Nouvelle : Second souffle

Elle marcha lentement vers l’extrémité du terrain, le flambeau du jour à peine levé lui faisant un clin d’œil à l’horizon à travers les bâtiments. Elle serra un peu plus sa veste contre son corps, autant pour en garder la chaleur que pour préserver ses entrailles déchirées à l’intérieur. Ce développement immobilier n’était pas là à l’époque où ils avaient décidé de faire leur nid dans une région qui leur était inconnue, charmés par un coucher de soleil sur une étendue enneigée où l’orange, le rose et le violet peignaient la blancheur immaculée du sol. Les maisons disparurent soudainement, comme si elles s’évaporaient avec la rosée matinale, pour lui laisser voir un champ de maïs s’étirant à perte de vue. Elle se rappela avec un sourire la première fois, en soirée, où il avait aperçu le fermier ramasser sa récolte, tous les deux ébahis par ce monstre sur roue. Quelle image devaient-ils être ainsi, main dans la main, à regarder le pauvre homme recueillir son dû à la lumière de ses projecteurs ? Il avait surement* cru qu’ils étaient des énergumènes ! Elle avait toujours su qu’un jour, sa vision champêtre n’existerait plus et c’est la raison pour laquelle elle avait comme habitude de prendre le temps de savourer l’horizon, de sentir le vent dans ses cheveux et le soleil sur son visage aussi souvent qu’elle l’avait pu. Ces moments de recueillement avec la nature étaient encrés profondément en elle ; il lui suffisait de fermer les yeux pour en retrouver la sensation, entendre le chant des oiseaux autour d’elle, et en absorber toute la béatitude malgré les années. Il a eu d’autres types de récoltes à travers les années, le foin ayant été le plus populaire, mais, peu importe… c’est avec un pincement au cœur qu’ils avaient vu apparaitre* les premières structures au loin. Avec ce premier développement immobilier, le village s’était réveillé de sa torpeur et s’était tout doucement épanoui, presque insidieusement. Les promoteurs avaient alors commencé à prendre le pouls de la population, comme si de rien n’était, presque comme une banale discussion de coin de table. Il devint évident toutefois, à un certain point, que ces bungalows défraichis* nuisaient à la revitalisation du patelin. Les lotisseurs se transformèrent en courtisanes, usant de leur charme et de leur subtilité pour obtenir gain de cause sans que les boucliers se lèvent…

Une rafale donna un coup de pouce aux larmes pendues au bord de ses cils ; elle les essuya d’une main tremblante et le mirage se brisa. Elle n’osa pas baisser les yeux sur l’aménagement de plantes vivaces commençant à se réveiller à ses pieds. Ses petites chattes chéries se trouvaient sous leurs racines pour ce qui devait être leur ultime repos éternel… qui serait coupé court dans les prochains jours, sous les pelles et les roues des bulldozers. Sa trahison de les abandonner à la désacralisation de leur tombe lui était insupportable. Elle tenta de repousser l’image de leurs squelettes désarticulés et brisés, jetés comme de vulgaires déchets. Elle leva les yeux vers l’horizon une dernière fois, le passé et le présent se superposant à travers sa vision voilée, et se retourna… Elle ne s’attendait pas à ce coup de poignard qui vint transpercer son cœur et ses tripes. Elle sentit ses jambes se dérober sous la douleur, mais refusa de se laisser emporter par le chagrin, par le choc de voir sa maison, sa vie, pour la dernière fois. Ce à quoi ils avaient travaillé si fort, là où ils avaient traversé leur existence à s’aimer et à vivre cette vie qui serait unique. Son jardin qui avait dormi tout l’hiver avec l’espoir d’une renaissance printanière, ses fleurs et ses plantes montrant à peine le bout de leur nez, jubilant déjà sous le soleil prometteur d’un été festif. Le sentiment de traitrise* qu’elle éprouvait était sans nom. Elle ressentit le regard de la résidence la jugeant durement, elle qui serait froidement assassinée dans quelques heures. Parce que, oui, ils avaient été fourbes et sournois envers la demeure qui les avait abrités contre les vents, les orages et les tempêtes. Ils avaient à peine attendu la deuxième surenchère et avaient vendu à prix d’or avant qu’il y ait contestation de la part de certains habitants. Ils avaient trahi leur terre et leur passé. Tout son corps semblait lui crier de s’effondrer ici, en plein milieu de sa cour, en subissant les foudres de tous ses biens pour la destruction brutale qu’ils allaient endurer après toutes ses années de loyaux services. Qu’avaient-ils fait pour mériter une fin si cruelle ? Elle prit une grande respiration, tentant de se ressaisir. C’était une occasion à saisir au vol. C’est maintenant qu’ils avaient la chance de pouvoir obtenir le maximum ; attendre n’aurait fait que repousser l’inévitable et risquait d’être moins rentable. Ils savaient bien qu’un jour ils ne pourraient plus s’occuper de leur maison et de leur terrain ; l’âge les avait déjà rattrapés. Couple sans enfants, ce n’était pas comme si leurs biens seraient légués à quelqu’un d’autre. Vivre dans le passé, dans les souvenirs des quarante dernières années, ne leur apporterait rien. Elle redressa son dos et ses épaules, sécha résolument ses ultimes larmes, et marcha d’un pas assuré vers l’entrée, où se trouvait leur avenir.

— Eh beauté, prête pour l’aventure ?

Son mari, son ami, son roc en était aux dernières préparations de départ. Leur nouveau camion et la roulotte de luxe l’accompagnant rutilants sous les doux rayons de cette matinée chargée d’émotion. Un passant aurait pu croire que l’homme était joyeux, heureux même de partir de cet endroit qui ne ressemblait plus à celui où ils s’étaient établis, il y avait de ça une éternité. Mais il aurait eu tort de s’arrêter à cette illusion, de ne pas remarquer les yeux rougis et bouffis, le sourire résigné. Elle savait que son mari avait eu son moment de nostalgie plus tôt dans la journée. Elle avait vu sa silhouette au loin à l’aube faire ses adieux aux souvenirs. Elle avait noté son dos courbé, les mains sur ses hanches, ses épaules tressautant du même désarroi qui l’avait elle-même terrassée il y avait quelques minutes à peine. Le doute qui s’insinue dans nos pores, l’envie de supplier de revenir en arrière, les sentiments d’abandon et de trahison qui se bousculent dans notre cœur. Elle s’était alors retournée, respectueuse de sa tristesse. Ils avaient passé la soirée précédente à se ressasser leurs années, surtout les premières chargées de changements, ils avaient ri, ils avaient pleuré, ils s’étaient appuyés l’un contre l’autre comme ils l’avaient toujours fait. Toutes leurs économies avaient été investies dans l’achat de leur nouveau mode de vie nomade. Ils avaient vendu presque tout le contenu de leur résidence ; le reste serait détruit avec elle. La jolie somme récoltée avec la vente de la maison et du terrain serait suffisante pour le reste de leur vie ; ils avaient toujours été simples et parcimonieux. Après avoir passé à travers deux pandémies, les incertitudes et le quasi-démantèlement de leur pays à cause d’un voisin oligarque, égocentrique et sociopathe et, finalement, l’annihilation presque totale de leur langue, ils avaient le droit de passer à autre chose et de visiter cet énorme pays qu’ils ne connaissaient pas vraiment ; ils n’auraient probablement pas assez du reste de leur existence pour le faire. Ils n’avaient pas de but précis, juste celui de se promener de région en région et de savourer les paysages qui se présenteraient à eux. De vivre au fil du temps. Peut-être finiraient-ils pas poser leurs valises quelque part, ou bien rouleraient-ils jusqu’à ce qu’ils n’aient plus l’énergie de le faire… ou jusqu’à ce que la mort les rattrape.

Ils marchèrent tous deux de leur côté du véhicule avant d’embarquer avec plus de verve que leur cœur laissait entendre. Tout était une question d’attitude. Vivre dans le passé et les regrets n’apporterait rien de constructif à leur projet. Il fallait croire en cet avenir qui s’ouvrait devant eux. Ils s’assirent et mirent leurs ceintures de sécurité. Le moteur ronronna soudainement.

— À droite ou à gauche ?

Les prairies ou l’océan ? Ils visiteraient tout, d’un bout à l’autre, de toute façon.

— À droite !

Elle regarda droit devant, se retenant pour ne pas jeter un coup d’œil furtif vers le miroir, vers un temps révolu qui n’était plus.

On dit maintenant que quatre-vingts ans est le nouveau soixante… c’était désormais le moment de vivre leur second souffle, ils l’avaient bien mérité.

* Mots en graphie rectifiée : https://www.orthographe-recommandee.info/

Critique littéraire : Mémoire d’un éléphant

Synopsis (quatrième de couverture)

Et si les éléphants nous parlaient, s’ils nous racontaient leur vie, leurs peurs, leurs joies, leurs colères, leurs ennemis, leurs drames ?

Dans Mémoire d’un éléphant, Alex Lasker met en scène un attendrissant petit pachyderme, nommé Ishi. C’est lui qui s’adresse au lecteur, narrant sa naissance et son existence tourmentée. Un récit fictif certes mais très émouvant et qui repose sur des observations des spécialistes : oui, les éléphants sont des êtres sensibles, ils se souviennent, ils vivent en clans, solidaires les uns des autres, communiquent entre eux, ont peut-être conscience de ce qu’est la mort. Et ils sont, de nos jours encore, menacés pour leur précieux ivoire.

Ishi est le héros de ce récit mais les humains, avec leurs passions, leurs amours, leurs déboires, sont largement présents dans cet ouvrage en forme de plaidoyer, s’étalant dans le temps (de 1962 à nos jours) et l’espace (en Afrique mais aussi à New-York, en Suisse, à Londres…), des hommes et des femmes suivis eux aussi pas à pas, page après page, certains pacifiques, généreux — qui hébergent et dorlotent l’orphelin rescapé d’une tuerie.

Critique

J’ai lu ce livre d’Alex Lasker – qui sort littéralement des sentiers battus pour moi – en langue originale anglaise, mais je suis certaine qu’il est tout aussi sublime dans la langue de Molière. Comme vous le savez probablement déjà, je suis généralement plus axée sur les romans policiers et à suspense ou, parfois même, les drames psychologiques. Cependant, ce livre m’ayant été chaudement recommandé par une amie, je me suis laissé* tenter. Au début, j’ai eu mes doutes, je dois l’avouer : un éléphant qui nous raconte sa vie et qui dialogue avec ses pairs, ça faisait un peu trop Walt Disney à mon gout* ! Toutefois, dès le deuxième chapitre, j’étais complètement vendue à l’histoire et à son style. C’est une épopée déchirante, triste, mais également touchante. Je m’en confesse, j’ai terminé ce roman avec les yeux dans l’eau et la gorge serrée. Bien que ce soit une œuvre de fiction, ce récit est écrit de telle façon que j’aurais juré que c’est une histoire vraie. Ce qui est véridique en revanche, c’est le contexte historique entourant la trame de fond : le trafic de l’ivoire et les massacres d’éléphants pour cette matière plus précieuse que l’or pour certains. Il n’y a pas que notre attachant pachyderme qui nous bouleverse, mais également la complexité des personnages avec leurs contradictions, comme le chausseur professionnel qui tentera tout pour sauver Ishi d’une probable mort sanglante et presque assurée aux mains de braconniers immoraux (qui possède d’ailleurs un gite* pour les animaux de la faune africaine en difficultés), mais qui, néanmoins, accompagne et guide ses riches clients pour une partie de chasse afin de satisfaire leur égo*, même si cela signifie tuer des animaux semblables à ceux qu’il protège pourtant au sein de son domaine.

Je recommande chaudement ce roman qui ne vous laissera certainement pas de glace (à moins que vous ayez un cœur de pierre !).

Si vous désirez en savoir plus sur le trafic de l’ivoire et le massacre des éléphants, plus particulièrement au Kenya où l’histoire se déroule, voici quelques liens :

Et finalement, un court reportage explicatif sur la capacité de mémorisation, de reconnaissance et de langage des éléphants, que j’aurais d’ailleurs dû regarder avant de lire le livre (car finalement, l’auteur n’a pas exagéré concernant leurs extraordinaires capacités) : https://www.youtube.com/watch?v=wKEaa7cGjZE

Bonne lecture!

* Mots en graphie rectifiée : https://www.orthographe-recommandee.info/

Critique littéraire : Civilisés de Patrick Senécal

Synopsis (quatrième de couverture)

« Recherchons douze individus pour expérience scientifique passionnante. Celle-ci, supervisée par des psychologues, cherche à étudier et analyser les comportements des humains lorsqu’ils se trouvent dans un groupe précis dans un contexte particulier. Les participant(e)s doivent s’attendre à une aventure très immersive, très stimulante mais qui demande de l’adaptation physique et psychologique entre des situations pas toujours faciles. Les participant(e)s doivent avoir 18 et 70 ans. Nous vous garantissons qu’en plus de servir la science, vous sortirez humainement transformés de cette aventure. » Ils seront donc douze individus, provenant de tout horizon, à vivre quelques jours ensemble, isolés du reste du monde. Ils formeront malgré eux une communauté de laquelle surgira parfois le meilleur, parfois le pire, et souvent le plus ridicule de l’humain. Civilisés : quand Patrick Senécal propose sa vision de la véritable société égalitaire – celle qui n’épargne personne !

Critique

C’est peut-être moi le problème, mais j’ai trouvé ce roman assez humoristique. Un humour noir, sarcastique, mais très divertissant! Malgré ses quelque 600 pages, je n’ai ressenti aucune longueur. La plume de Senécal y est complètement différente; c’est l’auteur qui s’adresse directement au lecteur, comme s’il faisait également partie de cette expérience. Il nous lance des trucs comme « si tu ne sais pas non plus qui il est, fais tes recherches! » Ou bien commentaire, qui illustre bien le ton de l’écriture et que je me permets de reproduire dans son intégralité : « Nous pourrions ici dresser une description de cette ambiance bucolique, mais ce serait fort long et peu utile. De plus, nous devrions effectuer des recherches précises et fastidieuses, tout cela pour épater la galerie en couchant sur papier une kyrielle de noms d’arbres, de plantes et d’oiseaux que la plupart d’entre vous seraient de toute façon incapables de reconnaître. Donc, imaginez une superbe forêt quasi tropicale avec palmiers autres arbres luxuriants, peu d’insectes mais moult volatiles qui signalent leur présence par une symphonie de chants divers, et ce sera amplement suffisant. » Perso, je trouve ça mourant! C’est idiot, mais je me sentais comme si Patrick Senécal s’adressait vraiment à moi, la lectrice, apportant une dimension plus intime à ma lecture. Je sais, vous vous dites : OK fille, si tu sens que l’auteur d’un livre s’adresse carrément à toi, get a life, vois des gens et socialise, que diable! Avant de me juger si durement (mais bon, vous n’auriez peut-être pas tort!), lisez-le et vous comprendrez ce que je veux dire (ou bien, vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour m’éviter le plus possible, au cas où ma maladie mentale serait contagieuse).

Aussi, quoi dire de son analyse de la société dysfonctionnelle actuelle; un vrai bijou! Si vous lisez le moindrement les nouvelles et les opinions des chroniqueurs en ce qui concerne les relations plutôt houleuses entre les parties de droite et de gauche (et on s’entend que la ligne de démarcation du clivage gauche/droite se déplace constamment, au point d’en avoir le mal de mer), vous rirez un bon coup en lisant les échanges entre les personnages (vous rirez parfois jaune, mais vous le ferez quand même). La reproduction du langage difficile à comprendre de la jeune génération, où des mots anglais, non conjugués, se greffent à une phrase en français, est tout bonnement assez représentative de ce que j’entends à la radio dans les dernières nouveautés musicales (je n’y comprends tout simplement rien!). Senécal remercie d’ailleurs sa fille de lui avoir filé un bon coup de main concernant le volet linguistique de la jeunesse québécoise!

En résumé, je dirais que c’est le meilleur livre de Senécal que j’ai lu durant les dernières années, bien que ça n’enlève rien au plaisir que j’ai eu en lisant les autres. C’est juste que ce dernier bouquin est une perle mêlant l’humour noir et une analyse assez juste de la société bipolaire dans laquelle nous vivons.

En terminant, Senécal a même pris la peine de nous laisser en fin de livre des fiches vides pour chacun des participants afin que nous puissions prendre des notes (ce qui m’a été très utile!). Je vous offre donc un petit cadeau, soit un tableau concernant les personnages (ne vous inquiétez pas, j’ai pris bien soin de ne rien indiquer qui pourrait être considéré comme un divulgâcheur).

Bonne lecture!

TABLEAU DES PERSONNAGES
ANISSA FAKHIRI Originaire de Syrie, habite à Montréal 45 ans Pas très grande Agronome Mariée depuis 20 ans avec enfants Essaye d’être le plus québécoise possible Ne parle cependant pas très bien le françaisCATHERINE DIACK Québécoise d’origine sénégalaise Vient de Montréal 35 ans Grande avec des cheveux courts Fumeuse Avocate en droit familial Mère célibataire d’une fille de 5 ans
CHARLES-ÉMILE BROOKS Vient de Montréal Comédien raté 27 ans Fumeur Woke (ou essaye de l’être!) Célibataire Conte toujours des anecdotes interminablesÉDOUARD MONTREUIL Vient de Chicoutimi Prof de philo au cégep 49 ans, mais a l’air jeune avec un look athlétique Cheveux bruns en bataille, barbichette, lunettes Récemment divorcé Père de deux ados (un gars et une fille)
ELSA CHARLAND Vient de Sherbrooke Policière en dépression depuis six mois Cheveux longs, queue de cheval 34 ans Fumeuse Mariée avec deux enfants Un de ses frères s’est suicidé L’autre a perdu ses deux bras dans un accident Sa mère est morte l’année précédenteFRÉDÉRIC-ALEXANDRE LALUMIÈRE-DUFOUR Pêcheur de profession Vient de Sept-Îles 40 ans Grandeur moyenne, mais baraqué Cache-œil noir sur œil gauche (crevé durant une tentative de suicide raté) Fumeur Il est interné en psychiatrie depuis quelques mois Est accompagné par Patricia, son médecin traitant Il est très pointilleux sur tout Personnalité obsessionnelle Séparé avec un enfant
JOSEPH ROBITAILLE Vient de Rimouski Prêtre de 57 ans FumeurLAURENCE CHARBONNEAU Vient de Trois-Rivières 22 ans (la plus jeune du groupe) Célibataire et pétard Une vraie woke Écoresponsable Étudiante en philo Végétarienne Est facilement outrée et roule des yeux souvent
LUCIE LAVIGUEUR Vient de Mont-Laurier 37 ans Un peu ronde Écrivaine pas très connueMADELEINE GARIÉPY Vient de la banlieue de Gatineau 62 ans (la plus âgée du groupe) Ouvrière dans une usine de textile Ne boit plus depuis 20 ans 3 grands enfants N’aime pas tellement les policiers Chasseuse
PHILOMÉ DARIUS Originaire de Haïti, habite à Québec Homosexuel 43 ans Ingénieur Dépendant à la MarijuanaYVAN GRENIER Vient de Drummondville 55 ans Est en fauteuil roulant (accident de ski) Médecin généraliste Deux enfants jeunes adultes (un gars et une fille) Assez « mononcle » dans ses commentaires

Rétrospective linguistique 2024

Pour changer des rétrospectives traditionnelles et des mauvaises nouvelles à tous les niveaux de notre société (des élucubrations de Trump aux bafouillages de Trudeau, en passant par les inepties de Poilièvre et les défaites à répétitions du Canadien de Montréal), quoi de mieux que de se mettre à jour sur notre belle langue française avec une rétrospective linguistique! Je sais, je vous excite, là, non?

Le blogue Antidote (oui, les merveilleux logiciels de correction linguistique!) a publié le Palmarès thématique des nouveaux mots 2024. Si le palmarès de 2023 nous avait fait connaitre des petites perles comme télévorer (vive Netflix!), nuagisable, hortithérapie (ça c’est tout moi l’été!), vélotaffer (ça sied bien à la mairesse de Montréal, Valérie Plante!), et chignage (qu’on connait très bien, mais qui a fait son entrée officielle dans le dictionnaire que l’an dernier), 2024 ne nous laisse pas sur notre faim.

Si je fus étonnée d’apprendre que des termes culinaires comme baba ganousch et chimichurri n’étaient pas encore des membres de la grande famille des mots officiels, d’autres mots m’ont particulièrement interpelé. Par exemple :

Grumer (verbe) : Oxygéner (un vin) en faisant pénétrer un filet d’air dans la bouche avant de l’avaler, afin d’en accentuer les arômes (pour ma part, je fais ça avec mon porto… j’ai d’ailleurs hâte l’utiliser dans une phrase, celui-là!).

Enveloppe brune (Québec) : Eh oui, on peut vraiment dire enveloppe brune au lieu de pot-de-vin sans avoir l’air d’un ignare qui aurait Allô Police comme lecture de chevet (bon, j’ai surement perdu ceux qui ont moins de 25 ans, là!).

Tomber entre deux chaises (Québec) : Être oublié en raison d’un trop grand nombre d’autres cas à traiter. À ne pas confondre avec être assis (ou avoir le cul) entre deux chaises.

Voisin gonflable (Québec) : On sait tous ce qu’il veut dire, on en a tous un!

Ragnagnas (Europe) : Menstruations. Franchement, ça sonne un peu enfantin, non? Je ne vois pas bien une femme de la haute société française dire à son amie : « Non, je ne me sens pas très bien, j’ai mes ragnagnas » (en prenant un accent français un peu snob). Pour ma part, je préfère dire « j’ai ma condition féminine », mais c’est un peu démodé et pas très woke, car cela sous-entend que les menstruations sont exclusivement un fait féminin, ce qui met de côté les iels non binaires de ce monde. Honte à moi!

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin, roulement de tambour :

S’autopeluredebananiser (québec) : C’est un verbe qui désigne le fait de se mettre dans une position susceptible de nuire à la réalisation de ses propres objectifs, de s’autosaboter ou de se peinturer dans le coin si vous préférez. Ce mot fut utilisé par la première fois par Jacques Parizeau, ancien premier ministre du Québec (pour plus de détails sur cette expression colorée, voir Wiktionnaire).

Je vous invite à parfaire vos connaissances de notre belle et colorée langue française afin de la garder bien vivante et actuelle, car comme disait Yves Duteil, dans La langue de chez nous : « C’est une langue belle avec des mots superbes / qui porte son histoire à travers ses accents / C’est une langue belle à qui sait la défendre / Elle offre des trésors de richesse infinie … ».

Disons ensemble « bon débarras » à 2024 et accueillons 2025 à bras ouverts!

Les derniers rayons

Copyright © Caroline Plouffe

Les derniers rayons de l’été caressent les champs dorés, hésitant entre l’adieu et le retour. Les journées, autrefois longues et vibrantes de chaleur, raccourcissent, comme des chants inachevés. Chaque crépuscule semble murmurer des secrets sur la fin d’une saison, teintant le ciel de nuances orangées et pourpres qui se fondent lentement dans la nuit naissante.

Les arbres, désormais vêtus de leurs dernières feuilles flamboyantes, se préparent à l’embrasement d’une nouvelle période. Les brises qui soufflent portent des odeurs de terre humide et de fruits mûrs, un prélude aux changements à venir. Les soirées, d’abord encore chaudes, se font fraîches et apaisantes, comme un doux adieu à la chaleur étouffante des jours passés.

Les étoiles, timides et clairsemées, illuminent un ciel qui s’assombrit plus tôt chaque jour. Leur éclat argenté contraste avec la douceur des ombres, créant un paysage où le passage du temps semble suspendu. C’est le moment des souvenirs suspendus, des soirées sur les terrasses, des rires partagés, des conversations qui résonnent encore dans l’air comme des échos d’une époque révolue.

Les enfants, de retour à l’école, portent encore des traces de l’été sur leurs joues bronzées, tandis que les adultes retrouvent le rythme de la vie quotidienne, mêlé à une certaine mélancolie. Les marchés se remplissent de fruits et légumes aux couleurs riches et variées, un dernier hommage à la générosité de la saison. Les odeurs de confitures et de compotes commencent à envahir les cuisines, préparant les foyers aux mois plus froids.

L’été s’éteint doucement, comme une lumière vacillante au bout d’un tunnel doré, laissant place à l’automne avec ses promesses de renouveau. Les saisons se fondent les unes dans les autres, comme un doux ballet, et dans cette transition, il y a une beauté tranquille. Le passage de l’une à l’autre est un poème silencieux, un hommage à la continuité du cycle naturel et à la paix que l’on trouve dans l’acceptation du changement.

Les derniers feux de l’été s’éteignent, mais leur chaleur persiste dans les souvenirs, comme une étreinte réconfortante avant que le monde ne se prépare à s’endormir sous le couvert des feuilles mortes et des premières neiges. C’est dans cette douce transition que réside la magie de la fin de l’été, une mélancolie douce et sereine qui annonce les promesses de demain.

Réflexion mortellement vivante

Photo de Ayyub Jauro sur Pexels.com

L’autre jour, en voiture, j’ai eu une réflexion sur la mort. Probablement à la suite de la lecture d’un article quelconque. Il n’y a que ça dans les nouvelles, la violence et la mort sous toutes ses formes. L’humanité dans toute sa beauté.

Donc, je me suis demandé quelle serait la pire manière de mettre fin à ses jours.

La noyade? Il me semble que mourir asphyxiée par de l’eau remplaçant le précieux air de mes poumons ne serait pas une expérience des plus agréables. Est-ce que je nagerais le plus loin possible, jusqu’à épuisement, sachant très bien qu’aucun retour n’est envisageable? Est-ce que je prendrais une chaloupe, me rendant à l’endroit le plus creux du plan d’eau, pour me jeter par-dessus bord, les mains et les pieds solidement attachés? Ou bien, comme Virginia Wolf, aurais-je la volonté de tout bonnement me remplir les poches de roches et de m’enfoncer dans une rivière ou un lac, comme une simple promenade dans un parc? Imaginez la détermination que ça prend pour se laisser avaler par les eaux, sans même chercher à vider ses vêtements du poids qui nous entraine inexorablement sous la surface, vers le fond… le vrai. Est-ce je paniquerais à la dernière minute, tentant de remonter à l’air libre pour reprendre une généreuse bouffée d’air, en me disant que j’ai atteint le fond de mon désespoir, que je l’ai regardé bien dans les yeux et que je suis maintenant prête à affronter la vie? Est-ce, au contraire, je me laisserais docilement couler sous la surface, dans l’étendue silencieuse des eaux, regardant le soleil se refléter doucement à la surface, acceptant cette plénitude, ce calme, et prenant volontairement une dernière inspiration, acceptant mon sort paisiblement?

La pendaison? À moins de trouver un endroit assez haut pour se casser le cou en une mort instantanée (avec un peu de chance), il me semble que cette asphyxie totale ne soit pas trop affriolante. Est-ce que je tenterais à la dernière minute de m’accrocher à la corde, de défaire l’étreinte du lien enserrant mon cou, les pieds tentant bien malgré moi de remonter sur la chaise ou le banc ayant basculé d’un coup de pied fatidique? Est-ce je réaliserais que la personne qui me trouverait, probablement un proche, serait marquée à jamais par cette scène horrible? Ou, au contraire, serait-ce une déclaration, un pied de nez, au monde que ma vie a atteint son point de non-retour et que j’accepte de ne plus jamais avoir une autre inspiration, que la vue de la pièce se promenant de droite à gauche et de gauche à droite sera mon ultime vision?

Le saut de l’ange? Encore là, la perspective de me rendre compte, même pour une fraction de seconde, que tous les os de mon corps éclatent en mille morceaux ne m’inspire que peu d’envie. Est-ce que je choisirais l’immeuble le plus haut de la ville, pour avoir l’impression de la survoler une dernière fois? Est-ce que je choisirais un pont, avec la possibilité, si je ne meurs pas sur le coup, de me noyer très certainement de toute façon? Est-ce que je m’affolerais une fois que mes pieds auront quitté la surface, réalisant qu’aucun retour n’est possible, perdant ces précieuses dernières secondes en terreur extrême? Est-ce, au contraire, je savourerais ce moment, absorbant pour un instant la liberté de l’oiseau, la légèreté de mon cœur, les yeux rivés sur l’horizon, montrant bien que nous sommes si petits que la seule trace que je laisserai momentanément sera celle de mon corps désarticulé, éclaté au sol?

Comment vivrait-on nos dernières secondes de notre vie si on faisait le choix conscient d’y mettre fin? Aurions-nous la réflexion que nous avons fait, encore une fois, un mauvais choix de parcours, cette fois définitif? Ou serait-ce que nous sommes enfin en contrôle et que notre décès sera alors mieux réussi que notre existence transparente, inutile, futile?

Suffit de dire qu’aujourd’hui, j’ai songé à la mort en me disant que ces réflexions rhétoriques me faisaient encore plus apprécier la vie. Croyez que ce sont les pensées tordues d’une autrice déjantée si ça vous chante… et faites votre propre introspection sur le sujet sans en glisser un mot à personne, même pas à vous-mêmes, comme on tourne la page du journal quand les nouvelles du jour ne conviennent pas à notre humeur ou lorsqu’on s’impatiente sur la route parce que notre déplacement est ralenti par un accident. Comme diraient les Cowboys fringants : « Tellement pressé d’aller nulle part ».

J’aimerais enfin attirer votre attention sur une chanson (limite un poème) du chanteur canadien Forest Blakk, « Breathe ». Je me permets une traduction libre de ses paroles pour que vous en saisissiez toute la force :

RESPIRER

Aujourd’hui j’ai regardé combien de temps ça prend pour se noyer

Aujourd’hui j’ai regardé combien de temps ça prend pour se noyer

Combien de temps peut-on retenir notre respiration

Avant que l’on ne puisse plus du tout retenir notre souffle?

Combien de temps avant que nos poumons rendent l’âme?

Et le son qui comblait le vide

Se calme comme une souris à minuit

À la recherche de sa part du gâteau

Aujourd’hui je me suis tenu debout devant une fenêtre

Et je me suis imaginé ce que ce serait de voler

Non, je ne l’ai pas fait

J’ai imaginé ce que ce serait

De sauter à l’extérieur du cadre qui m’emprisonne à l’intérieur

Mais mon meilleur jugement m’a dit que ce ne serait pas très gentil

Si quelqu’un qui nous tiens à cœur nous trouvait

C’est la voix qui joue comme un enregistrement qui revient en arrière

En arrière

En arrière

Ce ne serait pas juste non plus pour un étranger

Aujourd’hui je me suis souvenu du jour où j’ai vu un homme

Sauter sur une autoroute lorsque j’avais à peine dix-sept ans

Les lumières des voitures de part et d’autre de l’autoroute

Au garde-à-vous

Regardant au loin

Attendant simplement que la route se libère

Et que le chemin vers le confort de leurs proches soit tracé

La mort est un inconvénient étrange et vide

Quand tu y penses vraiment

Il y a un visage vide

Qui trouve rapidement et brusquement sa voie vers tous les témoins d’un événement de cette ampleur

Ce n’est pas de l’empathie

Ce n’est pas de la sympathie

C’est une autoréflexion forcée plus intrinsèque et intégrale

Pourquoi quelqu’un ferait-il une telle chose?

Qu’est-ce qui peut pousser quelqu’un si bas?

Pourrais-je être poussé au fond du désespoir?

Est-ce que je pourrais être capable de sauter?

Il n’y a pas de place pour la douceur dans ces moments, saute

Il n’y a pas de temps à perdre dans ce moment-là, saute

Il n’est pas nécessaire de croire qu’il y ait eu un moment, saute

Soupirer, croire, se soulager en cet instant

Parce que je ne pourrais jamais être celui qui vit ce moment

Le pourrais-je? Saute

Aujourd’hui j’ai regardé combien de temps ça prend pour se noyer

Est-ce qu’on commence par retenir son souffle?

Est-ce qu’on expire tous ses problèmes et ses soucis

Avant de jeter nos pensées vers le fond

D’un endroit autrement vide, sous le seuil de pauvreté des pensées dépressives

Et la triste calamité d’une maison hantée que vous avez appelé votre foyer?

Je ne sais pas

Peut-être quelqu’un a-t-il une réponse

Mais pour l’instant, j’essaye toujours d’accepter le fait

Qu’aujourd’hui j’ai regardé combien de temps ça prend pour se noyer

L’Évolution de l’Intelligence Artificielle Générative : Promesses et Préoccupations

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L’intelligence artificielle (IA) est un domaine en constante évolution qui englobe un large éventail de technologies visant à permettre aux machines d’effectuer des tâches qui nécessitent généralement des processus intelligents lorsqu’ils sont réalisés par des êtres humains. Ces technologies incluent l’apprentissage automatique, le traitement du langage naturel, la vision par ordinateur, la robotique et bien d’autres. L’intelligence artificielle générative (IAG) est une branche passionnante de l’IA qui se concentre spécifiquement sur la création de nouvelles données de manière autonome, comme des œuvres d’art, des musiques originales ou même des scripts de texte. Les avancées rapides dans ce domaine ouvrent de nouvelles possibilités créatives et suscitent également des discussions éthiques sur la façon dont ces technologies seront utilisées à l’avenir.

L’utilisation de l’intelligence artificielle générative dans les domaines médical et des arts visuels représente une avancée significative dans l’efficacité des processus et la qualité des résultats. En médecine, cette technologie peut être déployée pour analyser de vastes ensembles de données complexes et non structurées, aider à identifier des modèles et des corrélations qui pourraient ne pas être évidents pour les chercheurs humains. Cette capacité à traiter des quantités massives de données peut conduire à des percées dans la recherche médicale, en accélérant l’identification de nouveaux traitements, de nouveaux médicaments, voire même de nouvelles maladies.

Dans le domaine des arts visuels, l’IA générative peut être utilisée pour inspirer de nouvelles formes d’expression artistique, générer des œuvres visuelles uniques et explorer des styles artistiques innovants. En permettant aux artistes d’explorer de nouveaux territoires artistiques et de repousser les frontières de l’expression visuelle, l’IA générative offre des opportunités de progrès et de transformations dans le domaine des arts visuels. Il est cependant crucial de prendre en compte les implications éthiques et potentielles liées à l’utilisation de telles technologies, garantissant que leur déploiement se fasse de manière responsable et respectueuse des droits et des valeurs fondamentales.

Cependant, des préoccupations ont été soulevées quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle générative dans les domaines du livre et de la musique. La capacité de l’IAG à créer des contenus de manière autonome a suscité des inquiétudes quant au plagiat et à la violation des droits d’auteur dans l’industrie littéraire et musicale. Ces préoccupations ont soulevé des débats animés au sein de ces industries créatives, où l’équilibre entre l’innovation technologique et la protection des droits artistiques est au cœur des enjeux contemporains. Certains acteurs de l’industrie mettent en avant les avantages de l’utilisation de l’intelligence artificielle générative, soulignant son potentiel à stimuler la créativité et à repousser les limites de l’expression artistique. Cependant, d’autres expriment des réserves quant à l’impact potentiel sur la propriété intellectuelle et l’authenticité des œuvres produites par des processus automatisés.

Cette tension entre les promesses et les risques associés à l’intelligence artificielle générative reflète les défis plus larges posés par l’évolution technologique dans notre société contemporaine. Alors que l’innovation technologique offre de nouvelles possibilités passionnantes, elle soulève également des questions complexes concernant l’éthique, la responsabilité et les implications sociales. Il est essentiel d’engager des discussions approfondies et inclusives impliquant les créateurs, les législateurs, les technologues et le grand public afin de développer des cadres réglementaires et des normes éthiques qui favorisent la créativité tout en protégeant les droits des artistes et des auteurs.

Le lapin sort du chapeau!

Petite surprise pour le texte que vous venez tout juste de lire… Il a été entièrement écrit à l’aide de l’assistant AI Jetpack! Voyez ci-dessous mes requêtes :

Écrire un résumé de la différence entre l’intelligence artificielle et l’intelligence artificielle générative. Ajouter un paragraphe avec des points positifs à l’intelligence artificielle générative dans les domaines médical et du droit. Ajouter un paragraphe sur les points négatifs dans les domaines du livre et de la musique.

Ensuite j’ai demandé à modifier ma requête comme suit :

Remplacer l’information concernant le domaine du droit par le domaine des arts visuels mais garder l’information à propos du domaine médical.

J’ai aussi demandé à ce que les paragraphes soient développés avec un peu plus d’information. J’ai terminé le tout par : Trouver un titre intéressant et accrocheur pour le texte ci-dessus.

J’en conviens, une touche humaine pour enlever certaines redondances, entre autre, aurait été de rigueur, mais je voulais vous partager une version « authentique ». Il ne faut pas oublier que ceci est une option expérimentale de WordPress, qui donne quand même des résultats sommes toutes impressionnants, bien que la correction des fautes d’orthographes laisse à désirer (c’est probablement parfait en anglais!).

Je vous laisse sur deux vidéos intéressantes, qui me confirme que nous n’avons rien appris des livres et films de science-fiction et que l’humain, dans son égocentrisme et son arrogance, se pense supérieur et croit qu’il sera capable de maitriser les problèmes qui pourraient survenir, et ce, bien mieux que ses alter ego fictifs.

IA: A l’ONU, des robots humanoïdes disent pouvoir diriger le monde | AFP

Quand même l’intelligence artificielle s’inquiète des dérives de l’intelligence artificielle

Dans un même ordre d’idée, je vous invite également à lire « I, ROBOT » d’Isaac Asimov, un ouvrage captivant qui offre une vision pionnière de l’intelligence artificielle, particulièrement remarquable lorsqu’on considère qu’il a été écrit dans les années quarante. Isaac Asimov présente de manière novatrice les implications éthiques et sociales de la création de robots intelligents, explorant les thèmes de la responsabilité humaine et de la coexistence entre l’homme et la machine. Sa capacité à anticiper les dilemmes contemporains liés à l’IA témoigne de sa vision futuriste et de sa profonde compréhension des enjeux technologiques dès cette époque. « I, ROBOT » reste un incontournable de la science-fiction, offrant des réflexions intemporelles sur l’interaction entre l’humanité et la technologie.

(Veuillez également noter que le paragraphe ci-dessus sur le livre d’Asimov, que j’ai d’ailleurs lu, a également été généré par l’IAG à la suite de ma requête de dernière minute : Faire une critique du livre I, ROBOT d’Isaac Asimov en mettant l’emphase sur le fait qu’il a été écrit dans les années quarante!)

Critique littéraire – D’après une histoire vraie

Synopsis (quatrième de couverture)

« Encore aujourd’hui, il m’est difficile d’expliquer comment notre relation s’est développée si rapidement, et de quelle manière L. a pu, en l’espace de quelques mois, occuper une place dans ma vie. L. exerçait sur moi une véritable fascination. L. m’étonnait, m’amusait, m’intriguait. M’intimidait. […] L. exerçais sur moi une douce emprise, intime et troublante, don j’ignorais la cause et la portée. »

Commentaire précritique

Ce qui est le plus intriguant à propos de ce livre, que j’ai lu en format poche, est : comment diable s’est-il ramassé dans une boite de plastique à la cave, où je garde seulement quelques livres en format papier (je donne habituellement mes livres soit à la donation du village les dépose dans diverses boites à livres) ? Premièrement, ce n’est pas du tout mon genre de lecture habituel et je ne connaissais pas du tout cette autrice française. La seule option qui m’est venue à l’esprit est qu’il provient d’une voisine de mon père, qui lui donne parfois des livres pour moi pour une raison inconnue. Pourquoi l’ai-je gardé ? Ça, c’est une bonne question. Peut-être est-ce parce qu’il était écrit en caractères assez gros pour un livre de poche (je me suis débarrassée de plusieurs livres, car les caractères étaient décidément trop petits ; je vieillis mes ami·e·s !).

Critique

Je suis très heureuse d’être passée outre le fait que ce livre, présenté comme une autofiction[1], me sortait de ma zone de confort. L’écriture de l’autrice est simple et complète à la fois, laissant couler les mots avec une facilité déconcertante et très plaisante. J’ai même souligné plusieurs passages qui sont venus me chercher pour une raison ou une autre (reproduits à la fin de ce texte). L’histoire d’une femme, qui se sent comme un imposteur, autant en tant que personne qu’en tant qu’autrice. Pour une fois, un livre qui parle de l’emprise d’une personne sur une autre, mais du point de vue de l’amitié soudaine et improbable entre deux femmes au lieu d’une histoire romantique qui tourne au cauchemar. Bien que je n’aie jamais été populaire en tant qu’autrice, j’ai tout de même publié sept romans et plusieurs histoires ; n’en déplaise à plusieurs, je me sentais donc très concernée par l’histoire de cette autrice, désormais incapable d’écrire une seule ligne, moi qui ai abandonné l’écriture après la publication de « Malaimés », le dernier tome de ma trilogie policière. Je me sentais aussi un lien avec cette femme qui se trouve inadéquate sur plusieurs points, admirant celles qui semblent savoir où elles vont et qui elles sont avec facilité, et dont le charme et la sophistication semblent couler naturellement au lieu d’être une bataille constante.

Avertissement : divulgâcheur

Je suis incapable de donner mon opinion complète sur ce livre sans mentionner des éléments qui vendront la mèche ; donc, si vous êtes intéressés par ce roman — que je conseille fortement d’ailleurs — mais que vous ne voulez pas en savoir trop, ARRÊTEZ-VOUS ICI !

Donc, je croyais en cette autofiction, en cette autrice qui avait perdu l’inspiration et qui avait rencontré, par hasard, une femme rapidement devenue une amie qui semble lui vouloir du bien, mais qui s’immisce dans sa vie à son corps défendant. Une manipulation psychologique comme on peut le voir souvent entre un homme et une femme, mais qui survient ici entre deux femmes liées par l’amitié et la passion de l’écriture et non pas par l’amour et la romance. Plus ma lecture avançait, plus je pensais à « Misery » de Stephen King… et vlan, aux deux tiers du livre, un chapitre qui commence par une citation provenant de cette œuvre. Ensuite, l’histoire devient si disproportionnée, l’emprise de L. — l’amie machiavélique — si forte, que je commence à avoir des doutes quant à la véracité de cette histoire qui, je vous le rappelle, s’intitule « D’après une histoire vraie ». Et là, je pense à « La part des ténèbres », toujours de Stephen King. Est-ce que cette amie, cette fameuse L., existe vraiment ? Est-ce l’autrice qui fabule ? L’a-t-elle inventée de toute pièce afin de justifier son incapacité à écrire, à interagir avec ses amis, à passer outre son blocage artistique et, quelque part, par-dessus sa culpabilité d’avoir écrit un bestseller basé sur une histoire vraie, le succès qui la paralyse désormais ? Dans le livre, on revient souvent à la définition réelle d’une histoire vraie, surtout vers la fin. Et là, on comprend (en tout cas, moi j’ai compris) : toute cette partie concernant L. est complètement fausse et seul le blocage littéraire après le succès de l’autrice est réel. Elle s’est servi de ses angoisses et de ses lectures pour écrire « une histoire vraie » qui n’en ait qu’une qu’en surface. J’aurais pu me sentir trahie et trompée après ma lecture, lorsque j’ai parcouru le web pour voir si j’avais bien saisi l’essence de ce livre au titre fallacieux. Mais non, j’ai salué l’ingéniosité de l’autrice, son audace, et je l’ai silencieusement remerciée pour tous les points de réflexion qu’elle m’a fournis tout au long de ma lecture. Qu’est-ce qu’une histoire vraie au fond ? Car, au fond, toute part de livre a quelque chose se rapportant à nous. On écrit avec notre expérience de vie, avec nos connaissances, avec nos peurs, avec nos espoirs et nos doutes. Quelque part, un livre fictif contient toujours une part de vérité, non ?

* Citations

« Aujourd’hui, je sais que ce n’est pas seulement une affaire de disponibilité, mais plutôt de genre, quel genre de femme l’on choisit d’être, si tant est qu’on ait le choix. »

« […] j’ai gardé, je crois, ce regard sur les femmes : une réminiscence de ce désir d’être une autre qui m’a si longtemps habituée. Un regard qui va chercher, chez chacun des femmes que je croise, ce qu’il y a de plus beau, de plus trouble, de plus lumineux. »

« C’était la rentrée. L’heure des fournitures neuves et des bonnes résolutions. Ce moment du commencement ou du recommencement. »

« Ce livre était un aboutissement, une fin en soi. Ou plutôt un seuil infranchissable, un point au-delà duquel on ne pouvait pas aller, en tout cas pas par moi. Après, il n’y aurait rien. La fameuse histoire du plafond de verre, du seuil d’incompétence. […] j’avais, sans le savoir, écrit mon dernier livre. Un livre au-delà duquel il n’y avait rien, au-delà duquel rien ne pouvait s’écrire. »

« Ton livre caché, mois je sais ce que c’est. […] Si tu ne l’écris pas, c’est lui qui te rattrapera. »

« […] pouvons être totalement dupes d’un livre qui se donnerait à lire comme la vérité et ne serait qu’invention, travestissement, imagination. […] Multiplier les effets de réel pour faire croire que ce qu’il raconte a eu lieu. »

« D’ailleurs, ce pourrait être un projet littéraire, écrire un livre entier qui se donnerait à lire comme une histoire vraie, un livre soi-disant inspiré de faits réels, mais dont tout, ou presque, serait inventé. »


[1] D’après le dictionnaire Larousse, « l’autofiction est une autobiographie qui emprunte les formes narratives de la fiction ». L’autofiction est donc un genre littéraire qui consiste à parler de soi, à l’instar d’une autobiographie, mais en romançant sa propre histoire.

Critique littéraire : Du diesel dans les veines (la saga des camionneurs du nord)

Synopsis (provenant du site de l’éditeur)

«Plutôt que de toucher le fond de l’ignorance et de l’ennui, les routiers goûtent à un plaisir de nos jours interdit: prendre le temps d’être avec soi. Aller au fond des choses. Ils savent un secret très ancien: celui de la durée.»

De novembre 1975 à octobre 1976, Serge Bouchard a voyagé avec des camionneurs dans le Nord-Ouest québécois. Son but: étudier et observer leur travail pour en faire le sujet de sa thèse de doctorat. Serge Bouchard et Mark Fortier ont transformé la matière de cette recherche ethnographique unique en un portrait vivant et pénétrant du monde des routiers.

Il y est question de mouvement, de routes et de béton, mais aussi des célèbres «truck stops» où domine le personnage de la «waitress», de marginalité, d’infini, de solitude, d’accidents et, surtout, du plaisir d’être camionneur. Le regard de Serge Bouchard transforme la machine et son chauffeur en véritables personnages. Chacun a son histoire, ses cicatrices, son usure, sa musique. On peut parler comme un camion, avec une grosse voix tranquille, de la même manière que les conteurs innus savent parler comme un ours.

Ce livre nous entraîne bien au-delà des routes du Nord à l’époque des grands chantiers de la Baie-James. Il nous parle des mystères de la vie, de la liberté et de la création.

Avant-propos

Ce livre m’a été prêté par mon père, un camionneur retraité. Je croyais tout savoir (ou presque) de mon paternel – après avoir écrit un livre sur sa jeunesse, on l’aurait cru! (Doux souvenirs au temps de Duplessis), mais j’ai découvert au fil d’une conversation qu’il gardait toujours un petit jardin secret, qu’il dévoile au gré de sa fantaisie (petit coquin!). Donc, mon cher père m’a avoué qu’il avait travaillé comme camionneur à la Baie James dans les années soixante, avant que le projet de barrages comme tel commence. Durant notre conversation, il m’a donc prêté ce livre et un autre sur la Baie James (dont je ne ferai toutefois pas la critique).

Critique de l’œuvre

Bravo aux auteurs, (feu) Serge Bouchard, anthropologue, et Mark Fortier, sociologue. À deux, ils ont su extraire judicieusement d’une thèse de doctorat complexe écrite il y a une quarantaine d’années un livre à savourer, que vous soyez camionneurs ou bien un membre de la famille de l’un de ces derniers (ou simplement si le sujet vous intéresse). Ce livre a été publié il y a quelques années seulement, mais on ne sent rien d’anachronique, le phénomène du « truckeur » étant en quelque sorte intemporel.

Ce livre fait l’éloge de ces hommes (eh oui, à l’époque il n’y avait pas de femmes dans le domaine!) dédiés à leur mastodonte et à la route, qu’elle soit en asphalte, en gravier ou en terre battue, sous le soleil, la pluie ou la neige. Plusieurs passages pourtant terre à terre ont quelque chose de poétique. Un court extrait en exemple :

Si la solitude n’était pas pour lui une source d’autonomie et de solidarité, si son isolement ne le plongeait pas dans de profondes méditations, si l’idée du travail n’était pas chez lui celle d’accomplir des prouesses, s’il n’éprouvait pas une véritable joie à conduire sa machine, l’indépendance du truckeur ne serait qu’une illusion désolante. Une fausse conscience. Une tromperie qui masquerait les sacrifices et les souffrances de son travail. Le camionneur serait tombé dans un traquenard : se croyant libre, il serait un força. Il purgerait à son insu une peine de travaux forcés dans une prison rutilante.

N’est-ce pas bien dit?

Pour avoir accompagné mon père à quelque reprise sur la route, j’ai reconnu son comportement en entrant dans un « truck stop » se trouvant sur sa « run » : une familiarité avec l’endroit qui devient, quelque part, la maison loin de la maison le temps d’un repas sur le pouce. Le bon vieux temps où le camionneur, fier de son statut, arborait fièrement son nom ou le nom de son camion sur une plaque sur le nez de son mastodonte; où lui et ses congénères discutaient en « code » sur le CB, objet nécessaire pour rester connecter au reste du monde.

Ce livre comporte également de nombreuses anecdotes de camionneurs routiers, qui rend le tout plus intime. Je suis certaine que, une fois que vous aurez lu ce livre, vous ne direz plus « maudit camion! » sur la route et que vous y penserez à deux fois avant de manquer de respect envers ceux qui, par leur travail acharné, nous permettent, encore aujourd’hui, de ne manquer de rien. Ils sont les rois du bitume; démontrez votre déférence en ayant de la courtoisie envers eux sur la route. Vous y êtes peut-être pour un petit 15, 30 ou 60 minutes, mais eux y passent 10 à 15 heures (et c’était encore plus à l’époque du livre, où les normes n’étaient pas encore établies… ou très peu respectée).

Points de vente

Pour les points de vente ou lire des articles intéressants sur le livre ou l’auteur, Serge Bouchard (décédé en mai 2021), je vous invite à consulter le site de l’éditeur : https://luxediteur.com/catalogue/du-diesel-dans-les-veines/.

Critique littéraire : Sans Raison…

Synopsis (Amazon)

Je suis dans cette chapelle, avec ma femme et mes deux enfants, je regarde le prêtre faire son sermon, mais aucun son ne me parvient. Je m’appelle Josey Kowalsky et en me regardant observer les cercueils de ma femme et de ma fille, mon père comprend. Il comprend que là, au milieu de cette chapelle, son fils est mort. Il vient d’assister, impuissant, à la naissance d’un prédateur.

Critique de l’œuvre

C’était la première fois que je lisais un Mehdy Brunet, dont j’avais entendu parler sur un groupe Facebook consacré à la lecture. Le titre et le synopsis m’ont tout de suite accroché. C’était un livre qui semblait bien cerné la psychologie profonde d’un personnage troublé, comme sait d’ailleurs si bien le faire Patrick Senécal (ma référence en littérature francophone). D’ailleurs, la façon d’écrire, avec des phrases percutantes sans flafla, exprimées au présent, me rappelait un peu (je dis bien « un peu ») « Contre Dieu » de Senécal. J’appelle ça « écrire en urgence », sans enrober le tout de mousseline rose bien frisotée. Droit au but. Toutefois, le tout s’est quelque peu gâté lorsque le livre devint plus une quête pour trouver les coupables (parenthèse : un mécano père de famille et son père retraité qui deviennent soudainement des as de la surveillance et de l’exécution de criminels, wow !) sans nous plonger profondément dans les sentiments du mari et père éploré qui exerce sa juste vengeance (encore une fois, un peu comme la profondeur psychologique du personnage du père dans « Les sept jours du talion » de Senécal — eh oui, encore lui !). J’aurais aimé savoir ce qui se passe dans la tête de l’homme lorsqu’il sort de sa personnalité profonde pour torturer ces assassins impunis ; il semble que ses seuls « sentiments » soient de fumer comme une cheminée pour passer son anxiété et le stress. Le tout est rempli de filature en voiture, de petits lunchs pris sur le pouce, de petits hôtels pour dormir et non pas de la profondeur que je recherchais au départ en lisant le résumé du livre.

J’ai tout de même aimé ce roman qui ne contient pas de détails inutiles et dont la fin n’est pas si prévisible (bien que je m’en doutais un peu… probablement dû aux années de lecture de suspense derrière moi !), mais crédible.

À l’épilogue, je me suis rendu compte qu’un autre livre suivait ce dernier, mais je ne suis pas intéressée à le lire puisqu’il s’en va dans une direction que je ne recherchais pas en lisant « Sans raison ». Il se peut que mon opinion soit biaisée par la qualité de l’écriture de Senécal et que je considère les autres auteurs francophones du même genre que comme de piètres copies, sans apprécier leurs œuvres à leur juste valeur (phénomène de comparaison que je ne rencontre pas lorsque je lis des auteurs anglophones).

Quelques points de vente (au moment d’écrire cette critique)

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