grand kiosque directement à l’entrée (personne ne pouvait me manquer !). Mon mari et moi avons d’ailleurs fait fureur avec nos chandails personnalisés (« J’écris pour ne pas tuer les gens » et « J’écris pour ne pas devenir folle »). Il y a même des visiteurs qui voulaient en acheter !

Montage kiosque

J’ai été agréablement surprise par l’accueil des gens en ce qui concerne mon statut d’auteure indépendante. Plusieurs étaient curieux d’en savoir plus, autant des lecteurs que des auteurs (pensent-ils faire le grand saut ? On ne sait jamais !).

Malgré que ce congrès fût principalement axé sur la science-fiction et le fantastique, je me suis rendu compte que l’humour noir était très demandé et j’aurais probablement pu vendre plusieurs exemplaires de « Cover-up 101 » (j’avais attrapé les deux exemplaires qu’ils me restaient sur un coup de tête juste avant de partir de la maison ; j’ai bien fait !).

Comme dit précédemment, c’était une foule certes plutôt restreinte, mais dont faisaient partie des auteurs passionnés et des lecteurs qui l’étaient tout autant. Des mordus de science-fiction, de fantasy, de fantastique et d’horreur, des gens qui n’ont pas honte de se costumer pour montrer leur adhésion à cette clique particulière. J’ai, de plus, découvert le mouvement Steampunk. Ça m’a presque donné le gout d’écrire un autre livre de science-fiction ou même fantastique (mais bon, j’ai déjà deux polars sur le feu !).

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J’ai fait de nombreuses rencontres intéressantes, entre autres Pierre Corbeil, le propriétaire de la maison d’édition électronique Les Éditions fpc, avec lequel j’ai eu le plaisir d’échanger sur ce volet spécifique de la publication et sur ce que nous pourrions faire afin de contribuer à l’essor de la lecture électronique au Québec. Peut-être réussirons-nous à faire changer de direction au vent de l’édition traditionnelle au profit d’un média plus moderne ?

1ere et 4eme de couverture-nouvelleAprès quelques échanges de courriel la semaine précédente, j’ai finalement pu rencontrer la dynamique Marie Milette et sa collaboratrice Delphine Martinez, toutes deux de la compagnie Hérôle . Elles étaient présentes pour, entre autres, lancer le recueil de nouvelles inspirées des épisodes zombi (sic) dont une de mes histoires fait partie. Hérôle n’avait malheureusement pas de livres avec eux (problème technique), mais ils avaient un livret d’extraits qui mettent l’eau à la bouche (sans mauvais jeu de mots !).

Le concept Hérôle est simple, mais combien exaltant : un jeu de rôle grandeur nature, inspiré des jeux vidéos sur les zombies. Des groupes de participants peuvent ainsi faire l’expérience d’un scénario sur mesure et avoir l’impression de vivre une scène apocalyptique d’un futur qui restera, on l’espère, une simple fiction. Les morts vivants ont bien tenté d’avoir le dessus sur moi, mais mon sourire les a convaincus de me laisser vivre après tout !

Montage Zombi

J’ai eu la chance de parler avec l’auteur Simon-Pierre Pouliot, alias Vic Verdier, avec lequel je m’identifie un peu dans ma façon de voir l’écriture. Nous écrivons ce que l’on aime lire, sans trop nous poser de questions profondes. L’écriture doit principalement rester un plaisir avant d’être un travail. Nous faisions d’ailleurs partie de la table ronde « Le Québec de demain ». Encore là, nous avons tous deux choisi de mettre un Québec futuriste en première ligne dans nos livres pour la seule raison que nous nous sommes dit : « pourquoi pas ? ». En effet, pourquoi placer toujours les États-Unis, l’Europe ou bien l’Asie à l’avant-plan ? Dans « Causalité paradoxale », c’est grâce à un homme d’affaires québécois que la machine temporelle est construite et c’est le Québec qui en est le propriétaire et l’utilisateur. Vic Verdier va encore plus loin dans « L’empire bleu sang » en modifiant complètement un évènement marquant de notre histoire pour ainsi changer notre destinée et faire du Québec LA puissance mondiale.

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De gauche à droite : moi, Vic Verdier, Bruno Massé, Jean-Louis Trudel (animateur) et André Marois.

En parlant des tables rondes, ma première participation était pour « Time Travel » (qui était finalement en français) ; elle fut en quelque sorte mon baptême de l’air et j’en suis sortie plutôt déstabilisée. Je croyais que les auteurs du genre science-fiction étaient plus des geeks technicorêveurs que des intellectuels purs et durs, un peu comme certains lecteurs que j’ai rencontrés durant le congrès. J’avais tort ; mea culpa. La discussion tournait plus autour d’une synthèse des œuvres classiques sur le voyage temporel que du point de vue personnel des auteurs. Mes références étant quelque peu plus récentes, je n’ai pas pu m’exprimer beaucoup sur le sujet. Je saurai à quoi m’attendre la prochaine fois. N’ah, oubliez ça… mon corps ne survivrait pas à un autre stress du même genre !

J’ai également échangé avec Anne-Marie Bouthillier, l’éditrice du magazine d’horreur Clair/Obscur; lui parler m’a donné le gout d’écrire quelques nouvelles d’épouvante (du glauque, du dégoutant). Peut-être un jour un de mes textes sera publié dans le magazine, qui sait ! La version papier des revues est disponible sur leur site web. Elle devrait toutefois sortir la version électronique sous peu ; restons à l’affut !

Comme cerise sur le sundae (car c’était vraiment de justesse avant de repartir dans mon patelin de l’est-ontarien), j’ai participé à une entrevue filmée avec Luc Duchesne (alias Luduc) — interview qui devrait paraitre dans environ deux semaines. On s’est bien amusé !

Beaucoup d’autres rencontres super intéressantes, bien qu’elles ne soient pas mentionnées dans cette rétrospective, mais qui resteront dans mon cœur et, surtout, dans ma tête.

En conclusion, j’ai survécu aux tables rondes et je peux dire que je suis très satisfaite de cette première expérience. Un séjour certes épuisant, mais combien enivrant !

Je vais donc continuer de prendre des billets de loto ; on ne sait jamais, peut-être pourrais-je un jour me consacrer totalement à ma passion. Moi qui avais perdu un peu de ma verve durant les derniers mois, j’ai maintenant le gout de reprendre du clavier. Merci Boréal pour ce coup de pied au derrière !

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Chroniques printemps-été

Chroniques printemps-été

Bonjour à tous ! On se sent plus libéré, n’est-ce pas, une fois toute la neige et le froid disparus ? Avec la belle saison qui s’annonce, c’est le temps de racler et de s’installer pour l’été qui s’en vient à grands pas. Caliente ! Pourquoi ne pas profiter d’un bon petit livre sous la pergola ou sur le bord de la piscine, un verre de sangria ou une bière fraiche à nos côtés ? Du mois de mai au mois d’aout, je vous ferai partager mes lectures francophones dans des chroniques littéraires mensuelles (livres disponibles en format papier et électronique).

Il y aura quatre parties à ma critique : la synopsis (directement du vendeur), la critique de l’œuvre (par mes soins), mes commentaires sur le médium (l’allure générale du livre, les caractères utilisés, la façon dont les chapitres sont présentés, etc.) et la mention de quelques points de vente.

Dans l’optique « de tout, pour tous les gouts », j’y vais de plusieurs styles différents, que je vous présente à l’avance avec grand plaisir :

  • Témoignage : Raïf Badawi — 1000 coups de fouet : parce que j’ai osé parler librement
  • Suspense paranormal : Azel Bury — La Baie des morts
  • Humour rocambolesque : Aloysius Chabossot — Fallait pas l’inviter
  • Suspense psychologique : Solène Bakowski — Un sac

Je ferai une critique honnête sans parti pris et j’explorerai tous les aspects du livre, allant de son contenu à son contenant.

Profitez bien de l’été et j’espère que j’aurai la chance de rencontrer quelques-uns d’entre vous lors du Congrès Boréal qui se tiendra du 20 au 22 mai 2016 !

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Nouvelle : Cinq degrés

Cinq degrés

Elle ne comprit pas ce qui se passait. En quelques heures, le monde était devenu sens dessus dessous. À l’ère où l’information se transmet plus rapidement que le virus du rhume, les médias n’avaient pas été à la hauteur. Comment l’auraient-ils pu ? Les villes disparaissaient plus rapidement que la propagation de la nouvelle, avalées par la noirceur, un assaillant impossible à combattre. Implacable. Lorsque Nadia mourut, tranchée par un éclat de verre géant provenant de l’édifice sous lequel elle courait pour tenter de se mettre à l’abri, elle ignorait toujours la cause de ce chaos. Son corps se sectionna si vite qu’en tombant au sol, elle ne réalisa même pas qu’elle était déjà morte. Elle eut le temps de voir, à moins d’un mètre de son visage, les deux tiers inférieurs d’elle-même, coupés de la clavicule droite à la hanche gauche. Un sanglant dernier battement de cœur, et elle ferma les yeux pour toujours. Elle s’éteignit sans même réaliser qu’elle était à l’origine de cette catastrophe planétaire. Elle n’était pas la seule coupable… mais elle en était en quelque sorte le Ground Zero. Il n’avait suffi que d’un petit détail… et de cinq poignées de mains virtuelles.

Tout avait commencé un an plus tôt. Nadia venait tout juste de s’assoir à son bureau du CERN, un café moka bien chaud à la main, lorsque son ordinateur bipa, demandant l’entrée d’un nouveau mot de passe. Tous les quinze jours, ça devenait ridicule à la fin ! Elle était en manque d’imagination totale et décida d’exceptionnellement le noter sur un bout de papier, qu’elle collât négligemment sous le clavier. Devant entrer son code vingt fois par jour, il serait vite mémorisé. Toutefois, Nadia oublia de détruire cette clé informatique à la fin de sa journée de travail, dérogeant ainsi à la stricte politique de l’organisation. Elle détruisit l’indésirable le lendemain… mais il était déjà trop tard.

Mikaël était à son premier jour de travail au centre de recherche. D’accord, ce n’était pas l’emploi du tonnerre, mais ce boulot de vide-poubelle de nuit le comblait. Il avait la paix. Il tenta toute la nuit de repérer un mot de passe lui permettant d’ouvrir les portes informatiques du CERN. Un hacker récemment rencontré sur le web lui avait dit pouvoir traverser toute protection d’accès réseau pourvu qu’il eût au moins un mot de passe valide. Mikaël en était à la moitié de sa nuit, et ne croyait plus trop tomber sur quelque chose d’intéressant, lorsqu’il retourna machinalement un clavier et dénicha la perle rare. Il survola les alentours du regard et trouva la plaque d’identification de l’infortunée employée : Nadia Bahon. Il détacha la manche de sa chemise, prit un stylo et inscrivit l’information sur son avant-bras avant camoufler le tout. Il ne pouvait plus attendre de finir cette fructueuse journée de travail !

Benjamin travaillait pour un cabinet d’avocat comme technicien aux TI. Il ne pouvait pas croire que ses études l’avaient mené à un travail aussi minable. « Oui, Madame Untel, il faut cliquer à droite pour obtenir le menu. Non, Madame. Pas à la droite de l’écran, mais sur le bouton de droite. Oui, vous avez un bouton droit. » Pathétique. Comme passetemps et pour se prouver qu’il était encore vivant, il entrait par effraction sur des réseaux informatiques. Compagnies pétrolières ou pharmaceutiques, partis politiques, etc. Il en profitait de temps à autre pour glaner de l’information intéressante, et l’offrir contre rémunération sur des réseaux clandestins. Le trafic de renseignements était une activité plutôt lucrative. Lorsqu’un certain Mikaël lui avait dit travailler au CERN, Benjamin y avait vu une occasion en or de faire un grand coup. Il avait déjà essayé de s’y introduire, mais, sans un mot de passe valide et un nom d’usager, c’était impossible avec un réseau aussi crypté. Une fois les précieuses données obtenues de cet inconnu qui croyait qu’ils étaient maintenant les meilleurs potes du monde, le pirate à temps partiel s’amusa comme un petit fou à naviguer dans un des systèmes les plus convoités. Il copia tous les renseignements qu’il put trouver sur le collisionneur, même s’il ne comprenait pas le centième de ce qu’il lisait, et mit l’info aux enchères sur un des sites undergrounds qu’il fréquentait. L’attente fut heureusement courte, et il transmit tout ce qu’il avait pu obtenir à JOS171 en échange d’un beau gros transfert bancaire sur un compte aux Caïmans. Il pourrait désormais se payer le nouveau serveur informatique dont il rêvait depuis si longtemps. Oui, la vie était belle !

Joséphine avait l’air d’une gentille hygiéniste dentaire ; elle arborait même l’air d’une nunuche de première avec ses longs cheveux blonds, ses yeux innocents et sa conversation (très) limitée aux derniers potins des stars. Les apparences sont souvent trompeuses dit-on… c’était un réel euphémisme en ce qui concernait la belle Josie. Une chose que lui avaient bien fait comprendre ses nombreux changements de familles d’accueil : tu n’obtenais rien dans la vie à moins de manipuler les gens et de te retrousser les manches. Son petit réseau avait pris quelque temps à se développer, mais elle était maintenant en mesure d’acheter des renseignements de plus en plus chers et de les vendre pour des sommes dépassant ses espérances. Lorsqu’elle reçut le message de BEN358, elle n’en crut presque pas ses yeux : les plans du collisionneur ! Elle pensa tout de suite à un tout nouveau contact aux Émirats arabes unis ; il serait bien content de pouvoir obtenir une telle technologie. Quelques courriels et voilà : sa première vente à six chiffres. Joséphine ne pouvait pas croire sa chance. Elle jouait maintenant dans la cour des grands.

Abd Al-Kader avait trouvé le moyen de s’élever encore plus dans les sphères du souverain : les plans pour créer un accélérateur de particules. Avec les fonds quasi illimités du pays, ils pourraient très certainement devenir la plus grande puissance de la planète. Ils possédaient déjà le pétrole ; pourquoi pas un collisionneur de hadrons ? Sans l’éthique mal placée des pays industrialisés, ils pourraient même trouver d’autres utilisations. Abd Al-Kader manœuvra bien ses pions sur l’échiquier : en à peine douze mois, les Émirats avaient réussi l’impossible. Il ne restait qu’à attirer dans leur antre des scientifiques ambitieux. Les salaires faramineux seraient comme du miel pour les abeilles.

Mohammed Kabir savait que le roi désirait se débarrasser des scientifiques locaux pour engager des impures. Il était prêt à vendre l’essence même de son pays à des étrangers. Traitre. En fidèle musulman, Mohammed croyait fermement que le salut du monde entier était perdu. Il n’y avait qu’une solution : tout détruire afin d’assurer que les fidèles aient enfin la chance de rencontrer Allah. Un monde meilleur pourrait être créé. Par une nuit tranquille, Kabir retourna au centre de recherche sous prétexte qu’il avait du travail à terminer. Le temps étant de l’argent, ce n’était pas rare que des gens couchent même sur place afin de terminer un projet. Personne n’aurait pu se douter que le petit rat de laboratoire détenait autant de connaissances ; il avait toujours été sous-estimé. Par une manœuvre tout à fait hasardeuse, il réussit ce qui était apparemment impossible : la création d’un trou noir. Microscopique au début, il grossit rapidement, avalant tout sur son passage. Mohammed s’agenouilla et s’inclina : il les avait tous sauvés.

Sans le savoir, Nadia Bahon, petite employée sans importance au sein du CERN, avait cinq degrés de séparation avec Mohammed Kabir, un scientifique extrémiste. Une simple dérogation à une procédure de sécurité qui était des plus banales avait dérapé en la destruction complète du système solaire. Le trou noir dévora la Terre en moins de vingt-deux heures. Suivit la Lune, Vénus et Mercure d’un côté, Mars, Jupiter et Saturne de l’autre. Lorsque vint le tour du soleil, tout espoir de stopper le phénomène avait disparu. Il n’avait suffi que de cinq degrés.

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Poème : Détresse numérologique

Détresse numérologique

Vingt-trois. C’est l’axe de la terre, le nombre de chromosomes donnés par chaque parent, le rythme biologique de l’homme.

Vingt-trois. C’est l’âge où je rencontrai le prince charmant. Le moment où ma vie morne se transforma en rayon de lumière. Le chant des oiseaux fut plus intense, l’arôme des fleurs plus prononcé. Mon existence sembla soudainement avoir un sens : celui de l’aimer.

Vingt-trois. C’est le nombre de semaines requises pour que notre relation s’épanouisse, le temps nécessaire à l’homme de ma vie pour qu’il fasse sa grande demande, un genou au sol et une bague ornée d’un diamant étincelant à la main. Mon cœur se remplit de joie, les larmes firent briller mes yeux. Le bonheur était total.

Vingt-trois. C’est le nombre de mois que dura notre lune de miel, cette période où rien n’existe en dehors de l’être aimé, notre nouvelle moitié. On fait l’amour comme si le temps s’était arrêté, comme si les autres n’existaient plus. On est heureux.

Vingt-trois. C’est le jour du mois où je reçus ma première gifle, la date à laquelle mon château de cartes s’effondra et où mon conte de fées prit fin.

Vingt-trois. C’est le nombre d’années que dura mon enfer, où la peur fut masquée par le désir de lui plaire et de redevenir la jeune femme qui valait la peine d’être aimée.

Vingt-trois. C’est le nombre de coups de couteau que je lui donnai, un pour chaque année volée. C’est le nombre de minutes qu’il prit à se vider de son sang dans la baignoire et c’est le nombre de morceaux résultant de sa découpe, avant de finir dans la fosse septique… de vingt-trois mètres cubes.

Vingt-trois. C’est le prix de la bouteille de vin rouge que je me payai pour fêter ma libération.

Poème : Le cadeau d’adieu

Le cadeau d'adieu

Inspire…

L’odeur doucereuse emplit mes narines.

La peur me quitte.

Mon cœur s’emballe.

La joie me submerge.

Expire…

Le marteau et le ciseau de maçon me sourient.

Ils sont fiers, ils sont heureux.

Leur but est atteint.

Leur tâche est accomplie.

Inspire…

Ma curiosité n’en peut plus.

Elle doit voir.

Elle doit savoir.

Elle doit sentir.

Expire…

Ma main tremble.

Non pas de peur…

mais de fébrilité.

De concupiscence.

Inspire…

J’arrête mon geste.

Je suis maintenant effrayée.

Je passe de l’autre côté du miroir.

Le désir m’enflamme.

Expire…

Elle est la belle au bois dormant.

Elle est Blanche-Neige.

Elle est endormie…

pour toujours.

Inspire…

Je la regarde.

Si belle et délicate.

Si jeune et parfaite…

si morte.

Expire…

Les effluves métalliques me soulent.

Je n’en peux plus.

Je m’embrase.

Je succombe.

Inspire…

Je deviens quelqu’un d’autre.

Je me métamorphose.

Papillon quittant sa chrysalide…

sa prison.

Expire…

Je ne peux plus combattre.

La pulsion l’emporte.

Je plonge la main.

Je tue mon âme.

Inspire…

Ma main est chaude et rouge.

Mes doigts sont poisseux et sanglants.

Je les lèche goulument.

Il était en elle… et elle est maintenant en moi.

Expire…

J’écarte les pans de sa chair

auxquels des os cassés sont toujours rattachés.

Un couteau apparait dans ma main.

Je dois finir le travail.

Inspire…

Quelques secondes sont passées,

à peine quelques respirations,

depuis le dernier souffle de la belle,

la désirable, la douce… l’hypocrite.

Souffle bloqué…

J’entends ses pas approchés, je souris.

Il voulait tout d’elle : son corps, sa passion…

son amour.

Expire…

Je retire rapidement l’organe

de la cage thoracique défoncée.

Il entre et n’y comprend rien.

L’horreur est peinte sur ses traits.

Inspire…

« Bonjour mon chéri », lui dis-je,

avant d’éclater d’un rire dément.

Il voulait tout d’elle : je lui offre donc son cœur…

en guise de cadeau d’adieu!

NOTE : Le personnage principal de ce texte est Julie, l’auteure disjonctée de la nouvelle « Succès Assuré » (recueil « Divagations »).

* La  graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

Gare au roman… de gare! *

Gare au... roman de gare

« Ce n’est qu’un roman de gare! » Qui n’a pas entendu cette expression, généralement proclamée avec mépris et condescendance, à propos d’un livre jugé de piètre qualité? Dans les faits, qu’en est-il réellement de ce fameux concept?

Le principe du roman de gare fut mis de l’avant au milieu du dix-neuvième siècle par un brillant homme d’affaires qui implanta un vaste réseau de kiosques, offrant différentes babioles aux voyageurs en mal de divertissements, tous établis le long du réseau ferroviaire britannique. L’idée fut reprise quelques années plus tard par la célèbre Librairie Hachette qui mit sur le marché une collection spéciale de bouquins, d’un format plus réduit (le précurseur du roman de poche), à être vendus au sein de ce qui deviendra les bibliothèques des chemins de fer à travers la totalité du réseau ferroviaire français, dont elle avait d’ailleurs le monopole total.

Qu’est-ce qui caractérise le roman de gare? Une lecture distrayante et facile, incluant divers genre littéraire, allant du polar à l’espionnage en passant par la romance. C’est généralement un livre plutôt court et concis dont le seul but est de divertir les gens sans arrière-pensée. On oubli alors les briques de cinq-cents pages et les histoires complexes à la De Vinci Code, Millenium ou bien (de grâce!) Fifty Shades of Grey (non pas parce que c’est une histoire complexe, mais bien parce qu’il est trop volumineux et… que vous risquez fort de rater votre prochaine station, de sauter sur votre voisin de voyage comme une chatte en chaleur ou bien de mouiller indécemment votre siège de train!). Retournons aux choses sérieuses… où en étais-je déjà? Ah oui, les caractéristiques du roman de gare. Bien que ce ne soit pas une règle absolue, ce type d’ouvrage est souvent quelque peu humoristique.

Pourquoi ce type de littérature est-il si péjorativement estimé? Probablement parce que le roman de gare se vend bien et que les intellectuels n’apprécient pas le phénomène. Avec l’arrivée des liseuses et tablettes électroniques, le nombre de pages d’un livre n’est plus un obstacle en voyage. Toutefois, le style du roman de gare est unique : léger et divertissant, ces deux caractéristiques n’étant en rien synonyme de navet.

Voici donc quatre romans de gare que j’ai eu la chance de lire cet été :

« Je ne suis que la secrétaire » par Laurence Lopez Hodiesne.

Gare au... roman de gare (Je ne suis que la secrétaire)

Écrit sous la forme d’un guide de la parfaite secrétaire, je n’ai pu m’empêcher de rire à de très nombreuses reprises. Travaillant moi-même dans le domaine du secrétariat et de l’administration depuis vingt ans, plusieurs situations racontées avec délice par Laurence ont fait remonter plusieurs souvenirs de situations particulières que j’ai vécues. Ce livre n’est pas seulement dédié aux secrétaires, mais bien à toute personne voulant avoir une idée du quotidien des gens qui vous accueils souvent au sein d’une entreprise ou bien qui on la difficile tâche de vous répondre, un sourire dans la voix, lorsque vous téléphonez pour un rendez-vous ou bien vous plaindre. Un pur délice!

« Un taxi pour Khamût Khan » par Anto Sass.

Gare au... roman de gare (Un taxi opur Khâmut Khan)

Un roman d’espionnage abracadabrant, où action, aventure et humour britannique sont au rendez-vous. Un mélange de James Bond séducteur… mêlé de quelque chose à la Austin Power (vous voyez le genre!). De belles femmes, de belles voitures, de gros canons (heu… je parle des armes là!) et deux agents secrets, un Britannique et un Écossais, qui s’amusent parfois un peu trop en oubliant presque l’objectif premier de leur mission. Vous trouvez que votre vie manque de piquant? Lancez-vous dans la lecture de la série « Éternel SIS »!

« L’amour comme s’il en pleuvait » par Azel Bury.

Gare au... roman de gare (L'amour comme s'il en pleuvait)

Moi qui ne suis pas du tout romantique, je n’ai pu m’empêcher de le lire en une seule après-midi. Ce livre me rappelle quelque peu le style du célèbre Bridget Jones’s Diary de Helen Fielding. C’est une histoire drôle qui parle d’amitié et d’amour malgré certaines situations loufoques et plusieurs quiproquos qui auraient pu foutre en l’air toute cette belle harmonie. C’est le genre d’histoire qui met du baume au cœur et qui nous réchauffe par une froide soirée d’hiver. L’amour, ce n’est pas toujours compliqué : ça peut être si doux et si simple!

« Cover up 101 » par … Caroline Plouffe.

Couverture (noire)

En parlant de froide soirée hivernale, comment pourrais-je passer sous silence mon petit dernier à l’humour sarcastique publié il y a quelques mois? Vous vous demandez ce que vous feriez si vous tuiez votre meilleure amie par erreur? Lisez Cover up 101 et apprenez quoi faire ou ne pas faire dans une situation semblable! Chloé a les mains pleines de pouces et n’a vraiment aucun sens pratique. De plus, tous les éléments sont contre elle : une clé perdue, un incendie, une minuscule voiture, une tempête de neige, un policier un peu trop à cheval sur les procédures… et tout ça en quelques heures seulement. Réussira-t-elle à maquiller le meurtre de Claire en accident de la route? Rien n’est gagné d’avance!

J’espère que j’ai su vous faire voir le côté noble du roman de gare, qui est un genre littéraire en vogue depuis plus de 165 ans. On pourrait de nos jours l’appeler le roman d’aérogare, de terminus de bus de salle d’attente d’hosto ou de dentiste. Un style sur mesure pour le cerveau surmené qui a besoin de se détendre et de se changer les idées sans s’emmêler les neurones.

Pour découvrir les derniers romans parus dans cette catégorie littéraire ou bien pour suggérer vos propres « lectures de gare », je vous invite à visiter et joindre le groupe « Romans de gare » sur Facebook :

Gare au... roman de gare (groupe)

Vous pourriez y faire des découvertes intéressantes et vous découvrir une nouvelle passion littéraire!

* La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.