Critique littéraire : Un sac

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Synopsis

Oserez-vous regarder dans le sac ?

En pleine nuit, une femme attend face au Panthéon, seule, un petit sac dans ses bras frêles qu’elle serre comme un étau. Cette femme, c’est Anna-Marie Caravelle, l’abominable, l’Affreuse Rouquine, la marginale.

Lorsque, vingt-quatre ans plus tôt, Monique Bonneuil décide de prendre en charge, en secret, à l’insu du reste du monde, l’éducation de la petite Anna-Marie, fille d’un suicidé et d’une folle à lier, elle n »imagine pas encore le monstre qu’elle abrite sous son toit et que, lentement, elle fabrique. La petite fille, poussée par ses démons, hantée par son histoire, incapable de distance, tue, un peu, beaucoup. Elle sacrifie, règle ses comptes, simplement.

Mais que fait-elle là, cette jeune femme agenouillée en plein Paris, au beau milieu de la nuit ? Et que contient ce mystérieux sac qui semble avoir tant d’importance ?

Voici l’histoire d’Anna-Marie Caravelle.

Critique de l’œuvre

Je dois dire que je ne connais pas du tout cette auteure, et que c’est une amie qui m’a incitée à la lire. Je n’ai été attirée ni par la grosse mention « Prix spécial du jury 2015 » ni par les dithyrambiques commentaires (remarquez que certaines rétroactions sont plutôt assassines sur la plateforme française d’Amazon). C’est la couverture (j’en parlerai un peu plus bas dans la section « médium ») qui a attiré mon regard, et aussi, étonnamment, les commentaires négatifs.

Je commençai donc ma lecture en me disant qu’une récompense « française » voulait certainement dire ennuyeux, soporifique, voire une auteure qui s’écoute parler pour avoir l’air intelligente et cultivée (je sais, je suis pleine de ce genre de préjugés). Je l’avoue humblement, j’avais tort sur tous les tableaux. Difficile de vous parler des moments forts, de ce qui nous pousse à continuer notre lecture comme si notre vie en dépendait (ou presque) sans dévoiler aucune des intrigues. Ce livre comporte deux types de sections, ce qui garde le suspense actif : les « interludes » qui nous exposent, par brides et à la troisième personne, une nuit dans la vie d’une mystérieuse femme et de son sac (que contient-il ? Il faut lire jusqu’au bout pour le savoir !), puis il y a les chapitres, écrits à la première personne, qui nous font pénétrer dans l’esprit plutôt lucide, bien que parfois troublé et glauque, d’une jeune femme qui nous dévoile sa vie et son âme, sans aucune retenue.

Texte parfois violent qui nous amène toujours vers un chemin que nous n’attendions pas. Pour savourer cette histoire à la fois touchante et dure, il faut prendre son temps, ne pas lire à la « va vite ». Il faut savourer les mots et leur mode d’expression. En effet, les phrases sont parfois longues… très longues. Ce qui nous sauve d’une lecture pénible — qui ressemblerait davantage à une tâche équivalente à prendre connaissance d’un rapport sur le réchauffement climatique au lieu d’un plaisir certain — est la maitrise quasi parfaite des virgules par l’auteure. Sans cette distinction, il serait facile de s’emmêler les pinceaux dans une phrase qui a une longueur équivalente à un paragraphe. Au contraire, on embrasse le rythme des pensées de notre personnage et on l’accompagne dans son périple vers… vers quoi au juste ? Disons la réalisation qu’il n’y en aura jamais de facile pour elle et que, dans la vie, il faut suivre le courant avec lucidité et transparence en espérant que le satané destin jouera en notre faveur de temps à autre ; il faut prendre à la figure ce qu’il nous lance en gardant la tête et les épaules droites, sans plier.

L’auteure ne nous pousse pas vers une petite morale facile, comme quoi la pauvre môme n’est pas coupable de ses actes, que c’est la vie qui lui a balancé ces ordures aux visages, etc. Non. Le personnage est transparent avec nous, parfois trop même ; on aurait envie de lui dire d’arrêter, de ne pas souiller notre image de la fillette faible et sans ressource par l’aveu que ses actes étaient les siens, que ce fut consciemment ou durant un épisode de conflit intérieur. On voudrait la prendre dans nos bras pour la bercer… tout en s’assurant qu’il n’y a aucun objet tranchant ou contondant à sa portée et que, bien sûr, elle ignore où nous vivons.

Médium

Comme je l’ai mentionné plus haut, c’est la couverture, toute simple et sans flafla, monochrome, si ce n’était pas de la mention spéciale qui dérange l’œil, qui m’a attiré en premier. Une petite fille innocente qui marche sur un chemin sans fin, dans la pénombre, ayant pour seule lumière ce qui semble être l’éclairage de la lune. Mystérieux, intrigant. Un titre simple et court qui ne veut rien (et tout) dire : « Un sac » (qui aurait éclaté écrit en rouge sang au lieu du noir). Je comprends cependant que l’auteure soit fière de mentionner le prix qu’elle a reçu, qui est tout de même notable dans le monde de l’édition électronique. Il va de soi que j’ai lu le format électronique Kindle. Les fichiers sont bien montés, les chapitres correctement définis. Notez que le livre est également offert en format papier sur Amazon. De plus, en ce qui concerne ce dernier format, vous n’aurez aucuns frais de livraison advenant le cas où votre achat total atteindrait 25 $.

Verdict

En bref, j’ai adoré, et je suis même triste que ma lecture soit terminée. L’auteure nous expose un personnage troublé comme je les aime sans tomber sans un sentimentaliste qui serait facile, voire déplacé, dans les circonstances. Un personnage nuancé entre l’amour et la haine, qu’elle éprouve, envers elle-même et son entourage, et qu’on ressent pour elle en retour. Si c’était une histoire vécue, on ne pourrait pas avoir un plus grand dévoilement de l’âme, une mise à nue si complète. Je ne crois pas qu’on pourrait même être aussi honnête envers soi-même dans des conditions semblables. La fin nous permet de projeter l’histoire dans le temps, et ainsi imaginer la suite du chaotique destin d’Anna.

Quelques points de vente

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* Terme francophone pour e-book et e-reader selon l’Office de la langue française du Québec.

** La graphie rectifiée est appliquée à ce texte.

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